Mandouze André

Publié le par Roger Cousin

Mandouze André André Mandouze, né à Bordeaux le 10 juin 1916 et mort à Porto-Vecchio (Corse-du-Sud), le 5 juin 2006, à quelques jours de ses 90 ans, est un universitaire et journaliste catholique, militant de l'antifascisme et de l'anticolonialisme. Normalien, agrégé de lettres en 1937, il entre dans la clandestinité sous l'Occupation, noue des réseaux d'amitié judéo-chrétienne, se lie au dominicain Jean-Augustin Maydieu, l'un des fondateurs de l'hebdomadaire chrétien Sept (interdit en 1937 par le Vatican), et au jésuite Pierre Chaillet, avec qui il lance en 1942 les Cahiers du Témoignage Chrétien, dont il sera le premier rédacteur en chef.

En 1946, il devient professeur à l'université d'Alger. L'Algérie est pour lui la terre natale de Saint Augustin, à qui il consacrera sa thèse en Sorbonne. Proche du cardinal Duval, archevêque d'Alger, il milite pour l'indépendance de l'Algérie. Avec d'autres intellectuels catholiques comme François Mauriac, Louis Massignon, Henri Guillemin, Henri-Irénée Marrou (son maître en augustinisme), Pierre-Henri Simon, il continue de dire sa rage contre la torture, dans Le Monde, à France-Observateur, à Témoignage chrétien.

À partir de 1954, il s'engage activement auprès du FLN. Il est arrêté en novembre 1955 avec d'autres militants pro FLN, mais avec le soutien médiatique de Robert Barrat, François Mauriac et Jean-Marie Domenach, les inculpés sont rapidement relâchés. En 1963, à la demande d'Ahmed Ben Bella, il entreprend de réorganiser l'université algérienne (ou algéroise ?). Mais avec l'arrivée au pouvoir de Houari Boumédiène, il redevient professeur à l'université d'Alger puis rentre à Paris enseigner le latin à la Sorbonne. Il ne retournera en Algérie, mise à part une soirée commémorative organisée à l'automne 1970 par la Faculté des Lettres – à laquelle assistaient les poètes Philippe Soupault et Jean Senac – qu'en avril 2001 pour présider, avec le président Abdelaziz Bouteflika, un colloque sur saint Augustin, qui, pour lui, symbolise le lien entre africanité et universalité.

Pour ce chrétien, marié et père de sept enfants, l'insoumission était un acte de foi. Figure sous le pseudonyme de Dr. B dans l'ouvrage Le Déserteur de Maurienne (alias Jean-Louis Hurst), livre interdit lors de sa première publication en 1960 et réédité en 2005 par les éditions L'echappée.

Publié dans Résistants

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