Faggianelli Jacques
Fils d'un père professeur et d'une mère issue d'une famille de négociants et d'armateurs, Jacques Faggianelli, après l'obtention de sa licence ès lettres et de son diplôme d'études supérieures,
enseigne comme professeur d'anglais. En 1935, il est élu au conseil municipal de Bastia. Durant l'occupation, il participe à la Résistance et termine la guerre comme capitaine interprète au
commandement supérieur de la Corse. Maire de Bastia en 1944, il est élu en 1945 et conserve son mandat jusqu'en 1967. Elu conseiller général du canton de Bastia Terra-Nova en 1945, il est
rapporteur général du budget de la Corse de 1945 à 1950 et siège sans discontinuer à l'assemblée départementale. Jacques Faggianelli se présente sans succès aux élections du 2 juin 1946 à la
seconde Assemblée Constituante et aux élections législatives du 10 novembre 1946, sur la liste du Rassemblement des gauches menée par Paul Giacobbi.
De nouveau candidat aux élections du 17 juin 1951, il est élu député par 27 887 voix sur 149 234 suffrages exprimés. La liste du Rassemblement des gauches républicaines et radicale-socialiste
qu'il conduit et sur laquelle se présentent François Giacobbi et Jean de Rocca Serra, obtient 27,7 % des voix et emporte l'un des quatre sièges à pourvoir dans le département, un apparentement
étant conclu avec la liste d'Union des Indépendants. Jacques Faggianelli est nommé membre de la Commission de la reconstruction et des dommages de guerre (1951) et de la Commission des finances
(1951-1955). Député actif, il dépose vingt textes, principalement des rapports au nom de la Commission des finances mais aussi des propositions de loi et de résolution relatives aux problèmes
insulaires et coloniaux. Il n'intervient à la tribune qu'au cours des débats budgétaires et dépose, le 21 juin 1955, une demande d'interpellation sur les besoins économiques et financiers de la
Corse.
Durant la deuxième législature, il vote pour le projet de loi Marie et s'abstient volontairement sur la proposition Barangé favorables à l'enseignement privé (21 septembre 1951), il vote pour la
ratification du traité instituant la Communauté charbon-acier (13 décembre), pour la confiance à Antoine Pinay (6 mars 1952) puis à Joseph Laniel (26 juin 1953) auquel il la maintient après
Diên-Biên-Phû (13 mai et 12 juin 1954, chute du cabinet). Après avoir voté l'investiture de Pierre Mendès France (17 juin), il approuve les Accords de Genève qui mettent fin aux hostilités en
Indochine (23 juillet). Le 30 août, il s'abstient sur la Communauté européenne de défense puis ratifie les Accords de Londres (12 octobre) et de Paris (29 décembre) relatifs à la fin de
l'occupation de l'Allemagne et à son réarmement. Le 4 février 1955, Jacques Faggianelli approuve le gouvernement Mendès France sur l'Afrique du Nord (chute du cabinet) puis accorde la confiance à
Edgar Faure (23 février) et se prononce en faveur de son projet de réforme électorale rétablissant le scrutin d'arrondissement (16 novembre).
Lors des élections anticipées du 2 janvier 1956, Jacques Faggianelli est réélu par 37 705 sur 90 160 suffrages exprimés. Sa liste radicale, apparentée aux Indépendants et aux Républicains
sociaux, obtient 40,9 % des voix et emporte trois des six sièges à pourvoir. Dans la nouvelle Assemblée, il est reconduit dans la Commission des finances (1956) et fait également partie de la
Commission de l'éducation nationale (1957) et de la Commission de l'intérieur (1957). A la suite du congrès radical d'octobre 1956, il appartient à la minorité dissidente, tendance
Queuille-Morice. Il vote l'investiture de Guy Mollet (31 janvier 1956) qu'il soutient lors de tous les scrutins. Le 27 avril il intervient longuement, au nom de son groupe, dans le débat sur le
Fonds national de solidarité.
Le 17 juin 1957, il est nommé sous-secrétaire d'Etat à la Marine marchande, dans le cabinet présidé par Maurice Bourgès-Maunoury. C'est en cette qualité qu'il défend devant les députés, le 16
juillet, le projet de loi relatif à la construction du paquebot France. Le gouvernement ayant été mis en minorité le 30 septembre, Jacques Faggianelli présente sa démission le même jour, mais
continue d'expédier les affaires courantes jusqu'au 6 novembre. Il se prononce pour la ratification des traités instituant la CEE et l'Euratom (9 juillet 1957) et pour les projets relatifs aux
institutions de l'Algérie (30 septembre 1957, 28 janvier 1958). Il vote contre l'investiture de Pierre Pflimlin (13 mai 1958) mais pour l'instauration de l'état d'urgence (16 mai). Le 26, il
expose à la tribune le retentissement considérable en Corse des événements d'Alger : "Je dirai [...] à mes compatriotes que toute l'histoire de la Corse clame l'amour de la liberté, que le
général de Gaulle est venu dans le premier département libéré en libérateur et que, si demain les circonstances voulaient qu'il reparaisse, la Corse ne pourrait le reconnaître que s'il venait
pour réconcilier les Français". Il vote la confiance au général de Gaulle (1er juin 1958), accorde les pleins pouvoirs au gouvernement et approuve la révision constitutionnelle (2 juin). Sous la
Vème République il est réélu député de la 2ème circonscription de Corse (Bastia) aux élections de mars 1967. Jacques Faggianelli était officier de la Légion d'honneur, titulaire de la médaille de
la Résistance, officier des Palmes académiques et commandeur du Mérite maritime.