Achard Marcel

Publié le par Roger Cousin

Marcel Achard, nom de plume de Marcel Augustin Ferréol Achard, est un écrivain français, dramaturge à la fois de comédies légères et de pièces de boulevard, acteur et homme de cinéma ayant commencé en tant que scénariste pour finir réalisateur, né le 5 juillet 1899 à Sainte-Foy-lès-Lyon et mort le 4 septembre 1974 (à 75 ans) à Paris. Cet auteur et acteur de boulevard, de comédie légère et plus tardivement auteur de comédie musicale a été un représentant de la fantaisie, de l'humour, de la poésie consolatrice au cours de l'entre-deux-guerres.

L'auteur de La vie est belle ou de Jean de la Lune connaît un succès croissant sur les scènes européennes libres qui ne sont pas soumises à la censure au cours des années trente. Patate, pièce écrite en 1957, le fait renouer les vivifiants succès d'avant-guerre. Cet Immortel, élu surprise en mai 1959 à l'Académie française, a émis le vœu ultime de retrouver la tranquillité d'un petit village des bords de Loire. Il est inhumé au cimetière de La Chaussée-Saint-Victor en Loir-et-Cher. 

Achard Marcel
Achard Marcel
Achard Marcel

Homme de théâtre

Marcel Achard, journaliste à l'occasion, commence jeune, d'abord comme souffleur dans un théâtre. Il a une grande maîtrise de sa voix. Attiré par les planches et les comédiennes, il fait ses débuts de comédien dans ses premières pièces et au cinéma muet dès 1923. Il se révèle dans le rôle du clown Grockson, un des trois personnages clefs de sa pièce Voulez-vous jouer avec moâ ?. Cette pièce à l'accent de Jules Laforgue est son premier franc succès, il y eut plus de deux cents représentations et ce succès auprès du public parisien lui permit d'être découvert par Lugné-Poe et Charles Dullin. Ce dernier, au nom du Théâtre de l'Atelier, lui avait commandé d'ailleurs la pièce. Dans celle-ci, tous les personnages achardiens, sans épaisseur et sans grande passion, sont déjà en germe : êtres sentimentaux et tendus, la femme belle et inconstante, un peu naïve, l'homme timide et naïf et les dialogues qui nous mènent, au terme d'un parcours où ne peuvent s'effacer des allusions aux cynismes et à la mélancolie des temps, vers un monde où tout se résout avec le temps.

Poète et homme de cinéma

Si au moment de sa première reconnaissance théâtrale, Marcel Achard a voulu livrer sa veine poétique avec le recueil de ses inspirations, La Muse pérégrine, il a, dès le début des années trente, sa notoriété définitivement acquise dans le milieu du théâtre français, éprouvé et gardé une fascination pour l'image et le son cinématographiques. C'est pourquoi il a contribué, sous la direction de Jean Choux, à la première réalisation de Jean de la Lune au cinéma en 1931 et a lui-même adapté sa pièce au cinéma en 1948. Entre ces deux dates, il a participé à une dizaine de longs métrages, alors que ses œuvres théâtrales étaient jouées avec succès dans la plupart des pays de l'Europe du nord et du sud avant guerre.

Élection à l'Académie française

Marcel Achard est élu à l'Académie française, le 28 mai 1959, au fauteuil d'André Chevrillon. Ce siège numéroté 21 est vacant depuis deux ans. Au scrutin destiné à pourvoir la place, plusieurs candidats étaient en lice et déclarés depuis longtemps, notamment Jean Guitton et Henri Bosco. La candidature de Marcel Achard surgit à l'improviste, une semaine avant la clôture, et c'est le comédien et auteur de théâtre qui l'emporte finalement au troisième tour. Son talent, sa gaieté, son brio et son regard de myope derrière de grosses lunettes rondes avaient conquis 17 voix fidèles. Marcel Pagnol lui donne son épée le 3 décembre 1959.

Fin de vie et hommage

Marcel Achard décède le 4 septembre 1974 à Paris Son épouse Juliette décède le 28 octobre 1978 à 75 ans. Il est inhumé avec son épouse au cimetière de La Chaussée-Saint-Victor en Loir-et-Cher. Une médaille commémorative de l'élection de Marcel Achard lui ayant appartenu est conservée au musée Carnavalet (ND 928). 

Filmographie

En tant que scénariste ou conseiller
En tant que réalisateur
En tant qu'acteur
  • 1924 : Entr'acte de René Clair
  • 1926 : Le P'tit Parigot de René Le Somptier
  • 1951 : Traité de bave et d'éternité d'Isidore Isou
  • 1952 : L'Amour, Madame de Gilles Grangier : simple apparition
  • 1961 : Aimez-vous Brahms (Goodbye Again) d'Anatole Litvak : caméo
  • 1964 : Cherchez l'idole de Michel Boisrond : caméo
  • 1964 : Les Durs à cuire (Comment supprimer son prochain sans perdre l'appétit) de Jack Pinoteau : simple apparition
À la scène
  • 1923 : Voulez-vous jouer avec moâ ? mise en scène Charles Dullin, Théâtre de l'Atelier
  • 1933 : La Femme en blanc, Théâtre Michel
  • 1967 : Jean de la Lune mise en scène Jean Piat, Théâtre du Palais-Royal
Metteur en scène
  • 1952 : Harvey de Mary Chase, mise en scène et adaptation au Théâtre Antoine.

Œuvres

Pièces de théâtre 
  • Celui qui vivait sa mort, écrite en 1922, mise en scène Charles Dullin, Théâtre de l'Atelier, 9 mai 1923
  • Voulez-vous jouer avec moâ ?, mise en scène Charles Dullin, Théâtre de l'Atelier, 18 décembre 1923
  • La messe est dite, 1923
  • Malbrough s'en va-t-en guerre, pièce en 3 actes, mise en scène Louis Jouvet, Comédie des Champs-Élysées, 9 décembre 1924
  • Et dzim la la..., mise en scène Georges Pitoëff, Théâtre des Arts, 16 juin 1926
  • Je ne vous aime pas, 1926
  • La Femme silencieuse, adaptée de Ben Jonson et jouée après 1926.
  • La vie est belle, 1928
  • Jean de la Lune, mise en scène Louis Jouvet, Comédie des Champs-Élysées, 16 avril 1929
  • La Belle Marinière, Comédie-Française, 4 novembre 1929
  • Une balle perdue, 1929
  • Le Rendez-vous, mise en scène Lugné-Poe, Théâtre Edouard VII, 3 octobre 1930
  • Mistigri, comédie en 4 actes, mise en scène Jacques Baumer, Théâtre Daunou, 22 décembre 1930
  • Domino, comédie en 3 actes, mise en scène Louis Jouvet, Comédie des Champs-Élysées, 3 février 1932
  • La Femme en blanc, 1932, Théâtre Michel, 8 mars 1933
  • Pétrus, pièce en 4 actes, mise en scène Louis Jouvet, Comédie des Champs-Élysées, 7 décembre 1933
  • Le Cinéma à vol d’oiseau, 1934
  • Noix de coco, Théâtre de Paris, 4 décembre 1935
  • Gribouille, 1937
  • L'Alibi, 1938
  • Le Corsaire, conte en 2 actes et 6 tableaux, mise en scène Louis Jouvet, Théâtre de l'Athénée, 25 mars 1938
  • Adam, Théâtre du Gymnase, 1938
  • Mademoiselle de Panama, mise en scène Marcel Herrand, Théâtre des Mathurins, 1942
  • Colinette, 1942
  • Auprès de ma blonde, comédie, mise en scène Pierre Fresnay, Théâtre de la Michodière, 7 mai 1946
  • Les Sourires inutiles, Comédie-Française, 4 février 1947
  • Nous irons à Valparaiso, mise en scène Pierre Blanchar, Théâtre de l'Athénée, 2 mars 1947
  • Savez-vous planter les choux ?, mise en scène Pierre Fresnay, Théâtre de la Michodière, 25 septembre 1947
  • La Demoiselle de petite vertu, comédie en 3 actes, mise en scène Claude Sainval, Comédie des Champs-Élysées, 21 novembre 1949
  • Histoires d’amour, 1949
  • Nouvelles Histoires d’amour, 1950
  • La P'tite Lili, comédie musicale en 2 actes et 8 tableaux, musique Marguerite Monnot, A.B.C., 1951
  • Le Moulin de la Galette, mise en scène Pierre Fresnay, Théâtre de la Michodière, 18 décembre 1951
  • Les Compagnons de la Marjolaine, mise en scène Yves Robert, Théâtre Antoine, 3 octobre 1952
  • Le Mal d’amour, comédie en 1 prologue 3 actes et 1 épilogue, Théâtre de la Michodière, 1955
  • Patate, écrite en 1956, mise en scène Pierre Dux, Théâtre Saint-Georges, 25 janvier 1957
  • La Bagatelle, mise en scène Jean Meyer, Théâtre des Bouffes Parisiens, 16 décembre 1958
  • L'Idiote, mise en scène Jean Meyer, Théâtre Antoine, 22 septembre 1960
  • La Polka des lampions, opérette, livret Marcel Achard, musique Gérard Calvi, Théâtre du Chatelet, 1961
  • Turlututu, mise en scène Jean Meyer, Théâtre Antoine, 28 septembre 1962
  • Eugène le Mystérieux, comédie musicale en 20 tableaux d'après Eugène Sue, livret Marcel Achard, musique Jean-Michel Damase, Théâtre du Chatelet, 7 février 1964
  • L'amour ne paie pas, 1963
  • Machin-Chouette, mise en scène Jean Meyer, Théâtre Antoine, 3 octobre 1964
  • Gugusse, mise en scène Michel Roux, Théâtre de la Michodière, 13 septembre 1969
  • La Débauche, mise en scène Jean Le Poulain, Théâtre de l'Œuvre, 16 février 1973
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