Laurent Augustin
Augustin Laurent (né le 9 septembre 1896 à Wahagnies, décédé le 1er octobre 1990 à Lille) est un homme politique français,
ancien ministre, grand résistant, créateur du réseau de résistance France au Combat avec Eugène Thomas. Ancien mineur de fond pendant quatre ans, il adhère à la SFIO en 1912. En 1914, au début de
la Première Guerre mondiale, il s'engage dès ses 18 ans et combat pendant quarante-six mois sur le front. Au congrès de Tours de 1920 il s'oppose à l’adhésion à la Troisième Internationale.
Repéré par les dirigeants de la fédération du Nord du parti socialiste, il occupe, à partir de 1925, le poste de secrétaire administratif de cette dernière. Suite au décès de Roger Salengro, il en devient le secrétaire général adjoint en 1936.
En 1931 il est élu conseiller général, puis député du Nord de la IIIe en 1936. Dès le début de l’occupation de la Seconde Guerre mondiale, il devient résistant à l’appel de Jean-Baptiste Lebas.
Il cofonde deux journaux clandestins (L’Homme Libre en 1940, devenu La IVe République en 1941 ; et Nord Matin le Journal de la Démocratie Socialiste en 1943). En 1942 membre du comité politique
de Libération-Sud, il devient, après l'arrestation d’Eugène Thomas, le responsable du réseau la France au
Combat. En 1943, il préside le Comité départemental de Libération du Nord. Il devient ministre des Postes et Télécommunication du gouvernement provisoire du général de Gaulle (de septembre 1944 à juin 1945, date à laquelle il démissionne suite à une opération chirurgicale). Il sera
député de la IVe République française jusqu'en 1951. Dans le 3e gouvernement de Léon Blum, il est successivement
Ministre d'État (16 au 23 décembre 1946), puis ministre de la France d'outre-mer (23 décembre 1946 au 22 janvier 1947) en remplacement de Marius Moutet.
Premier secrétaire de la fédération socialiste du Nord de 1945 à 1963, proche de Guy Mollet, il exerce une influence
considérable dans les congrès de son parti. Il renonce aux responsabilités nationales pour se consacrer à sa région. Il est président du Conseil général de 1946 à 1967, remplacé par Albert
Denvers. Il devient maire de Lille de 1955 à 1973 où il est remplacé par Pierre Mauroy, son adjoint. Il est le premier président de la communauté urbaine de Lille de 1969 à 1971 ; il est alors
remplacé par Arthur Notebart. Il décèdera dans son appartement près du Beffroi de Lille le 1er octobre 1990.