Lafont Pauline

Publié le par Mémoires de Guerre

Pauline Lafont, née Pauline Medveczky le 6 avril 1963 à Nîmes et morte le 11 août 1988 à Gabriac, est une actrice, mannequin et chanteuse française. 

Lafont Pauline
Lafont Pauline

Carrière

Pauline Lafont est la fille cadette de la comédienne Bernadette Lafont et du sculpteur hongrois Diourka Medveczky. Elle naît le 6 avril 1963 à Nîmes Pauline Aïda Simone Medveczky et a une sœur, Élisabeth Lafont et un frère, David. Pauline fait ses premiers pas devant la caméra dès l'âge de 12 ans pour le premier film de Pierre Zucca Vincent mit l'âne dans un pré (et s'en vint dans l'autre) avec sa mère Bernadette Lafont qui sort en 1975. Sa plastique généreuse et ses formes voluptueuses lui font démarrer une carrière de mannequin. Elle pose dénudée dès l'âge de 16 ans dans le numéro 191 du magazine Lui (décembre 1979) en compagnie de sa mère et de sa sœur Élisabeth Lafont dont la Une du magazine. Le magazine mentionne lors de sa deuxième séance de pose pour le numéro 233 du 31 mai 1983 ses mensurations de 95 cm tour de poitrine, 55 cm tour de taille, 93 cm tour de hanche. Ses études finies, elle pose pour des photos publicitaires dont l'une annonce « le retour des pin-up ». 

Elle participe aussi à des émissions sur le rock comme Sex Machine, à des téléfilms comme Un chien écrasé de Daniel Duval et apparaît à plusieurs reprises dans la série télévisée française Le Flair du petit docteur, diffusée en 1986 sur FR3 et adaptée du Petit docteur de Marc Simenon. En 1983, elle décroche une apparition dans Vive les femmes ! de son professeur d'art dramatique, Claude Confortès, pour lequel elle a créé avec succès la pièce homonyme. La même année, elle joue dans Papy fait de la résistance de Jean-Marie Poiré. Dans la foulée, elle est dans Ballade sanglante, un court métrage de Sylvain Madigan, qu'elle retrouvera pour Sale destin dans lequel elle interprète une jeune péripatéticienne bavarde, qui lui offre son premier vrai rôle et la même année, elle s'envole au Canada pour jouer dans Un printemps sous la neige, aux côtés de Liv Ullmann et de Stéphane Audran

Laquelle la recommande à Claude Chabrol pour son film Poulet au vinaigre (1984) où, en postière délurée, elle se révèle au grand public et lance sa carrière pour les rôles suivants, dont une caissière pulpeuse dans Le Pactole de Jean-Pierre Mocky, L'Amour braque d'Andrzej Żuławski, et une princesse dans La Galette du roi (1985). Elle enchaîne alors avec un film de Gérard Krawczyk Je hais les acteurs : une comédie tirée du célèbre roman du scénariste Ben Hecht. Elle tient son rôle le plus important au cinéma dans le film L'Été en pente douce de Gérard Krawczyk en 1987. Elle apparaît alors comme le nouveau sex-symbol du cinéma français et la presse la compare à Marilyn Monroe. Elle surprend encore, dans un registre noir, dans le rôle d'une désespérée de Deux minutes de soleil en plus, de Gérard Vergez le dernier film dans lequel elle apparaît. Peu auparavant sa disparition, Bernadette Lafont publie le livre Élisabeth, Pauline et David : Mes enfants de la balle, où l'on trouve le portrait le plus juste qui soit de sa fille. Elle est en couple avec le musicien Jacno de 1985 à sa mort en 1988. 

Décès accidentel

Pauline Lafont meurt accidentellement en août 1988 au cours d'une randonnée, après avoir chuté d'un pic situé dans la commune de Gabriac dans les Cévennes8. Elle passe alors des vacances avec son frère aîné dans la maison familiale de La Serre du Pomaret, ancienne magnanerie et demeure familiale de Bernadette Lafont, dans la commune de Saint-André-de-Valborgne. Alors qu'elle est partie seule le 11 août pour une randonnée pédestre, sa famille pense qu'elle reviendra pour un festival en Suisse où elle doit recevoir un prix. Sa mère Bernadette Lafont donne l'alerte en fin d'après-midi. Pendant deux jours, 20 gendarmes, un hélicoptère et 40 pompiers battent la campagne.

Après de nombreuses recherches effectuées par sa famille, l'armée, mais aussi la police qui auditionne une centaine de personnes, son frère dépose une plainte contre X le 16 août pour « arrestation arbitraire et séquestration ». Le 21 novembre 1988, soit plus de trois mois après sa disparition, son corps, presque réduit à l'état de squelette, est retrouvé par un agriculteur au fond d'un ravin au lieu-dit « l'Adrech » dans la commune de Gabriac. Pauline Lafont est identifiée par sa bague et sa denture. L'autopsie établit qu'elle a fait une chute de 10 mètres et qu'elle est morte sur le coup.

Entre le moment de sa disparition et la découverte de son corps, de nombreux témoins ont affirmé l'avoir vue et différentes rumeurs ont circulé (retraite en couvent, fugue en Chine, entrée dans une secte, suicide consécutif à une dépression à la suite d'une rupture amoureuse et d'une cure d'amaigrissement). Mi-novembre 1988, Guillaume Durand affirmera même en direct lors du journal de 20 h de la chaîne La Cinq qu'il a « des assurances selon lesquelles Pauline Lafont est vivante », après avoir reçu des informations d'un interlocuteur anonyme selon lesquelles « Pauline désirait prendre du recul [et qu']elle sortira[it] de sa cachette dans quelques semaines ». Il s'excusera à plusieurs reprises pour cette déclaration auprès de sa mère Bernadette Lafont

Lafont Pauline

Filmographie

  • 1976 : Vincent mit l'âne dans un pré (et s'en vint dans l'autre), de Pierre Zucca avec Michel Bouquet, Fabrice Luchini : une petite fille
  • 1983 : Ballade sanglante, court-métrage de Sylvain Madigan avec Michel Aumont, Patrick Braoudé
  • 1983 : Les Planqués du régiment, de Michel Caputo avec Paul Préboist, Jacques Préboist
  • 1983 : Papy fait de la résistance, de Jean-Marie Poiré avec Michel Galabru, Gérard Jugnot : Colette Bourdelle
  • 1983 : Vive les femmes !, de Claude Confortès avec Maurice Risch, Catherine Leprince, Roland Giraud : Pauline
  • 1984 : Un printemps sous la neige (The Bay Boy), de Daniel Petrie avec Liv Ullmann, Kiefer Sutherland
  • 1984 : Le Thé à la menthe, d'Abdelkrim Bahloul
  • 1985 : L'Amour braque d'Andrzej Żuławski avec Sophie Marceau, Francis Huster : Martine
  • 1985 : Poulet au vinaigre de Claude Chabrol avec Jean Poiret, Stéphane Audran : Henriette
  • 1985 : Le Pactole de Jean-Pierre Mocky avec Richard Bohringer, Patrick Sébastien : Anne Beaulieu
  • 1986 : Made in Belgique, court-métrage d'Antoine Desrosières avec Jean Bouise
  • 1986 : La Galette du roi, de Jean-Michel Ribes avec Jean Rochefort, Roger Hanin : Maria-Helena
  • 1986 : Je hais les acteurs, de Gérard Krawczyk avec Michel Galabru : Elvina
  • 1987 : Jing du qiu xia - Une histoire extraordinaire de football, de Hong Xie
  • 1987 : Sale temps, court-métrage d'Alain Pigeaux
  • 1987 : Sale Destin, de Sylvain Madigan : Rachel
  • 1987 : L'Été en pente douce, de Gérard Krawczyk avec Jacques Villeret, Jean-Pierre Bacri, Jean Bouise, Guy Marchand : Lilas
  • 1987 : Soigne ta droite, de Jean-Luc Godard avec Jean-Luc Godard, Jane Birkin : la golfeuse
  • 1988 : Deux minutes de soleil en plus, de Gérard Vergez avec Christophe Malavoy, Catherine Wilkening : Cat

Théâtre

  • 1982 : Vive les femmes ! de Jean-Marc Reiser, mise en scène Claude Confortès, Théâtre de la Gaîté-Montparnasse
  • 1983 : Vive les femmes ! de Jean-Marc Reiser, mise en scène Claude Confortès, Théâtre Fontaine

Télévision

  • 1982 : Merci Bernard, série humoristique
  • 1982 à 1985 : Sex Machine (générique de l'émission)
  • 1984 : Dernier banco, téléfilm de Claude de Givray avec Jean-Pierre Cassel, Michel Duchaussoy : Madeleine
  • 1984 : Série noire : Un chien écrasé de Daniel Duval avec France Dougnac
  • 1986 : Le Petit Docteur, série de Patrick Saglio avec Alain Sachs : Anna
  • 1988 : Sueurs froides : Coup de pouce de Josée Dayan, avec Philippe Caroit, Stéphane Ferrara : Caroline

Publié dans Acteurs et Actrices

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