Tsai Ing-wen

Publié le par Mémoires de Guerre

Tsai Ing-wen, née le 31 août 1956 à Fangshan (Taïwan), est une avocate, femme d'État taïwanaise. Elle est présidente de la République depuis le 20 mai 2016. Membre du Parti démocrate progressiste (PDP) et vice-Première ministre de 2006 à 2007, elle est élue présidente de la République le 11 janvier 2016. Elle est la première femme à exercer cette fonction. Le 11 janvier 2020, elle est largement réélue pour un second mandat. 

Tsai Ing-wen

Formation

Son prénom, (Ing-wen), peut être littéralement traduit par « langue anglaise ». Tsai Ing-wen est diplômée en droit de l'université nationale de Taïwan, de l'université Cornell et obtient, en 1984, un doctorat en économie et sciences politiques à la London School of Economics. Elle est spécialisée en droit du commerce et participe aux négociations pour l'entrée de Taïwan à l'Organisation mondiale du commerce6 (obtenue en 2002). 

Carrière politique

Tsai Ing-wen intègre le conseil de sécurité nationale de Taïwan et devient conseillère du président Lee Teng-hui. Tsai Ing-wen est ministre des Affaires continentales dans le gouvernement de Chen Shui-bian entre 2000 et 2004. Elle est d'abord indépendante mais proche du PDP, avant de rejoindre ce parti en 2004. Elle est vice-Première ministre de 2006 jusqu'à la démission du cabinet de Su Tseng-chang en mai 2007. En mai 2008, Tsai Ing-wen prend la direction du PDP. En 2009, à Kaohsiung, en présence de la maire Chen Chu, elle rencontre le 14e dalaï-lama en visite à Taïwan. Elle se présente comme admiratrice de Margaret Thatcher et Angela Merkel.

Candidate à l'élection présidentielle de 2012

Tsai Ing-wen est candidate à l'élection présidentielle de janvier 2012 dans laquelle elle porte en avant des revendications sociales, mais la position indépendantiste du PDP vis-à-vis de la Chine continentale ne rencontre pas l'approbation des électeurs. Elle réunit 45,6 % des voix contre 51,6 % au candidat du Kuomintang, Ma Ying-jeou. À la suite de cette défaite, Tsai Ing-wen démissionne de la présidence du PDP où elle est remplacée par Kiku Chen. Elle retrouve la direction du PDP en mai 2014. 

Élection présidentielle de 2016

Tsai Ing-wen est de nouveau candidate à l'élection présidentielle de janvier 2016. Son co-listier est Chen Chien-jen, un épidémiologiste, vice-président de l'Academia sinica. Tsai Ing-wen fait campagne sur plusieurs thèmes :

  • S'occuper du chômage des jeunes, encourager l'entrepreneuriat des jeunes, promouvoir le logement social, mener à bien la réforme des retraites, la mise en place d'un système de soins de longue durée ;
  • Augmenter la part des énergies renouvelables et arrêter la production d'électricité d'origine nucléaire d'ici dix ans ;
  • Elle soutient la déclaration de l'indépendance de Taïwan de la Chine populaire, mais modère sa position par rapport à 2012, où elle souhaitait déclarer l'indépendance unilatéralement, et souhaite maintenant un dialogue avec la Chine continentale ;
  • Mettre en place la loi sur le mariage des personnes de même sexe.

Tsai Ing-wen souhaite en outre signer des accords de libre-échange avec le Japon et l'accord de partenariat transpacifique. Le 16 janvier, elle remporte l'élection avec plus de 56,12 % des voix face à Eric Chu et James Soong. Elle devient la première femme élue présidente de la République dans son pays. En décembre 2016, alors que Donald Trump vient d'être élu président des États-Unis, elle lui téléphone. Rompant avec plusieurs décennies de diplomatie américaine, suscitant l'ire de la Chine communiste (qui considère l'île de Taïwan comme partie de son territoire) et l'espoir des militants indépendantistes taïwanais, le nouveau chef de l'État accepte la conversation téléphonique. Cet appel conduit à des mesures de rétorsion de la part de Pékin contre Taïpei. 

Présidente de la République

Premier mandat (2016-2020)

Le 20 mai 2016, elle prête serment et prend ses fonctions de présidente de la république de Chine. Elle fait adopter en 2017 une loi sur le travail permettant au patronat de faire travailler les salariés douze jours consécutifs. Tirant profit de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, elle développe un programme d’incitations fiscales visant à faire revenir sur le territoire les entreprises taïwanaises produisant en Chine. Depuis l'arrivée de Tsai Ing-wen et du PDP au pouvoir, la Chine a augmenté les pressions diplomatiques contre les pays et entreprises qui reconnaissent Taïwan comme un État indépendant. Le nombre de pays qui reconnaissent Taïwan est tombé à 18 en juin 2018. La Chine a aussi accru ses manœuvres militaires dans le détroit de Taïwan. En juin 2018, Tsai Ing-wen déclare être disposée à rencontrer le président chinois Xi Jinping mais pour cette rencontre elle refuse toujours la politique d'une seule Chine ou le pseudo-consensus de 1992 et demande que la Chine considère cette rencontre comme la rencontre de deux chefs d'États souverains. Tsai Ing-wen demande aussi l'aide des autres nations pour contrer l'expansion militaire chinoise en Asie du Sud-Est et défendre la démocratie et la liberté à Taïwan.

Son gouvernement met en place plusieurs réformes (augmentation du salaire minimum, amélioration des services sociaux, comme les crèches) mais la situation économique sur l'île se détériore : la croissance du PIB est faible, les exportations chutent et la plupart des Taïwanais font toujours face à des difficultés économiques quotidiennes. Tsai Ing-wen ne s'occupe pas non plus d'un problème de fond à Taïwan : le système fiscal qui entraîne des prix élevés de l'immobilier et de fortes disparités des richesses. La réduction des retraites des fonctionnaires et des militaires entraine de nombreuses manifestations. Le nombre de jours fériés est lui aussi réduit. Pendant les trois premières années de son mandat, elle peine à convaincre les Taïwanais de son action. Le PDP essuie une large défaite aux élections locales de novembre 2018 et Tsai Ing-wen démissionne de son poste de présidente du Parti démocratique progressiste. Conformément à sa promesse de campagne, le mariage homosexuel est adopté en mai 2019, une première en Asie. 

Campagne présidentielle et réélection en 2020

En février 2019, Tsai Ing-wen déclare sa candidature à l'investiture du PDP pour l'élection présidentielle de 2020. En juin 2019, après une primaire controversée (reports de la date de la primaire, introduction de sondages par téléphone), Tsai Ing-wen devance l'autre candidat à l'investiture, son ancien Premier ministre William Lai, et obtient le soutien du PDP pour l'élection présidentielle de 2020. Lai devient son colistier pour la vice-présidence. À Hong Kong, placé sous l'influence de la Chine continentale depuis sa rétrocession en 1997, des manifestations massives et durables éclatent en mars 2019 pour protester contre l'influence de la Chine continentale dans la politique hongkongaise. Tsai Ing-wen exprime son soutien aux manifestants et défend le statu quo dans la relation avec la Chine populaire. Ce combat des Hongkongais rappelle aux Taïwanais le risque qu'un rapprochement avec la Chine continentale ferait courir à la démocratie, aux libertés et à l'État de droit. En conséquence, Tsai Ing-wen, dont la cote de popularité est au plus bas, remonte dans les sondages pour la présidentielle. 

Elle fait adopter en décembre une loi « anti-infiltration » visant à « empêcher la Chine d’utiliser sa forte puissance et son capital pour polluer, manipuler ou saboter les activités démocratiques à Taïwan ». Le lobbying, les donations politiques et la désinformation pro-chinoises sont ainsi interdits et les contrevenants s'exposent à cinq ans de prison et une amende de près de 330 000 €. Le Kuomintang dénonce lui une « loi scélérate ». Autre raison de la remontée de sa cote de popularité : la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine entraîne une forte croissance des exportations taïwanaises vers les États-Unis et la croissance du PIB de 2,2 % pour 2019. Le 11 janvier 2020, elle est largement réélue pour un second mandat avec 57,1 % des voix. Aux élections législatives qui se déroulent en même temps, le PDP perd 7 sièges mais garde la majorité absolue. Sa gestion de la pandémie de Covid-19 à Taïwan, sans recours au confinement sanitaire, est largement saluée. 

Second mandat (2020-2024)

Le 20 mai 2020, Tsai Ing-wen est officiellement investie pour un second mandat.

Honneur

En 2021, elle est désignée neuvième femme la plus puissante du monde selon Forbes. 

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