Rompuy Herman Van

Publié le par Roger Cousin

Herman Achille Van Rompuy, né le 31 octobre 1947 à Etterbeek, est un homme politique belge. Il est l'actuel président du Conseil européen et président du sommet de la zone euro.

Rompuy Herman Van

Néerlandophone, il est membre du parti politique belge Christen-Democratisch en Vlaams (CD&V), dont il représente l’aile conservatrice. Président de la Chambre des Représentants de Belgique du 12 juillet 2007 au 30 décembre 2008, puis Premier ministre de Belgique. Il quitte son poste de Premier ministre le 25 novembre 2009. Il est choisi le 19 novembre 2009 par les 27 chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne, réunis en conseil à Bruxelles, pour devenir le premier président permanent du Conseil européen à compter du 1er janvier 2010. Le 1er mars 2012, Herman Van Rompuy a été réélu par les chefs d'État et de gouvernement des 27 États membres de l'Union européenne ; son second mandat est d'une durée de deux ans et demi, du 1er juin 2012 au 30 novembre 2014.

Fils du professeur d'économie Victor Van Rompuy et frère aîné d'Eric Van Rompuy et de Tine Van Rompuy, Herman Van Rompuy a achevé ses études secondaires au collège Sint-Jan-Berchmans de Bruxelles (humanités gréco-latines) en 1965. Bachelier (1968) en philosophie, il est licencié avec grande distinction en sciences économiques de la Katholieke Universiteit Leuven en 1971. Il y obtient également le diplôme de docteur en sciences économiques. Herman Van Rompuy débute en tant qu'attaché au service d'études de la Banque nationale (de 1972 à 1975). Entre 1973 et 1975, il est vice-président des CVP-jongeren (Jeunes CVP) et à partir de 1978 membre du bureau de parti du CVP (Christelijke Volkspartij), rebaptisé ensuite CD&V (Christen-Democratisch en Vlaams).

Il travaille ensuite dans les cabinets ministériels de Léo Tindemans (1975-1978) et Gaston Geens (1978-1980). À partir du milieu des années 1980, Herman Van Rompuy fait partie de la direction de son parti et assure de 1980 à 1988 la direction du centre d'études de celui-ci, le CEPESS. De 1982 à 1988, il enseigne à la Vlaamse Ekonomische Hogeschool van Brussel (« Haute École économique flamande de Bruxelles ») (VLEKHO) tout en étant président d'arrondissement du CVP Brussel-Halle-Vilvoorde. De 1988 à 1993, il assure la présidence nationale de son parti, le CVP, qui est alors le principal parti du gouvernement belge. Il a participé aux négociations de formation des gouvernements de Wilfried Martens (du IIIe jusque et y compris le IXe) (1982-1988) et de Jean-Luc Dehaene (I et II) (1992-1999).

En septembre 1993, Herman Van Rompuy succède à Mieke Offeciers en tant que ministre du Budget du gouvernement fédéral belge dirigé par Jean-Luc Dehaene. Il conservera ce poste, après les élections de 1995, et ce jusqu'en 1999 et la défaite de son parti aux élections. Il est aussi vice-premier ministre du gouvernement pendant cette période3. En tant que ministre du Budget, il parvient, en six ans, à réduire fortement le déficit budgétaire belge. La carrière ministérielle de Herman Van Rompuy s'interrompt suite à la lourde défaite électorale de son parti en juin 1999 (due entre autres à la crise de la dioxine) qui envoie le CVP dans l'opposition. Il reste alors membre de la Chambre des Représentants. Il fut l'auteur, avec d'autres parlementaires flamands, du recours devant la Cour Constitutionnelle contre la loi électorale de 2002, recours qui fut la source de la problématique de l'arrondissement de "Bruxelles-Hal-Vilvorde" et de la grave crise politique que la Belgique connut en 2007 et 2008. En 2004, il est nommé ministre d'État.

Pendant les deux premiers gouvernements Verhofstadt (1999-2007), Herman Van Rompuy est présent dans le cyberespace via son blog grâce auquel, selon ses propres dires, il a survécu ; il écrit nombre de haïkus. Le 12 juillet 2007, il est élu président de la Chambre des Représentants. Il a été membre actif de l'équipe de négociateurs du CD&V pour la formation difficile d'un nouveau gouvernement ; le roi Albert le nomme « explorateur » (verkenner en néerlandais), du 29 août au 29 septembre 2007, puis « conciliateur » le mois suivant5, pour tenter de sortir de l'impasse la formation du gouvernement. Ces négociations déboucheront sur la formation du Gouvernement intérimaire Verhofstadt III, puis, quelques mois plus tard, à la mise en place du Gouvernement Leterme I.

Le 28 décembre 2008, il est désigné comme formateur par le roi Albert II, afin d'aboutir à la mise en place d'un gouvernement pouvant succéder à celui d'Yves Leterme, démissionnaire suite à l'affaire Fortis. Le 30 décembre 2008, après s'être entretenu avec les présidents de partis de l'ancienne majorité (CD&V et Open VLD côté néerlandophone, cdH, MR et PS côté francophone), Herman Van Rompuy trouve finalement un accord sur la composition du futur gouvernement. La prestation de serment de ce gouvernement, dont il est le Premier Ministre, a lieu le jour-même au château de Laeken. Le 31 décembre 2008, le Premier ministre Van Rompuy présente sa déclaration de politique générale devant la Chambre des Représentants et le Sénat. Le 2 janvier 2009, la Chambre des Représentants vote la confiance au gouvernement Van Rompuy, majorité contre opposition. Le 17 juillet 2009, suite à la mise en place des nouveaux gouvernements dans les entités fédérées et au départ de Karel De Gucht à la Commission européenne, Herman Van Rompuy doit effectuer un important remaniement ministériel.

La presse belge le cite comme l'un des favoris sollicités par les chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne pour devenir le premier président du Conseil européen permanent6, et évoque les problèmes de gouvernement que son départ poserait à la Belgique, en proie à une crise politique persistante. « L'horloger des compromis impossibles »7 est nommé le 19 novembre 2009 au poste de premier président permanent, en même temps que les deux autres titulaires des nouveaux postes créés par l'Union : le Haut représentant aux affaires étrangères (Catherine Ashton) et le secrétaire général du Conseil de l'Union européenne (Pierre de Boissieu). Seul candidat à sa succession, il a été reconduit à son poste le 1er mars 2012 à l'unanimité, en pleine crise de la dette8,9. Il présidera également les Sommets de la zone euro. Le 25 février 2010, peu après sa nomination, il avait déjà déclaré, devant le Collège d'Europe de Bruges, que le Conseil européen avait vocation à devenir « le gouvernement économique de l'Union ».

L'exercice de cette fonction commence théoriquement le 1er décembre 2009, date d'entrée en vigueur du traité de Lisbonne. Selon ce traité, le président permanent ne peut assumer de mandat national le temps de sa présidence. Herman Van Rompuy quitte donc son poste de Premier ministre le 25 novembre 2009. Exceptionnellement, de manière à permettre au Premier ministre suédois (président tournant du Conseil européen jusqu'au 31 décembre 2009) de terminer son mandat, Herman Van Rompuy a commencé son mandat le 1er janvier 2010. Lors de sa première apparition au parlement européen, le Britannique Nigel Farage crée le scandale en l'interpellant de cette manière : « Je ne veux pas être impoli, mais vraiment, vous avez le charisme d'une serpillière humide et l'apparence d'un petit employé de banque » ... « Qui êtes-vous ? Je n'avais jamais entendu parler de vous, personne en Europe n'avait jamais entendu parler de vous », a-t-il poursuivi, ajoutant : « Vous venez de Belgique, qui est plutôt un non-pays. ».

Seul candidat à sa succession, il a été reconduit à son poste le 1er mars 2012 à l'unanimité8,9. Son second mandat durera deux ans et demi, du 1er juin 2012 au 30 novembre 2014. Il ne pourra être par la suite être réélu à cette fonction, car le mandat de Président du Conseil européen ne peut être renouvelé qu'une fois. Herman Van Rompuy a par ailleurs été nommé président du Sommet de la zone euro, pour une durée identique à celle de son mandat de président du Conseil européen. Les réunions du Sommet de la zone euro ont lieu deux fois par an.

Le 11 novembre 2009, Mario Borghezio, député européen italien (Ligue du Nord), avait évoqué la possibilité que les candidats aux postes de président et ministre des Affaires étrangères, comme Jan Peter Balkenende, David Miliband, Herman Van Rompuy parmi d'autres, pourraient être ceux des « groupes occultes » Bilderberg et Trilatérale et non simplement ceux des forces politiques des pays. La veille, Herman Van Rompuy s'était rendu au Château de Val Duchesse pour une réunion du Groupe Bilderberg où il donna, dans un discours, sa vision quant à la gouvernance de l'Europe. Il y exprimait l'idée selon laquelle l'Europe devrait être fédéraliste à l'image des États-Unis, et devrait pouvoir prélever un impôt au niveau européen.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article