Bellamy Paul
Paul Bellamy, né le 27 octobre 1866 à Brest et mort le 29 mars 1930 à Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques), est un avocat et
homme politique français, maire radical de Nantes (1910-1928) et député de la Loire-Inférieure (1924-1928). Paul Bellamy est le fils de Louis Edouard Bellamy (né en 1835) et de Pauline
Durand-Gasselin (1843-1919)2, fille d’Hyppolite Durand-Gasselin, architecte qui participa à la construction du passage Pommeraye. En 1870, les Bellamy s'installent à Nantes où Louis Edouard
occupe les fonctions de greffier en chef du tribunal civil de la ville. Paul est élève du lycée de Nantes, puis fait des études de droit, obtenant une licence et s'inscrivant comme avocat au
barreau nantais.
Le 3 décembre 1887, il épouse Louise Bouscasse, âgée de 21 ans, fille d'un professeur d'agriculture de l'Ecole de Grandjouan à Nozay, dont il aura trois enfants : Magdeleine, en 1888, Anne, en
1892 et Jean en 1896. En 1892, il devient à son tour greffier en chef du tribunal civil, fonction qu'il conserve durant ses mandats municipaux. Élu conseiller municipal de Nantes en mai 1908
(liste de concentration républicaine), il est premier adjoint dans la municipalité de Gabriel Guist'hau. Le 16 décembre 1910, celui-ci ayant démissionné suite à son entrée au gouvernement, Paul
Bellamy est élu maire de la ville par 33 voix contre 2 blancs. Après les élections des 5 et 12 mai 1912, il est réélu maire par 31 voix contre 4 blancs. Parmi ses adjoints, on peut noter les noms
de Gaston Veil, Adolphe Moitié et Léopold Cassegrain, qui resteront en place jusqu'en 1928, et des adjoints de Chantenay (Jean Danais) et de Doulon (Louis Millet).
La municipalité de 1912 est prorogée jusqu'à nouvel ordre par la loi du 15 avril 1916. Suite aux élections des 30 novembre et 7 décembre 1919, Paul Bellamy est réélu maire le 10 décembre (29
voix, 5 blancs) dans le cadre d'une municipalité d'Union nationale : parmi les adjoints se trouve Henri de La Tullaye, capitaine au long cours, représentant de la droite. Les élections suivantes
(3 et 10 mai 1925) ont lieu dans une situation très différente d'affrontement entre le Cartel des Gauches et la droite. La liste de Paul Bellamy l'emporte et il est réélu le 17 mai par 35 voix
sur 35 ; parmi les adjoints, se trouve maintenant le socialiste Ernest Dalby. Il est aussi conseiller général de 1910 à 1928.
Il est élu député de Loire-Inférieure en 1924 sur la liste du Cartel des Gauches en même temps qu'Aristide Briand (Cartel des Gauches) et Francis Merlant (Bloc national). Il s'inscrit au groupe
républicain socialiste et socialiste français de la Chambre des députés. Il est membre du parti républicain-socialiste. Comme Briand, il préconise une politique de paix avec l'Allemagne, mais
sans faiblesse. Il intervient sur les questions concernant les familles, la natalité, la politique fiscale et surtout la gestion des collectivités locales. Il a été président de l'Association des
maires de France de 1920 à 1927. La crise des années 1924-28 à Nantes
Durant cette période 1924-1928 du Cartel des Gauches, Nantes connaît une phase de luttes politiques assez violentes, notamment à l'occasion de l'inauguration du monument aux morts (14 juillet
1927) et de la statue La Délivrance, contre laquelle le journal catholique conservateur L'Echo de la Loire, suivie par Le Phare de la Loire, déclenche une campagne qui vise en fait Paul Bellamy
et Aristide Briand, ami du sculpteur Émile Oscar Guillaume, auteur de la statue. Celle-ci est renversée par un
groupe d'anciens combattants d'extrême-droite le 11 novembre 1927, parmi lesquels Henri de La Tullaye, ancien adjoint de Paul Bellamy.
Sévèrement battu aux élections législatives de 1928 (scrution uninominal) par Francis Merlant, Paul Bellamy abandonne la vie politique, estimant ne plus disposer de la légitimité nécessaire. Il
démissionne de ses fonctions municipales le 1er mai et les transmet à Gaston Veil le 10 mai. Il se retire au Pays basque à Cambo-les-Bains en 1929, pour tenter de soigner une tuberculose qui
l'emporte finalement l'année suivante. Son corps, rapatrié à Nantes, repose depuis au cimetière Miséricorde, dans le caveau familial des Durand-Gasselin situé au sein du cimetière protestant. Il
a été fait officier de la Légion d'honneur.