Barrachin Edmond

Publié le par Mémoires de Guerre

Léon Martinaud-Déplat est un homme politique français, né à Lyon le 9 août 1899, décédé le 5 octobre 1969 à Paris. 

Barrachin Edmond
Barrachin Edmond
Barrachin Edmond

Barrachin Edmond Marcel le 4 novembre 1934, il fut élu député des Ardennes (circonscription de Sedan) à une élection partielle en remplacement d'Etienne Riché, décédé le 31 juillet : au scrutin de ballottage, il obtenait 6 740 suffrages sur 13 201 votants. Au Palais-Bourbon, il s'inscrivit au groupe de la gauche radicale et appartint aux commissions de l'enseignement et des beaux-arts, de l'hygiène, des régions libérées, du commerce et de l'industrie, de la marine militaire. Il déposa deux demandes d'interpellation, l'une sur le chômage dans la région de Montmédy-Sedan, l'autre sur les responsabilités encourues par le service de santé mili-taire dans le décès de deux soldats du contingent. Le 25 juin 1935, il intervint sur la demande de discussion immédiate de la proposition de résolution de Bracke, qui tendait à charger la Commission du suffrage universel d'élaborer dans la huitaine un projet de réforme électorale instituant, pour les élections législatives, le scrutin de liste avec représentation proportionnelle, juste, loyale sans prime ni panache. Dénonçant l'instabilité gouvernementale, il soulignait que la question mettait en jeu le destin même des insti-tutions parlementaires et, reprochant au scrutin d'arrondissement à deux tours de rapprocher des hommes que rien n'unit, sinon le désir de se faire élire, il s'écriait : "Si la nouvelle Chambre était élue contre quelque chose, et non pour quelque chose, si la majorité se révélait impuissante à soutenir un gouvernement, s'il fallait continuer à accepter cette formule des pleins pouvoirs et des vacances parlementaires perpétuelles, je ne suis pas sûr que le régime républicain pourrait continuer à vivre". Ainsi M. Barrachin attachait-il dès cette époque une importance primordiale au problème des institutions qui devait tenir, par la suite, une si grande place dans son activité publique.

Aux élections générales des 26 avril et 3 mai 1936, si, au premier tour, il réussit à distancer de quelque 2 500 voix son concurrent le plus favorisé, Gabriel Delattre, celui-ci l'emporta, au second avec 7 776 voix contre 6 228 à lui-même. Durant la période qui suit, M. Barrachin milite activement au Parti social français, dont il dirige le bureau politique du 9 octobre 1936 jusqu'à la guerre. Il collabore à plusieurs journaux antimarxistes édités sous l'égide de ce parti. Engagé volontaire en 1939, il est fait prisonnier, mais s'évade, réussit à quitter la France pour l'Afrique du Nord et s'enrôle dans des forces française libres. Sa brillante conduite lui vaut deux citations, dont une à l'ordre de l'armée, la médaille militaire, la croix de guerre 1939-1945 avec palme et la médaille des évadés. Le 2 juin 1946, tête de liste du parti républicain de la liberté (PRL) dans le 5e secteur de la Seine, il est élu membre de la deuxième Assemblée nationale constituante. Le 10 novembre de la même année, ses électeurs lui renouvellent leur confiance. Il est, à l'Assemblée nationale, vice-président du groupe du PRL. Devenu membre du conseil de direction du Rassemblement du peuple français (RPF), il préside l'intergroupe parlementaire de ce mouvement. C'est en tête d'une liste RPF, sur laquelle il est suivi de MM. Maurice-Bokanowski et Caillet qu'il est réélu, le 17 juin 1951, avec 28,5 % des suffrages exprimés. Il est vice-président du groupe RPF. Mais, en 1952, il soutient l'investiture de M. Pinay et, en désaccord avec le général de Gaulle, fonde le groupe d'Action républicaine et sociale (ARS), dont il est désigné comme président (juillet 1952). Il est ministre d'Etat chargé de la réforme constitutionnelle dans le cabinet Laniel (28 juin 1953-19 juin 1954). En octobre 1953, il a été élu secrétaire général du parti de l'ARS.

Aux élections du 2 janvier 1956, toujours dans le 5e secteur, il est, avec 12,3 % des suffrages exprimés, le seul élu de la liste d'union des Indépendants, ARS et républicains nationaux, dont il a pris la tête, avec agrément du Centre national des indépendants, paysans et ARS. Il s'inscrit au groupe des indépendants et paysans d'action sociale. Le 22 juillet 1958, il est désigné par la Commission du suffrage universel pour représenter l'Assemblée nationale au Comité consultatif constitutionnel chargé de préparer une nouvelle constitution. Aux élections au scrutin uninominal du 30 novembre 1958, il se présente dans la 35e circonscription de la Seine (Courbevoie - La Garenne - Colombes). Il arrive à peu près à égalité, au premier tour, avec le candidat communiste et le candidat UNR, mais, au second tour, celui-ci - le D. Edmond Pezé, conseiller général - emporte le siège avec plus de 7 000 voix d'avance. De 1946 à 1958, M. Barrachin a appartenu à plusieurs grandes commissions, dont celle du suffrage universel, qu'il présida plusieurs années. On aurait peine à trouver un débat sur l'organisation des pouvoirs publics et sur les institutions dans lequel il ne soit pas intervenu - et ces débats ont été nombreux, qu'il s'agisse de l'Assemblée de l'union française, de la loi électorale, des conseils généraux et municipaux, du renouvellement des assemblées législatives, de la dissolution de l'Assemblée nationale ou des réformes constitutionnelles. De même, il s'est constamment préoccupé du fonctionnement de l'Assemblée, de son règlement et de ses méthodes de travail. C'est sur son rapport que l'Assemblée décida l'installation d'un système de vote électronique. Il a déposé, sur tous ces sujets, nombre de propositions et de rapports.

Mais son activité n'a pas été moins grande en matière de politique générale. A maintes reprises, il demanda à interpeller le gouvernement, fut entendu sur ces demandes et participa à la discussion d'interpellations -les siennes ou d'autres. Il prit aussi la parole dans plusieurs débats sur l'investiture de présidents du conseil désignés et sur des questions de confiance. En matière sociale, il est intervenu principalement, par la parole ou par l'écrit, en faveur du relèvement du niveau de vie des économiquement faibles, du reclassement des ouvriers licenciés des entreprises de constructions aéronautiques, du relèvement des crédits destinés aux anciens combattants et victimes de guerre. Mentionnons encore, pour compléter le tableau d'une activité que nous ne saurions ici retracer en détail, d'importantes interventions en matière économique et financière et sur l'Afrique du Nord. Outre les fonctions que nous avons rappelées, M. Barrachin a rempli celles de secrétaire général adjoint de l'Institut de recherches économiques et politiques et de président du comité national d'études pour la réforme de la constitution. Le 26 avril 1959, il a été élu sénateur de la Seine avec 1 279 des 6 003 suffrages exprimés ; il s'est inscrit au groupe des Républicains indépendants.

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