Boumendjel Ali

Publié le par Mémoires de Guerre

Ali Boumendjel, né le 24 mai 1919 à Relizane au sein d'une famille originaire de Taourirt Menguellet wilaya de Tizi Ouzou, et mort le 23 mars 1957 à El Biar, Alger, est un avocat et militant politique algérien. Torturé et exécuté par les parachutistes du général Massu lors de la bataille d'Alger durant la guerre d'Algérie, son assassinat est alors maquillé en suicide. 

Boumendjel Ali

Jeunesse et parcours politique

Issue d’une famille paysanne originaire du village de Ath Yenni en Kabylie, Ali Boumendjel nait à Relizane, dans le nord-ouest de l'Algérie, fils de l’un des premiers instituteurs kabyles installés dans l’Oranie. Boumendjel fait son cursus scolaire à Larbaâ. Brillant élève, il décroche une bourse qui lui permet d'entrer au collège Duveyrier de Blida, « pépinière nationaliste » où il rencontrera d'autres militants du nationalisme algérien telles qu'Abane Ramdane, Benyoucef Benkhedda et Saâd Dahlab.

Après le lycée, il suit les traces de son frère ainé, Ahmed Boumendjel, et fait des études de droit. Il le suit également sur le terrain politique, puisque son frère est proche de Ferhat Abbas, et que Ali devient journaliste à L'Égalité, organe des Amis du manifeste et de la liberté. En 1946, à la création de l'Union démocratique du manifeste algérien (UDMA) il en devient membre et devient, après 1954, l'avocat des nationalistes algériens. En 1955, il intègre le Front de libération nationale (FLN), et fait la liaison entre l'UDMA et le FLN. Il a été marié et père de 4 enfants : Nadir, Sami, Farid et Dalila. 

Assassinat maquillé en suicide sur ordre d’Aussaresses

Ali Boumendjel est arrêté le 9 février 1957, pendant la bataille d'Alger. Il est détenu en divers lieux de la région d'Alger et torturé. Il est assassiné quarante-trois jours après son arrestation, le 23 mars 1957, sur ordre du commandant Paul Aussaresses, qui le reconnaitra lui-même dans ses mémoires parues en 2001, confirmant que l'exécution avait été planifiée. Ali Boumendjel a été jeté du sixième étage d’un immeuble abritant un centre de torture, situé à El Biar sur les hauteurs d’Alger, permettant de maquiller son assassinat en suicide par défénestration4. Sa mort avait secoué les intellectuels français de tous bords cherchant à connaitre la vérité sur la mort de ce jeune avocat pacifiste. C'est dans ce même immeuble où ont été détenus et torturés le journaliste Henri Alleg et le mathématicien Maurice Audin, lui-même porté disparu depuis lors. 

Reconnaissance de l'État français

À la suite des préconisations du rapport de l'historien Benjamin Stora sur la mémoire franco-algérienne, le 2 mars 2021, le président français Emmanuel Macron reconnaît qu'Ali Boumendjel a été « torturé et assassiné » par l'armée française. Le président a reçu quatre des petits-enfants d'Ali Boumendjel pour leur annoncer la reconnaissance, au nom de la France, de son assassinat. Le communiqué évoque ainsi l'aveu de Paul Aussaresses d'avoir ordonné à l'un de ses subordonnés de maquiller le meurtre en suicide. 

Distinctions

En 1999, Ali Boumendjel reçoit l'Ordre du mérite national algérien à titre posthume. Une rue et une station du métro portent son nom à Alger ainsi qu'une cité à Relizane, sa ville natale.

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