Beck Jozef

Publié le par Roger Cousin

Beck JozefJozef Beck, militaire et homme politique polonais (1894-1944). Il devient ministre des Affaires étrangères en 1932 dans le gouvernement présidé par le maréchal Józef Piłsudski et demeura à ce poste jusqu'en 1939. Sa famille est plutôt aisée. Sa famille paternelle était d'origine flamande (bien qu'installée depuis très longtemps en Pologne), sa mère était originaire de la région de Cholm. Son père était juriste et avait été persécuté par le régime tsariste en raison de son activisme politique indépendantiste. Joseph né à Varsovie le 4 octobre 1894, puis suit son père en exil à Riga jusqu'en 1900 où la famille fuit en Autriche-Hongrie en Galicie occidentale à Limanowa. Jeune homme il part faire ses études à Cracovie, rentrant chez lui seulement pour les vacances. D'abord intéressé par la mécanique il intègre l'école polytechnique de Lvov pendant un an puis mû par une plus grande ambition il choisit l'Exportakademie de Vienne. Il finit ses études en 1914 année du commencement de la guerre.

Il s'engage alors dans les Légions de Pilsudski, armée polonaise soutenue par l'empire austro-hongrois et animé par Pilsudski. Beck en tant qu'officier se distingue et obtiendra plus tard la croix Virtuti Militari. Les Légions furent dissoutes en juillet 1917 et Pilsudski arrêté par les Allemands à cause de leur refus de prêter allégeance à Guillaume II et Charles et de se battre sur un autre front que le front polonais. Beck est alors comme officier particulièrement engagé et marqué comme "politiquement suspect" par l'empire austro-hongrois, il est dégradé et intégré à une unité hongroise. Pilsudski avait créé une organisation clandestine sur les terres de Pologne occupées par les Russes, les Allemands et les Autrichiens, l'Organisation Militaire Polonaise (POW). Beck s'y engage. Le réseau est soutenue par l'Eglise catholique et Beck peut se réfugier chez les curés. Il est chargé d'exfiltrer les soldats polonais membres de l'armée rouge. Il se fait alors passer pour un colonel bolchévik jusqu'au jour où à Orel il est démasqué par la Tchéka.

Le 11 novembre 1918 il regagne Cholm et réintègre l'armée sous les ordres du général Rydz-Smigly. La partie orientale de la Pologne restée sous domination soviétique est attaquée par surprise par Pilsudski au printemps 1919 (région de BRest-Litovsk). Après avoir atteint la Bérézina et être largement entré en Ukraine l'armée polonaise subit un grave revers qui la conduit à défendre Varsovie à l'été 1920. Beck commandait une unité d'artillerie à cheval en Volhynie. Au cours de la progression de l'armée rouge, Beck intègre l'entourage immédiat de Pilsudski. Le maréchal décide alors de le consacrer aux relations extérieures : il est envoyé à Bucarest, Budapest, Bruxelles, puis étant donné ses qualités il est nommé attaché militaire à Paris (le principal allié de la Pologne) de janvier 1922 (après la convention militaire franco-polonaise de 1921) à l'automne 1923.

Sans une très grande marge de manœuvre, Józef Beck s'efforce de maintenir des relations normales avec Hitler. La Pologne est alors confrontée aux volontés expansionnistes de l'Allemagne. Il chercha à obtenir l'appui de la France et de la Grande-Bretagne pour sauvegarder l'indépendance de son pays et écarter les menaces pesant sur lui. Après l'invasion de la Pologne par les troupes allemandes qui déclenche la Seconde Guerre mondiale en septembre 1939, les officiels polonais fuient le pays et parviennent à gagner la Hongrie et la Roumanie où il est interné par les autorité. C'est alors qu'il rédige ses mémoires : Ostatni raport1 (Rapport final). Il meurt à Stanesti, en Roumanie, le 5 juin 1944 à l'âge de 50 ans, probablement victime de la tuberculose. Ses restes ont été transférés au cimetière de Powązki à Varsovie en 1991.

Il fut considéré comme un homme d'État intransigeant. La Grande-Bretagne critiqua son refus de laisser l'Armée rouge prendre pied en territoire polonais afin de faire une démonstration de force contre l'Allemagne. Beck était d'avis qu'une fois installés sur sol polonais, les Soviétiques y resteraient durablement.


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