Triboulet Raymond

Publié le par Mémoires de Guerre

Raymond Triboulet, né le 3 octobre 1906 à Paris et mort le 26 mai 2006 à Sèvres, est un résistant et homme politique français. 

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Raymond Triboulet

Raymond Triboulet

Carrière

Jeunesse

Engagé dès 1939, il est fait prisonnier le 18 juin 1940. Libéré comme grand malade le 13 février 1941, il prend immédiatement contact avec les organisations de résistance. Il se décrit « démobilisé administrativement mais pas moralement ». En novembre 1941, Raymond Triboulet, dit « Loyal », organise un réseau de renseignement sur la côte de la Manche en liaison étroite avec le réseau « Alliance » et « Ceux de la Résistance ». Chargé de transmettre « tout renseignement militaire sur la région entre Caen et Bayeux », il fournit le plan détaillé des défenses côtières de Port-en-Bessin à Courseulles, des détails sur le poste de radiations goniométriques de Coulombs et sur le radar de Basly. Il effectue également la mise à jour de l’effectif du camp de Carpiquet et des effectifs stationnés dans les cantons de Tilly-sur-Seulles et Creully. À partir d’avril 1944, il est aiguillé vers l’organisation politique du Débarquement.

Il est nommé secrétaire du Comité départemental de la Libération dans le Calvados. Le 7 juin, aussitôt après le Débarquement, il parvient à se frayer un passage à vélo jusqu’au Quartier général britannique à Courseulles-sur-Mer, où aidé de Maurice Schumann, il s’efforce de faire reconnaître les droits de la Résistance. Le 15 juin 1944, après le passage du Général de Gaulle, il est nommé premier sous-préfet des zones libérées à Bayeux. En avril 1945, il fonde le Comité du Débarquement et organise la première cérémonie commémorative, un an à peine après l’arrivée des Alliés sur les plages normandes. C’est ce Comité qui est à l’origine du premier Musée du Débarquement créé en 1953 à Arromanches, puis de plusieurs autres sur toute la côte normande ainsi que des nombreux monuments commémoratifs. C’est également ce Comité qui, chaque année depuis 1945, organise toutes les cérémonies commémoratives nationales du 6 juin 1944. Il en quitte la présidence le 1er octobre 1999.

Politique

Raymond Triboulet entame alors une carrière politique : il est élu député républicain indépendant du Calvados en 1946, puis au Rassemblement du peuple français (RPF) en 1951 et républicain social en 1956, groupe qu'il préside. À ce titre, il relaie à l'Assemblée nationale les critiques de Michel Debré visant les méthodes de travail parlementaires de la Quatrième République, notamment sur la question du vote personnel des députés. Il est ministre des Anciens combattants dans le gouvernement Faure II du 23 février au 6 octobre 1955. Il appartient au comité consultatif chargé d'élaborer la Constitution de la Ve République.

Sous la Ve République, Raymond Triboulet est constamment réélu et siège au Palais-Bourbon de 1958 jusqu'en 1973 sous les étiquettes UNR, UNR-UDT, UD-Ve République et UDR. Il a présidé le groupe parlementaire UDR. Il retrouve le ministère des Anciens combattants dans le gouvernement Debré du 8 janvier 1959 au 14 avril 1962, puis dans le gouvernement Pompidou I du 14 avril au 28 novembre 1962. Il est ensuite ministre délégué à la Coopération dans le gouvernement Pompidou II du 6 décembre 1962 au 8 janvier 1966 où il s'efforce de promouvoir le volontariat en créant l'association France Volontaires. A l’Assemblée Nationale, il est aussi Président du groupe d’Amitié France-Israël.

Raymond Triboulet a siégé à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe et à l'Assemblée parlementaire des Communautés européennes (actuel Parlement européen). Gaulliste et favorable à « l'Europe des Patries », il est président du Comité français de l'Union paneuropéenne (Pan-Europe) de 1973 à 1987. En 1979, il est élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques au fauteuil de Wilfrid Baumgartner. En 1988, il est délégué de l'Académie à la Séance publique annuelle des Cinq académies. En 1991, Il est président de l'Académie et de l'Institut de France. En 2002, il soutient la candidature présidentielle de Jean-Pierre Chevènement.

Raymond Triboulet a été conseiller général du Calvados et membre du Conseil économique et social de Basse-Normandie. Il s'est impliqué dans le développement économique du département, obtenant par exemple l'implantation du grand centre administratif du Crédit lyonnais à Bayeux en 1963. Il a fondé le Comité du Débarquement en 1945 et en a assuré la présidence pendant 54 ans, jusqu'en 1999. Fondateur du Musée du débarquement d'Arromanches-les-Bains, il a été anobli par la reine Élisabeth II.

Décoration

  • Commandeur de l'ordre du Mérite combattant, ex officio en tant que ministre des Anciens combattants et des Victimes de guerre (1955)

Publications

  • Les Billets du Négus, Les Œuvres Françaises, Paris, 1939.
  • Sens dessus dessous, Bordas, Paris, 1951.
  • Des vessies pour des lanternes, Lecvire, Vire, 1958.
  • Halte au massacre, Bordas, Paris, 1966.
  • Gaston Jean-Baptiste de Renty, Correspondance, édition et notes de Raymond Triboulet, Bibliothèque européenne, Desclée de Brouwer, 1978.
  • Notice sur la vie et les travaux de Wilfrid Baumgartner, Institut de France, 10 février 1981.
  • À tous ceux qui sont mal dans leur peau, France Empire, Paris, 1981.
  • Le Dossier du Débarquement, opération port Mulberry, préface de l'ouvrage pédagogique sur le Port d'Arromanches de François Rouillay et Rémy Desquesnes aux Éditions Mak'it, 1984.
  • Un gaulliste de la IVe, Plon, 1985.
  • Un ministre du Général, Plon, 1985.
  • Gaston de Renty 1611-1649, Beauchesne, 1991.
  • F.S.V. Donnison, Civil Affairs and Military Government, North-West Europe, 1944-1946, London, Her Majesty's Stationary Office, 1961, p. 80-81.
Articles Sources

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