Monteil Vincent-Mansour
Vincent Monteil est un orientaliste français, né le 27 mai 19131, mort à Paris le 27 février 2005). Il est le fils de Charles Monteil (1871-1949), receveur général des finances, qui lui transmit
son « amour de l'Afrique ». À sa sortie de Saint-Cyr, en 1935, Vincent Monteil opte pour le service des Affaires indigènes au Maroc. Cet officier méhariste quitte le Maroc en 1940, est emprisonné
quelque temps à Riom, puis regagne l'Afrique du Nord. Il participe à la campagne de Tunisie avec les goums marocains en 1943, puis il rejoint les Français libres et avec le 22e Bataillon de
marche nord-africain de la 1re DFL, il participe à la campagne de France. Gravement blessé en 1945, il regagne le Maroc au terme d'une longue convalescence.
En 1948, il est nommé observateur militaire en Palestine, puis attaché militaire à l'ambassade de France en Iran (1950-52). Il rejoint ensuite le bataillon français en Corée (1953), avant de
recevoir une affectation au Viêt Nam (1953-54), puis en Tunisie (1954) où il participe à la rédaction des accords d'indépendance. Il met un terme à sa carrière militaire pour se consacrer à ses
recherches sur le monde arabo-musulman. De 1959 à 1968, il travaille ainsi à l'IFAN (Institut français d'Afrique noire), avant d'être nommé conseiller culturel en Indonésie (1969), puis occuper
différents postes ou séjourner en Birmanie, Albanie, Japon, et finalement en Irlande.
Linguiste, ethnologue, humaniste, Vincent Monteil se situait la lignée des plus grands orientalistes français, tel Louis Massignon, auquel le liait une profonde amitié depuis 1938. Personnalité
complexe, Vincent Monteil s'est signalé par des prises de position abruptes, par exemple en faveur de la cause palestinienne, de Robert Faurisson ou de la révolution islamique en Iran. Cet
agnostique s'est converti à l'islam en 1977 à Nouakchott, accolant à son prénom de Vincent celui de Mansour.