Bounin Jacques

Publié le par Roger Cousin

Bounin JacquesJacques Bounin né le 26 mars 1908 à Paris. Décédé le 10/12/1977 à Nice (Alpes-Maritimes - France). Député des Alpes-Maritimes de 1939 à 1942. Jacques Bounin fit ses études secondaires au Lycée de Nice, puis entra à l'Ecole centrale des Arts et Manufactures en 1930. Il en sortit avec le diplôme d'ingénieur et compléta ses connaissances au Centre de préparation à l'administration des affaires, de la Chambre de commerce de Paris (Promotion 1933) qui lui conféra le diplôme d'études supérieures.

Il débuta dans la politique le 5 mai 1935 comme conseiller municipal de Nice. Un siège de député s'étant trouvé vacant dans la première circonscription de cette ville pour pourvoir au remplacemnet de M. Jean Médecin, élu sénateur, Jacques Bounin l'emporta à l'élection partielle du 26 mars 1939, au deuxième tour de scrutin, par 8.003 voix, contre 4.843 à M. Robini. Sétant présenté sous l'étiquette de républicain indépendant anti-munichois, il ne s'inscrivit à aucun groupe politique. Membre de la Commission des mines et de la force motrice et de la Commission du travail, les événements qui suivirent le conduisirent au front comme lieutenant au 94e R.A.M. (29e division). Démobilisé, la résistance l'attendait.

Dès le lendemain de Montoire, il prend part aux premières tentatives organisées, et réalise à cet effet un contact avec les F.F.L. par l'intermédiaire de la Suisse où il rencontre Farrel, en février. 1941, au Consulat britannique de Genève. Avec Léon Perrier et Julitte, il organise, à Nice, deux services d'action et de renseignements « Réseau Groussard », « Eric de Genève ». Il est lui-même immatriculé « A.E. 526 » F.F.L. Après l'arrestation de Julitte en mars 1943 par la gestapo et de Léon Perrier en mai 1943 par le Gouvernement de Vichy, Jacques Bounin prend la tête de ces deux réseaux et participe avec eux à des actes directs contre l'ennemi et ses agents : il organise la destruction de-voies ferrées par le sabotage des lignes de charbon et des grues de relevage, suivant un plan établi avec M. Lemaire alors directeur du réseau du Nord.

Il est un des fondateurs en zone sud du front national (1941-1942) et devient aussitôt membre de son comité directeur. Il représente le mouvement à l'échelon national, notamment au comité chargé de sa coordination en zone sud (1943-1944). Il est nommé le 26 mai 1944, commissaire de la République à Montpellier et administre six départements : l'Hérault,. le Gard, l'Aude, les Pyrénées-Orientales, l'Aveyron et la Lozère. A ce titre, il regroupe dans la région les différents mouvements de résistance décimés par une répression cruelle ; il reconstitue-leur union et les rassemble en un comité régional de Libération puis dans les six comités départementaux de Libération. Il prépare en outre l'installation de la nouvelle administration.

En liaison avec les F.F.L. et les mouvements de résistance, il accentue le harcèlement de l'ennemi et protège simultanément les installations vitales de la région, en particulier le port de Sète. Il prend l'initiative des manifestations du 14 juillet 1944 qui serviront de répétition générale à l'insurrection nationale dans la région, qu'il organise peu après. Il est le premier à prendre l'initiative des mesures de nationalisation de l'énergie (électricité et mines de charbon). Il rédige les textes qui serviront à rétablir-les institutions républicaines dans la France libérée, ceci en vertu des pouvoirs exceptionnels conférés aux Commissaires de la République.

Il prolonge sa mission par une série de conférences dans les universités américaines (mai-juin 1947) sur le sujet : « Les Français pendant et après l'occupation ». Rentré en France, il reprend ses activités dans des affaires privées, comme ingénieur-conseil. Depuis le mois .de septembre 1960, il est professeur (contractuel) de mathématiques au lycée Honoré de Balzac. Les services qu'il rendit à la Résistance lui ont valu la croix de Chevalier de la Légion d'honneur le 9 octobre 1946, la rosette d'Officier le 28 septembre 1957, là croix d'Officier de la Médaillé de la Résistance le 20 novembre 1946, et la croix de guerre avec palmes.

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