Kaouza Maurice
Alias : Gareau, Maurice Kaouza est né le 2 avril 1911 à Brimont (Marne) de parents commerçants. Après son baccalauréat, il intègre l'Ecole Normale d'Evreux en 1928. Il
passe le Brevet Supérieur d'Inspectorat de l'enseignement et, après son service militaire dans l'aviation (EOR à l'Ecole d'Avord), en 1931, il devient directeur d'école primaire supérieure à
Dakar (Sénégal). Mobilisé à Gao en 1939, il est démobilisé en août 1940 et va profiter de son voyage Gao-Dakar pour cristalliser la Résistance et lui donner forme.
Arrivé à Dakar le 18 août 1940, son activisme lui vaut trois jours de prison. Ensuite, il se met en rapport avec les différents éléments de la population et se rend en Gambie anglaise pour entrer
en liaison avec le général de Gaulle. Reçu par le gouverneur de la Gambie, il envoie au Général un télégramme
sur les possibilités d'insurrection de la ville de Dakar et reçoit en retour un message de remerciement et d'espoir.
De retour au Sénégal, il est arrêté après une périlleuse chasse à l'homme, puis relâché, ayant réussi à prouver qu'il était parti prospecter dans la région frontalière. Durant trois semaines, il
réussit à organiser des groupes et à distribuer des tracts. Surpris par les événements du 23 septembre 1940, il est incarcéré à Dakar, où le rejoignent bientôt Claude Hettier de Boislambert,
Antoine Bissagnet, le gouverneur Louveau et Fred Scamaroni.
En novembre 1940, il réalise avec Scamaroni une évasion en pleine brousse africaine mais ils sont tous deux rattrapés et ramenés à Dakar. Dirigé sur la France, il est condamné et interné pendant
deux ans à la prison de Clermont-Ferrand puis en Dordogne. Il réussit enfin à s'évader et à traverser les Pyrénées. Après encore six mois de prison en Espagne, à Miranda, Maurice Kaouza parvient
à rejoindre Londres où il est immédiatement affecté dans les Forces françaises libres.
Mis à la disposition du Préfet de la Corse lors du débarquement sur ce territoire en septembre 1943, il fait preuve, alors que les Allemands occupent encore l'île, d'une autorité et d'un esprit
d'initiative remarquables. Rappelé à Londres, il est nommé sous-préfet d'Avranches et, lors du débarquement de Normandie, continue à manifester les mêmes qualités, se signalant en particulier au
bombardement de Caen et à la libération des régions d'Avranches et de Mortain où les blindés allemands menacent de couper les routes stratégiques menant de Cherbourg à la Bretagne.
Il est ensuite chargé du contrôle des FFI, des FTP et des Milices Patriotiques ainsi que de la sécurité de la capitale au moment de la libération de Paris, faisant toujours preuve de belles
qualités de chef par son sang-froid, son courage et la précision de son commandement. Il termine la guerre avec le grade de capitaine de réserve. Maurice Kaouza est, en 1944, préfet de Police
adjoint à la Préfecture de Paris, puis, en novembre 1944, député à l'Assemblée consultative provisoire.
En 1945 et 1946, il est député du Soudan Niger à l'Assemblée constituante. De 1945 à 1959, il est conseiller général de la Seine et conseiller municipal de Paris et, de 1952 à 1958, conseiller de
l'Union française. En 1971, Maurice Kaouza est nommé préfet honoraire. Il est décédé le 28 septembre 1986 à Paris. Il est inhumé au cimetière de Passy, place du Trocadéro.