Arrighi de Casanova Ernest

Publié le par Roger Cousin

Arrighi de Casanova Ernest Ernest Louis Henri Hyacinthe Arrighi de Casanova, né à Paris le 26 septembre 1814 et mort à Paris le 28 mars 1888, 2e duc de Padoue, est un homme politique français. Entré, en 1833, à l'École polytechnique, d'où il sortit en 1835 comme officier du génie, il devint lieutenant en premier au 3e régiment de cette arme, puis donna sa démission en 1839. Dès lors il fut tenu, comme son père, éloigné des fonctions publiques par la monarchie de Juillet. Très attaché à la famille Bonaparte, il n'aborda la scène politique qu'après l'avènement du prince Louis Napoléon à la présidence française.

Il fut, en 1849, nommé préfet de Seine-et-Oise, et prêta, comme tel, tout son concours au coup d'État du 2 décembre 1851. Il appartint notamment aux « commissions mixtes » de son département. Il passa de là au Conseil d'État, où il resta jusqu'en juin 1853. Promu alors sénateur, peu de temps avant la mort du duc de Padoue, son père, il fut un des porte-paroles attitrés du gouvernement impérial, et fit plusieurs fois partie de la commission de l'Adresse.

Vice-secrétaire du Sénat en 1856, secrétaire en 1857, il fut nommé ministre de l'Intérieur en mai 1859 : il occupait ce poste au moment de la deuxième guerre d'indépendance italienne. Il adressa alors aux préfets une circulaire ou il affirmait « son dévouement sans réserve à la dynastie ». Il ajoutait que cette dynastie était « la clef de voûte de l'édifice social », et recommandait aux préfets de s'attacher à prévenir et à dissiper les « préoccupations » que pourrait faire naître le départ de l'Empereur. Il contresigna les bulletins et les correspondances officielles de la campagne, ainsi que les décret d'amnistie du 15 août suivant, et fit remise des avertissements donnés aux journaux. Aux mois de novembre, il abandonna son portefeuille à Adolphe Billault, pour raisons de santé, et reçut, comme compensation, la Grand-croix de la Légion d'honneur.

À partir de ce moment, il continua de siéger au Sénat jusqu'au 4 septembre 1870, qui le rendit à la vie privée. Retiré dans le département de Seine-et-Oise, où il était conseiller général, il devint un des membres les plus militants du Comité de l'Appel au peuple (structure bonapartiste). Le gouvernement du 24 mai le nomma maire de la commune de Courson (où il possède le château). Il était en fonctions lorsqu'il alla haranguer, le 16 mars 1874, à Chislehurst, le Prince impérial, au nom des fidèles du parti ; il fut, de ce chef, suspendu par le préfet de Seine-et-Oise, M. Limbourg. Il est maire de Ris-Orangis du 1er octobre 1846 au 20 février 1848, ainsi que du 19 août 1848 au 14 février 1849, Gaëtan Fortunat Viaris ayant assuré l'intermède entre les deux mandats.

Après avoir vainement essayé, à deux reprises2, de se faire élire à l'Assemblée nationale en Seine-et-Oise, il se retourna vers les électeurs du département de la Corse, et le 20 février 1876, il fut élu3 député conservateur bonapartiste de l'arrondissement de Calvi : il avait réuni 2 535 voix sur 4 848 votants et 6 493 inscrits. Il siégea au groupe de l'appel au peuple, s'associa à l'acte du Seize-Mai, et soutint, avec la minorité, le ministère du duc de Broglie. Aux élections du 14 octobre 1877, la même circonscription le réélut4 à la Chambre ; il s'était présenté en même temps dans Seine-et-Oise ou il avait été battu par M. Carrey, un des 363. Dans la législature de 1877-1881, le duc de Padoue vota contre les divers ministères de gauche qui furent appelés aux affaires ; il se prononça contre l'amnistie, contre le retour du Parlement à Paris, contre l'article 7, contre l'application des lois existantes aux congrégations non autorisées, contre le l'établissement du divorce, etc...

Un assez grave incident fut soulevé à son sujet en juin 1880 devant la Chambre des députés ; accusé d'avoir profité d'une double inscription de domicile pour voter deux fois, à Paris et à Rambouillet, Il fut l'objet d'une demande de poursuites que l'Assemblée accorda. Mais le duc de Padoue bénéficia de l'amnistie du 14 juillet, et l'affaire n'eut pas de suites. Il mourut l'année suivante. Il repose au cimetière du Père-Lachaise à Paris (26e division) auprès de son épouse Marie Marguerite Bruat, décédée en 1928.

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article