Camp de Bergen-Belsen

Publié le par Mémoires de Guerre

Bergen-Belsen, parfois appelé Belsen, était un camp de concentration nazi situé au sud-ouest de la ville de Bergen, près de la localité de Belsen, à une dizaine de kilomètres au nord-ouest de la ville de Celle, en Basse-Saxe (Allemagne), dans la lande de Lunebourg. Il est ouvert en 1940 pour interner les prisonniers de guerre français et belges mais accueille à partir de l'été 1941 plus de 20 000 prisonniers soviétiques. 

Camp de Bergen-Belsen

D'abord camp d'internement de prisonniers de guerre (1940), il est transformé en camp de concentration en 1942, accueillant notamment Juifs, Tziganes et homosexuels. Les prisonniers y étaient fréquemment torturés et nombre d'entre eux mouraient de faim. Le camp de Bergen-Belsen est aussi un "camp de repos" pour les détenus des autres camps incapables de travailler, épuisés ou trop âgés. Les conditions s'aggravèrent avec l'arrivée de nombreux prisonniers transférés de camps orientaux avant la libération de ces derniers par les forces soviétiques. 

Le camp fut libéré par les forces britanniques le 15 avril 1945, après quoi les lieux furent rasés en raison de leur infection par le typhus. Environ 70 000 personnes y ont trouvé la mort, parmi lesquelles Anne Frank et sa grande soeur Margot Frank, décédées en février ou mars 1945 (la date exacte reste inconnue) suite au typhus, et deux anciens députés français : Claude Jordery, mort le 9 février de cette année, et Augustin Malroux, le 10 avril.

Historique

D'abord camp de travailleurs, camp d'entraînement de la Wehrmacht, puis dépôt de matériel et d'armes, il est transformé en camp d'internement de prisonniers de guerre à partir de 1940, agrandi en vue de la guerre contre l'URSS. Il est transformé en camp d'échange (1943-1944), où sont regroupés notamment des Juifs possédant une nationalité de pays neutre comme des Turcs ou des Espagnols de Salonique, des Juifs avec des papiers sud-américains, des Polonais à double nationalité, des Juifs « palestiniens », des femmes françaises de prisonniers de guerre et leurs enfants, venus de Drancy en mai et juillet 1944, qui sont au camp de l'étoile. En fait peu de Juifs seront libérés : 222 peuvent émigrer en Palestine, 1 683 juifs hongrois peuvent gagner la Suisse.

Le camp est intégré au système concentrationnaire à partir de 1943 par l'Office central pour l'économie et l'administration (SS Wirtschafts-Verwaltungshauptamt, WVHA). Il est divisé en plusieurs secteurs, jusqu'à huit qui correspondent à des groupes distincts et à des régimes différents. 4 secteurs correspondent à des juifs pouvant être échangés, 3 à des détenus nouvellement transférés, le dernier secteur reçoit à partir de 1944 des détenus nécessitant soins et repos. Les conditions s'aggravent avec l'arrivée de nombreux prisonniers transférés des camps d’Auschwitz, Buchenwald, Ravensbrück, Flossenburg, Mauthausen… devant l'avance des armées alliées. Le camp compte 15 000 détenus en novembre 1944 et 60 000 en avril 1945. Dans ce court laps de temps 35 000 personnes décèdent dont Anne Frank et Hélène Berr. Selon plusieurs rescapés, le cannibalisme y était endémique. 

Avec le surpeuplement, la désorganisation, les épidémies, la mortalité y est très forte. Les Juifs d'échange du camp de l'étoile, du camp des Hongrois, du camp des neutres et du camp spécial, sont évacués par 3 trains pour Theresienstadt. Le troisième train, « le transport perdu », arrive près de Tröbitz en Saxe le 23 avril. Il est libéré par l'Armée rouge. Les gardiennes et gardiens SS quittent le camp le 13 avril pour éviter leur emprisonnement par les troupes alliées. Le camp est libéré par les troupes britanniques le 15 avril 1945. La mortalité reste toutefois élevée en raison d'une épidémie de typhus que les Britanniques ne peuvent circonscrire rapidement faute de moyens et faute d'avoir perçu immédiatement l'ampleur du problème.

Le camp est finalement mis en quarantaine et, le 21 mai 1945, les autorités britanniques donnent l'ordre de brûler les derniers baraquements. Les cadavres sont ensevelis dans des fosses communes. Environ 70 000 personnes y ont trouvé la mort, dont 20 000 prisonniers soviétiques. Parmi les victimes, Anne Frank et sa grande sœur Margot Frank, toutes les deux atteintes du typhus6, ainsi que deux anciens députés français : Claude Jordery, mort le 9 février, et Augustin Malroux, le 10 avril. Le 21 mai 1945, les autorités britanniques donnent l'ordre de brûler les derniers baraquements du camp. 

Prisonniers de guerre soviétiques

À partir de mai 1941, il abrite le stalag 311 (XI C). En juillet 1941, il y a déjà 20 000 prisonniers de guerre soviétiques qui ne sont pas internés dans des baraquements, mais internés en plein air. Les cinq baraques en pierre ne sont pas encore construites. Jusqu'au début de l'année 1942, sur les 18 000 prisonniers de guerre soviétiques encore présents, 14 000 moururent de froid, de faim et de maladie. Les prisonniers soviétiques restants sont éliminés ou déportés ailleurs en avril 1943, tandis que les Français sont transférés à Fallingbostel. Une petite partie du camp abrite un Lazaret ou hôpital militaire pour de nouveaux prisonniers de guerre, tandis que la plus grande partie du camp est donnée aux SS qui y font venir majoritairement des déportés juifs venus de pays extérieurs à l'Allemagne. Un grand nombre de prisonniers de guerre soviétiques est enterré à un kilomètre du camp. Quatorze stèles rappellent le souvenir de ces 50 000 morts soviétiques (officiellement l'Allemagne en a reconnu ici 23 215). 

Commandants nazis et personnel du camp

Commandants

  • Adolf Haas (1893-1945), lieutenant-colonel SS, met en place le camp en mai 1943 et le commande jusqu'en décembre 1944. Il prend ensuite la tête d'un bataillon panzer SS et disparaît le 1er mai 1945.
  • Josef Kramer (1906-1945), commandant SS du camp de décembre 1944 à avril 1945, condamné à mort au procès de Belsen et pendu le 13 décembre 1945 à Hamelin.
  • Fritz Klein (1888-1945), médecin SS du camp.
  • Siegfried Seidl (1911-1947), médecin SS du camp.

Gardiennes

Joseph Kramer le commandant du camp de Bergen-Belsen lors de son arrestation

Joseph Kramer le commandant du camp de Bergen-Belsen lors de son arrestation

Personnalités mortes au camp Bergen-Belsen

Parmi les milliers de personnes décédées à Bergen-Belsen :

  • Hélène Berr (1921-1945), diariste française.
  • Josef Čapek (1887-1945), artiste tchèque.
  • Joseph Delhalle (1912-1945), résistant belge, mort d'épuisement.
  • Fernand Dumont (1906-1945), poète surréaliste belge.
  • Anne Frank (1929-1945), diariste allemande.
  • Margot Frank (1926-1945), sœur de la précédente.
  • Yves Goussard (1928-1945), scout et résistant français, mort du typhus.
  • Claude Jordery (1876-1945), homme politique et résistant français.
  • Jacques Kahn (1868-1945), grand-rabbin de Moselle, puis de Vichy.
  • Augustin Malroux (1900-1945), homme politique et résistant français.
  • Jakob Neubauer (1895-1945), rabbin allemand.
  • Jean Maurice Paul Jules de Noailles (1893-1945), résistant français.
  • René Paty (1891-1945), instituteur, syndicaliste et résistant français.
  • Georges Valois (1878-1945), homme politique français, mort du typhus.
  • Daniel Desmeulles (1911-1945), résistant français, resté après la libération pour aider ses camarades, mort du typhus,

Personnalités survivantes du camp Bergen-Belsen

Plus de 125 000 personnes sont emprisonnées à Bergen-Belsen. Parmi les personnalités survivantes, on note les noms de :

  • Jean Améry (1912-1978), écrivain et essayiste autrichien.
  • Émile Bollaert (1890-1978), haut fonctionnaire et résistant français.
  • Pierre Bridonneau (1922-2012), résistant, historien et essayiste français.
  • Yves Castet (1922-1968) résistant français.
  • Francine Christophe (née en 1933), écrivaine française.
  • Léon Delarbre (1889-1974), résistant, artiste peintre et conservateur de musée français.
  • Zvi Koretz (1884-1945) grand rabbin de Salonique, mort du typhus très peu de temps après la libération du camp.
  • Jean Mattéoli (1922-2008), homme politique et résistant français.
  • Léon Meyer (1868-1948), ancien député-maire du Havre.
  • Boris Pahor (né en 1913), écrivain slovène.
  • Israël Shahak (1933-2001), auteur et militant politique radical israélien.
  • Lucienne Soubbotnik (1911-2014), résistante française.
  • Raymond Valenet (1912-1978), ancien député-maire de Gagny et résistant français.
  • Simone Veil (1927-2017), femme politique française.
  • Stanislas Tomkiewicz (1925-2003), psychiatre et psychothérapeute français d'origine polonaise.

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