Le soleil brille pour tout le monde

Publié le par John Ford

Le soleil brille pour tout le monde (The Sun Shines Bright) est un film américain réalisé par John Ford, sorti en 1953. Au début du siècle, le juge William Priest doit défendre trois affaires, contre l'opinion de sa ville. L'une pour une femme perdue, Lucy Lake, dont la véritable identité nous est inconnue. Une deuxième pour un ancien soldat confédéré de la Guerre Civile, jugé pour meurtre. Il s'élèvera enfin contre les élections locales à l'aide de Horace K. Maydew. 

Le soleil brille pour tout le monde de John Ford
Le soleil brille pour tout le monde de John Ford

Le soleil brille pour tout le monde de John Ford

Fiche technique

  • Titre : Le soleil brille pour tout le monde
  • Titre original : The Sun Shines Bright
  • Réalisation : John Ford
  • Scénario : Laurence Stallings, d'après les histoires d'Irvin S. Cobb (The Sun Shines Bright, The Mob from Massaq et The Lord Provides)
  • Production : John Ford et Merian C. Cooper, pour Argosy Pictures
  • Distribution : Republic Pictures
  • Musique : Victor Young
  • Photographie : Archie Stout
  • Costumes : Adele Palmer
  • Montage : Jack Murray
  • Pays d'origine : États-Unis
  • Format : Noir et blanc - 1,85:1 - Mono - 35 mm
  • Genre : Comédie dramatique
  • Durée : 90 minutes
  • Date de sortie : 1953

Distribution

  • Charles Winninger : Juge William Pittman Priest
  • Arleen Whelan : Lucy Lee Lake
  • John Russell : Ashby Corwin
  • Stepin Fetchit : Jeff Poindexter
  • Russell Simpson : Dr. Lewt Lake
  • Ludwig Stossel : Herman Felsburg
  • Francis Ford : Finney
  • Paul Hurst : Sgt. Jimmy Bagby
  • Mitchell Lewis : Sheriff Andy Redcliffe
  • Grant Withers : Buck Ramsey
  • Milburn Stone : Horace K. Maydew
  • Dorothy Jordan : la mère de Lucy Lee
  • Elzie Emanuel : U.S. Grant Woodford
  • Henry O'Neill : Jody Habersham
  • Slim Pickens : Lanky backwoodsman
  • James Kirkwood : Gén. Fairfield
  • Ernest Whitman : Pleasant 'Uncle Plez' Woodford
  • Trevor Bardette : Rufe Ramseur
  • Eve March : Mallie Cramp
  • Hal Baylor : le fils de Rufe
  • Jane Darwell : Aurora Ratchitt
  • Ken Williams : Cadet
  • Clarence Muse : Oncle Zack
  • Mae Marsh : vieille dame

La critique par Samuel Douhaire

Quarante ans après la guerre de Sécession, une petite ville du Kentucky soigne ses plaies. Un John Ford méconnu.

« Mes plus beaux films ne sont pas des westerns, assurait John Ford. Ce sont des petites histoires sans grandes vedettes sur des communautés de gens très simples. » Parmi eux, le méconnu Soleil brille pour tout le monde (1953), remake très libre de Judge Priest, tourné dix-neuf ans plus tôt, était son préféré. Le héros, un juge débonnaire du Kentucky, candidat à sa réélection au début du xxe siècle, peut être considéré comme un double du cinéaste (et pas seulement pour son amour du bourbon) : il est l'incarnation humaniste d'un monde en voie de disparition, fidèle à ses principes, fût-ce contraire à ses intérêts. Jim McBride le biographe de John Ford le décrit comme « un ancien de plus en plus négligé par des hommes plus jeunes, avides de pouvoir, mais restant encore un leader de sa communauté, qu'il fait accéder à une moralité plus élevée. »

Une prostituée revient mourir dans sa ville natale. Une jeune femme est rejetée par son grand-père général. Un adolescent noir est menacé de lynchage pour un viol qu'il n'a pas commis. Ces trois histoires, avec pour point commun l'intolérance, donnent lieu à une chronique qui permet au cinéaste de multiplier digressions et ruptures de ton tragi-comiques. Comme toujours, il s'intéresse aux individus dans la mesure où ils s'intègrent à un idéal collectif. Les plus belles scènes de son cinéma sont des descriptions minutieuses des modes de vie, des rituels quasi liturgiques de collectivités qui ont un pied dans le passé et l'autre dans l'avenir. Ici, les réunions d'anciens combattants sudistes et les interprétations de Dixie, l'hymne des Confédérés, rappellent le traumatisme de la guerre de Sécession. Alors que la scène du bal, avec ses interludes pleins d'humour, ou les processions bouleversantes scellent la réconciliation (temporaire) de la communauté. Ford reprendra la dernière séquence, admirable, en conclusion de La Prisonnière du désert, trois ans plus tard... — Samuel Douhaire

Publié dans Films

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