Stavisky Alexandre

Publié le par Mémoires de Guerre

Serge Alexandre Stavisky, né à Slobodka dans l'Empire russe, dans la région de Kiev, le 20 novembre 1886 et mort à Chamonix le 8 janvier 1934 à 47 ans, est un escroqueur français d'origine polonaise dont le nom reste associé à l'affaire Stavisky.

Stavisky Alexandre

Carrière d'escroc

Il arrive en France avec sa famille à l'âge de 12 ans. Son père Emmanuel, russe juif, est chirurgien-dentiste à Paris, et gagne bien sa vie. Il fait ensuite une scolarité incomplète au lycée Condorcet, avant d'être naturalisé français en 1910. Séducteur et beau parleur (on le surnomme « le beau Sacha »), il devient rapidement un escroc professionnel. Dès sa jeunesse, il vole les prothèses en or de son père, pour les revendre à des receleurs du Marais. En 1912, il devient directeur estival des Folies Marigny grâce à son grand-père Abraham qui remarque que le théâtre n'ouvre que l'hiver, recrutant par petites annonces des concessionnaires (pour la publicité, la buvette) et leur demandant d'avancer la somme nécessaire pour faire démarrer l'entreprise. Il s'en va avec la caisse dès les premiers spectacles.

Alexandre Stavisky est impliqué dans plusieurs affaires de fraudes et délits (falsifications de chèques, ventes de produits qui n'existent pas, salles de jeux clandestines avec sa maîtresse Jane Darcy, trafic de drogue avec la Turquie, arnaques aux bons du trésor). Emmanuel Stavisky, incapable d'indemniser les victimes de son fils, se donne la mort. Il est arrêté en 1926 à Marly-le-Roi pour vol d'actions sur deux agents de change. Il a été dénoncé par son ancien compère, l'aventurier Jean Galmot. Il écope de dix-huit mois d'incarcération à la prison de la Santé. Mais il est vite libéré pour raisons de santé (ayant réussi là encore à duper son monde par un faux certificat médical établi par un médecin de complaisance) contre une caution de 50 000 francs, fin 1927. Son procès est constamment repoussé et n'a jamais lieu, ce qui alimente la rumeur des hautes protections dont il aurait pu bénéficier. 

Il épouse alors Arlette Simon, mannequin chez Chanel, se refait une respectabilité en emménageant à l'hôtel Claridge (74 avenue des Champs-Élysées) et ouvrant un commerce de joaillerie fantaisie. « Monsieur Alexandre » mène grande vie, devient propriétaire du Théâtre de l'Empire et investit dans des journaux politiques, fréquente les salons mondains et se forge de solides relations politiques. Les affaires de Stavisky prennent un essor spectaculaire avec les crédits municipaux qui fonctionnent selon un système de Ponzi. Il réussit à Orléans parvenant avec des complicités à émettre plus de 30 millions de bons, puis quand l'Inspection des finances s'en alerte, il se tourne vers le nouveau crédit municipal de Bayonne. Malgré ses appuis dans les milieux économiques et parmi les hommes politiques, il se compromet définitivement avec l’affaire des bons de Bayonne où il réussit à détourner, sous le nom de Serge Alexandre, plus de 200 millions de francs au détriment du Crédit municipal de Bayonne avec la complicité du député-maire de la ville, Joseph Garat.

Les malversations sont découvertes à la fin de l'année 1933. Stavisky est alors recherché. Il prend la fuite et la police le traque jusqu’à son chalet situé près de Chamonix, dit « le Vieux logis ». Lorsque les policiers entrent dans la résidence, le 8 janvier 1934, des coups de feu retentissent. Stavisky est trouvé mort, atteint de deux balles dans la tête. Il se serait suicidé, bien que cette hypothèse (qui a la faveur de l'historien Paul Jankowski) soit généralement rejetée du fait qu'il est presque impossible de se suicider en se tirant deux balles dans la tête. Cet événement sera extrêmement médiatisé. Les milieux de droite exploitent l'affaire afin de critiquer le gouvernement de Camille Chautemps, ce qui donne lieu à une crise politique majeure. Cette crise, désormais connue sous le nom d'affaire Stavisky, fait tomber le gouvernement et déclenche des émeutes. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (94e division).

Postérité

Sa femme Arlette émigre après la mort de son mari aux États-Unis avec sa fille Micheline (née en 1930). Elle y devient danseuse de revue. Après trois ans, elle revient en France et travaille comme couturière au 269 de la rue Saint-Honoré. En 1946, elle épouse un militaire américain, le capitaine Russel T. Cook, et le rejoint à Porto Rico à nouveau avec Micheline. Elle meurt en 1988. Leur fils Claude (1926-2006) fait de nombreux séjours en hôpital psychiatrique et poursuit une carrière de prestidigitateur. En 1995, il écrit un livre intitulé Stavisky était mon père. 

Le 8 février 1936, la veuve de l'escroc Alexandre Stavisky monte sur la scène d'un music-hall à New York. Mannequin lors de ses débuts, Arlette Stavisky a été impliquée dans les scandales financiers de son mari avant d'être acquittée le 17 janvier 1936.

Le 8 février 1936, la veuve de l'escroc Alexandre Stavisky monte sur la scène d'un music-hall à New York. Mannequin lors de ses débuts, Arlette Stavisky a été impliquée dans les scandales financiers de son mari avant d'être acquittée le 17 janvier 1936.

Il épouse alors Arlette Simon, mannequin chez Chanel, se refait une respectabilité en emménageant à l'hôtel Claridge (74 avenue des Champs-Élysées) et ouvrant un commerce de joaillerie fantaisie. « Monsieur Alexandre » mène grande vie, devient propriétaire du Théâtre de l'Empire et investit dans des journaux politiques, fréquente les salons mondains et se forge de solides relations politiques. Les affaires de Stavisky prennent un essor spectaculaire avec les crédits municipaux qui fonctionnent selon un système de Ponzi. Il réussit à Orléans parvenant avec des complicités à émettre plus de 30 millions de bons, puis quand l'Inspection des finances s'en alerte, il se tourne vers le nouveau crédit municipal de Bayonne. Malgré ses appuis dans les milieux économiques et parmi les hommes politiques, il se compromet définitivement avec l’affaire des bons de Bayonne où il réussit à détourner, sous le nom de Serge Alexandre, plus de 200 millions de francs au détriment du Crédit municipal de Bayonne avec la complicité du député-maire de la ville, Joseph Garat.

Les malversations sont découvertes à la fin de l'année 1933. Stavisky est alors recherché. Il prend la fuite et la police le traque jusqu’à son chalet situé près de Chamonix, dit « le Vieux logis ». Lorsque les policiers entrent dans la résidence, le 8 janvier 1934, des coups de feu retentissent. Stavisky est trouvé mort, atteint de deux balles dans la tête. Il se serait suicidé, bien que cette hypothèse (qui a la faveur de l'historien Paul Jankowski) soit généralement rejetée du fait qu'il est presque impossible de se suicider en se tirant deux balles dans la tête. Cet événement sera extrêmement médiatisé. Les milieux de droite exploitent l'affaire afin de critiquer le gouvernement de Camille Chautemps, ce qui donne lieu à une crise politique majeure. Cette crise, désormais connue sous le nom d'affaire Stavisky, fait tomber le gouvernement et déclenche des émeutes. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (94e division).

Postérité

Sa femme Arlette émigre après la mort de son mari aux États-Unis avec sa fille Micheline (née en 1930). Elle y devient danseuse de revue. Après trois ans, elle revient en France et travaille comme couturière au 269 de la rue Saint-Honoré. En 1946, elle épouse un militaire américain, le capitaine Russel T. Cook, et le rejoint à Porto Rico à nouveau avec Micheline. Elle meurt en 1988. Leur fils Claude (1926-2006) fait de nombreux séjours en hôpital psychiatrique et poursuit une carrière de prestidigitateur. En 1995, il écrit un livre intitulé Stavisky était mon père. 

Publié dans Banditisme

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