Luiz Inácio Lula da Silva

Publié le par Mémoires de Guerre

Luiz Inácio Lula da Silvaaudio, plus connu sous le nom de Lula, né le 27 octobre 1945 à Caetés, est un homme d'État brésilien, président de la République du 1er janvier 2003 au 1er janvier 2011.

Luiz Inácio Lula da Silva
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Luiz Inácio Lula da Silva
Luiz Inácio Lula da Silva

Ouvrier tourneur, il devient l'un des dirigeants du syndicat des métallurgistes de São Paulo (1972) et organise à ce titre les grandes grèves de 1975, puis de 1980, date à laquelle il fonde le parti des Travailleurs (PT) et dirige son groupe parlementaire. Candidat à l'élection présidentielle de 1989, il est battu au second tour par Fernando Collor de Mello. Évincé, dès le premier tour par Fernando Henrique Cardoso) en 1994, il quitte la direction du PT en 1995, peu après avoir animé la grande grève de Petrobras. Après une troisième tentative infructueuse en 1998, il remporte l'élection présidentielle d'octobre 2002 et devient, en janvier 2003, le premier président de gauche depuis l'instauration de la République du Brésil en 1889. Il est réélu pour quatre ans en 2006. Sous ses deux mandats, le Brésil se hisse au rang de puissance régionale, précieux partenaire économique pour certains États d’Amérique latine (Argentine), voisin hégémonique pour d’autres (Paraguay) et parvient à faire entendre sa voix sur la scène internationale.

Sa politique pragmatique vise à concilier les milieux d’affaires – dont les investisseurs étrangers et le secteur agroalimentaire qui assure plus de 40 % des exportations brésiliennes –, la classe moyenne – qui connaît une forte expansion – et le cœur de son électorat, dont il s’assure le soutien par une diminution sensible de l’extrême pauvreté. Malgré la déception d’une partie de la gauche – dont le mouvement des paysans sans terre – et même si son gouvernement dépend du soutien des centristes du PMDB, en progression aux élections législatives de 2006 et municipales de 2008, sa popularité reste intacte avec 80 % d’opinions favorables. Ce dont profite sa dauphine Dilma Rousseff, candidate du PT – qui redevient le premier parti à la chambre des députés – et de la coalition gouvernementale sortante, élue présidente de la République en octobre 2010 au second tour de scrutin avec 56 % des voix. 

Après la présidence

L'hôpital syro-libanais de São Paulo, annonce, en octobre 2011, que Lula est atteint d'une tumeur localisée dans le larynx et qu'il devra subir une chimiothérapie « sous forme ambulatoire ». En mars 2012, l'hôpital affirme que son cancer du larynx a connu une « rémission complète ».

Retour éphémère au gouvernement

Le 17 mars 2016, Dilma Rousseff le nomme ministre d'État et chef de cabinet de la présidente de la République, la plus haute fonction du gouvernement. Cette nomination entraîne les huées de participants à son investiture au palais présidentiel et la protestation d'une grande partie de la classe politique brésilienne. Une demi-heure après sa nomination, la justice suspend en référé sa prise de fonction, considérant que « Dilma Rousseff a commis un délit en nommant Lula ministre pour lui permettre d’échapper à la justice ». Des tribunaux annulent ensuite ces ordonnances mais le lendemain, le 18 mars, un juge du Tribunal suprême fédéral confirme la suspension de l'entrée de Lula au gouvernement dans l'attente du verdict collégial définitif de la juridiction. Un enregistrement téléphonique entre la présidente Rousseff et Lula rendu public par le juge Sérgio Moro deux jours plus tôt, le 16 mars, laissait clairement entendre qu'il y avait eu arrangement entre eux deux pour lui éviter la prison.

Alors que des chefs d'État sud-américains de gauche (Nicolás Maduro, Evo Morales, Michelle Bachelet et Rafael Correa) lui apportent leur soutien, les manifestations se succèdent contre le gouvernement à Brasilia et São Paulo, avec parfois des violences. Le 8 avril 2016, le procureur préconise au Tribunal suprême fédéral d'annuler son entrée au gouvernement. Le 20 du même mois, le Tribunal suprême reporte l'audience prévue pour statuer sur sa nomination. Eva Chiavon assure l'intérim. Après la suspension de Dilma Rousseff, le nouveau président intérimaire, Michel Temer, nomme Eliseu Padilha, puis, après la destitution de la présidente, l'audience prévue est définitivement annulée.

Poursuites judiciaires et emprisonnement

À partir de 2011, Lula est mis en cause dans plusieurs affaires judiciaires, notamment pour corruption, blanchiment d'argent, détournement de fonds publics et entrave à l'exercice de la justice. L'ancien président se défend d'avoir commis tout acte illégal et affirme que les poursuites dont il fait l’objet sont le résultat de la volonté des « élites » de l'écarter de la course à l’élection présidentielle de 2018. La principale affaire le visant s’inscrit dans le cadre du scandale Petrobras. Il est accusé d'avoir accepté 3,7 millions de reals — dont un luxueux appartement — en remerciement de son intervention pour l’attribution de contrats à l’entreprise pétrolière Petrobras. En juillet 2017, le juge Sérgio Moro le condamne à neuf ans et six mois de prison pour corruption passive et blanchiment d'argent. En appel, en janvier 2018, la peine est portée à douze ans et un mois d’emprisonnement. Les partisans de Lula et des spécialistes du Brésil remettent en cause le bien fondé juridique de cette condamnation, notamment l’absence de preuve matérielle, dénonçant un parti pris de la justice brésilienne. Le 4 avril 2018, dans un contexte de fortes tensions dans le pays, les juges de la Cour suprême rejettent la demande d'Habeas corpus de Lula, ce qui ouvre la voie à son emprisonnement. Le 7 avril, Lula se constitue prisonnier.

Inéligibilité à l’élection présidentielle de 2018

Dès la réélection de Dilma Rousseff en 2014, Lula fait savoir qu’il n’exclut pas de briguer un troisième mandat présidentiel. Malgré ses ennuis judiciaires, il est désigné candidat du Parti des travailleurs à l’élection présidentielle de 2018. Les sondages le donnent alors favori du scrutin en le créditant d’environ 30 % à 40 % d'intentions de vote au premier tour. Mais le 31 août 2018, à la suite de sa condamnation dans le scandale Petrobras, le Tribunal suprême fédéral prononce son inéligibilité. Le PT se voit ensuite sommé de désigner un nouveau candidat. Le 11 septembre 2018, le colistier de Lula, Fernando Haddad, est désigné candidat du parti. Un peu plus tôt dans la journée, le TSE avait rejeté une demande de la défense de l'ancien président de repousser la date butoir au 17 septembre. 

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