Léon Gambetta "Se soumettre ou se démettre"

Publié le par Le Point - Jules Bonnet

Le Pointpublié le 22/08/2013 à 07h55 sous la direction de Jules Bonnet

Champion des républicains opportunistes, il est connu pour son hostilité envers l'Église et son engagement sans limite envers la République.



Léon Gambetta

 

D'origine italienne, né à Cahors, le 2 avril 1838, Gambetta achève ses études à Paris et s'inscrit au barreau dès 1859. Rapidement, il se passionne pour la politique et adhère au groupe des jeunes républicains. Gambetta est élu, en 1869, à la fois à Marseille et à Paris, dans le quartier populaire de Belleville ; il jette alors les bases du futur programme radical. Le 4 septembre 1870, au moment de la chute de l'Empire, il se décide, non sans hésitation, à prendre la tête du mouvement et à proclamer la République à l'Hôtel de Ville. Ministre de l'Intérieur dans le gouvernement de la Défense nationale, Gambetta se révèle comme un partisan de la lutte à outrance. Après avoir quitté Paris en ballon, le 7 octobre, il joue un rôle déterminant dans la poursuite de la guerre en province. Il s'oppose aux négociations avec l'Allemagne et quitte le gouvernement au lendemain de la signature du traité de Francfort. La paix n'en marque pas moins le début de sa véritable carrière politique. Gambetta se fait le champion des "républicains opportunistes". Sans dissimuler son hostilité aux notables et à l'Église, il se rapproche des classes moyennes et annonce le triomphe prochain des "nouvelles couches", c'est-à-dire de la petite bourgeoisie.

Au moment de la crise du 16 mai 1877, Gambetta s'oppose violemment à Mac Mahon et lance la formule célèbre "Se soumettre ou se démettre". Le triomphe des républicains ne va pas sans ombre. Indépendamment de l'hostilité de la droite à l'égard du "borgne sonore", nombre de parlementaires se méfient de Gambetta. On lui reproche son autoritarisme, sa "tyrannie", ses fréquentations douteuses. Dans ces conditions, Gambetta renonce à se faire élire à la présidence de la République et s'efface devant Jules Grévy. Il lui faut attendre 1881 pour constituer enfin le "grand ministère" dont il rêve, et qui ne dure d'ailleurs que deux mois.

À la fin de l'année 1882, Gambetta se blesse accidentellement à une main avec un revolver. Très mal soigné, dans une chambre surchauffée de Ville-d'Avray, gavé de nourriture, le grand tribun meurt d'une péritonite dans la nuit du 31 décembre 1882 au 1er janvier. Paris fait alors au véritable fondateur de la République des funérailles grandioses.

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