Les SS
Incarnation de la terreur, exécuteurs du génocide, les SS représentent comme nulle autre organisation toute la folie du IIIème reich. comment la petite garde rapprochée de Hitler s'est-elle muée en quelques années en etat dans l'etat totalitaire du fuhrer ? Qui étaient ses têtes pensantes ? Que sont devenus ses membres survivants après la guerre ? Guido Knopp se livre ici ã un bilan sur l'histoire de la SS, du vivant des dernières victimes et des derniers bourreaux. II s'appuie sur de nombreuses sources inédites et fait parler des témoins qui ne s'étaient jamais exprimés. Un outil indispensable pour une meilleure compréhension de la période la plus sombre du XXème siècle.C'est le 30 juin 1934 que sonna l'heure de vérité. Au cours d'une opération encore inédite à l'époque, les chefs de la SA furent assassinés par des commandos SS sur ordre de Hitler. Cette «nuit de la Saint-Barthélémy allemande» marqua le début de l'ascension de la SS, qui devint l'organisme de terreur le plus puissant du IIIe Reich. Car les révolutionnaires en chemise brune représentaient une sérieuse entrave pour Hitler. D'une part, la terreur semée, après l'usurpation du pouvoir, par les cohortes de SA déchaînées avait effrayé cette bourgeoisie qui aspirait à un Etat fort. D'autre part, déçu par l'alliance de Hitler avec l'ancien pouvoir, Röhm, le chef de la SA, exigeait, après l'avènement de la «Révolution nationale», celui de la «Révolution nationale-socialiste» ainsi que la récompense due à ses hordes brunes pour les «victimes du temps des combats».
Tout cela mettait en danger le pacte du nouveau chancelier avec la Reichswehr, l'armée dont il avait besoin pour atteindre ses objectifs impérialistes. Aussi Heydrich, le second de Himmler, et Diels, le chef de la Gestapo, rassemblèrent-ils des preuves contre Röhm et son prétendu plan de putsch. Ce plan était pure invention ; ce «putsch de Röhm» était un putsch contre Röhm. Un montage de rumeurs, de preuves manipulées et d'indices falsifiés fournit le prétexte pour faire tomber le remuant personnage. Equipées avec des armes fournies par la Reichswehr, les unités SS et les formations de policiers chargées de cette besogne assassinèrent non seulement les chefs de la SA mais aussi, dans la foulée, des conservateurs opposés au régime, tels l'ancien compagnon de route de Hitler, Gregor Strasser, et l'ancien chancelier Kurt von Schleicher. Mais le véritable vainqueur de cette lutte intestine fut la SS, avec, à sa tête, son Reichsführer, un homme pratiquement inconnu jusqu'alors. L'ascension de la SS est indissociable de celle de Heinrich Himmler. La devise secrète de ce dernier, puisée dans le réservoir de l'ancienne Prusse, était : «Mieux vaut être que paraître.»
Personne n'eût jamais imaginé que, précisément, cet être insignifiant deviendrait un jour l'un des plus puissants acolytes de Hitler. Si les crimes que l'on associe à son nom sont indescriptibles, le personnage qui les ordonna, en revanche, était d'une banalité extrême. «Personnalité tout à fait insignifiante», «homme sans caractère», type parfait du «maître d'école mesquin» : tels sont les termes utilisés à son propos par ses contemporains. En d'autres temps, ses talents auraient pu faire merveille dans l'administration : pareil à l'employé des Finances qui traite ses piles de déclarations d'impôts, Himmler accomplissait méthodiquement sa tâche, et traitait le génocide comme un problème d'organisation. Si l'holocauste voulu par Hitler a pu se dérouler de manière aussi précise, systématique et mécanique, c'est avant tout grâce à Himmler. Ce dernier inspectait en personne les usines de la mort. Tous les jours, il se faisait communiquer le nombre des victimes.
Les SS par Guido Knopp
Fiche Technique
- Titre : Les SS
- Auteur : Guido Knopp
- EAN13 : 9782258064171
- Date de parution : 09/10/2006
- Editeur : PRESSES DE LA CITE
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