Orban Viktor

Publié le par Mémoires de Guerre

Viktor Orbán né le 31 mai 1963 à Székesfehérvár, est un homme politique hongrois, membre et président de la Fidesz-Union civique hongroise (Fidesz-MPSz).

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Fondateur de la Fidesz, étant l'un des meneurs de l'opposition au régime communiste à la fin des années 1980, il fait de son parti d'obédience libérale une formation conservatrice, en 1995. Après la victoire de son parti lors des élections législatives de 1998, il est investi Premier ministre. En 2002, puis en 2006, la Fidesz est battue lors des élections parlementaires, et Viktor Orbán mène l'opposition au gouvernement socialiste. Celui-ci se trouvant discrédité face aux difficultés économiques rencontrées par le pays, la Fidesz, conduite par Orbán, remporte largement les élections législatives de 2010, les deux-tiers des sièges à l'Assemblée étant acquis au parti conservateur. Investi Premier ministre, Viktor Orbán assume une politique plus conservatrice que durant son premier mandat. Viktor Orbán est le fils de Győző Orbán, ingénieur agronome, et de Erzsébet Sípos, orthophoniste. En 1977, la famille Orbán déménage à Székesfehérvár, dans le comitat de Fejér, où le jeune Viktor termine ses études secondaires, spécialisées en anglais, après lesquelles il entreprend d'étudier le droit à l'université Loránd Eötvös, à Budapest. Il y fonde, en 1984, le journal de sciences sociales Századvég, dont il est l'un des correcteurs. C'est en 1987 que Viktor Orbán sort diplômé en droit de l'université ; il obtient une bourse d'étude de la Fondation Soros, grâce à laquelle il part étudier l'histoire de la philosophie libérale britannique au Pembroke College de l'université d'Oxford, entre 1989 et 1990.

Le 30 mars 1988, âgé de vingt-quatre ans, Viktor Orbán participe à la fondation de l'Alliance des jeunes démocrates (Fidesz), et prononce l'année suivante un discours appelant à la tenue d'élections libres et au départ des troupes soviétiques déployées dans le pays, à l'occasion de cérémonie de « réenterrement » d'Imre Nagy et des autres martyrs de la révolution hongroise de 1956, célébrée sur la place des Héros de Budapest. « en fait c'est alors, en 1956, que le Parti socialiste ouvrier hongrois nous a privés de notre futur nous, les jeunes d'aujourd'hui. Dans le sixième cercueil [vide, qui représente les martyrs inconnus de 1956], il n'y a donc pas seulement un jeune assassiné, mais il y repose aussi vingt, ou qui sait combien, de nos années suivantes. » Peu après, il participe à la délégation de l'opposition à la table ronde des négociations avec le pouvoir communiste. Élu député à l'Assemblée nationale de Hongrie lors des élections législatives de 1990, le premier scrutin post-communiste hongrois, il devient, en 1992, vice-président de l'Internationale libérale, lors du congrès de Mayence. En 1993, il prend la présidence de la Fidesz, qu'il rebaptise l'Alliance des jeunes démocrates-Parti civique hongrois (Fidesz-MPP), en 1995. Le parti délaisse alors son obédience sociale-libérale pour assumer un programme davantage conservateur. Viktor Orbán conserve son siège à l'Assemblée suite au scrutin de 1994, au cours duquel il parvient à faire de son parti la seconde force politique du pays, après le Parti socialiste hongrois (MSzP).

Lors des élections du 24 mai 1998, la Fidesz-Union civique hongroise obtient 148 députés sur 386, devenant ainsi le premier parti de Hongrie. Après avoir formé une coalition gouvernementale, comptant 213 élus, avec le Parti civique des petits propriétaires indépendants et des travailleurs agraires (FKgP) et le Forum démocrate hongrois (MDF), Viktor Orbán, âgé de 35 ans, est investi Premier ministre le 6 juillet, sur la proposition du président de la République, Árpád Göncz. Il mène alors une politique économique consistant à faire baisser la fiscalité, les cotisations sociales, le chômage et l'inflation, tout en poursuivant la réduction du déficit budgétaire entamée par la coalition de centre-gauche de Gyula Horn. Il a en outre lancé une importante réforme de l'administration publique, créant un macroministère de l'Économie, démettant de leurs fonctions les membres des comités directeurs du Fonds de sécurité sociale et de l'Agence centrale de paiements de la sécurité sociale et renvoyant des milliers de fonctionnaires. Au niveau diplomatique, ce premier mandat est marqué par l'adhésion de la Hongrie à l'OTAN en 1999, sans que le pays ne participe à la guerre du Kosovo.

Les institutions sont également réformées, puisque le Premier ministre parvient à faire instaurer un système de motion de censure constructive, sans, en revanche, remanier le seuil de la majorité qualifiée chaque fois que celle-ci était requise ; le dessein du gouvernement fut l'abaissement du minimum de deux-tiers des députés à la majorité simple de l'Assemblée, ce qui fut déclaré contraire à la Constitution par la Cour constitutionnelle. Sa politique économique s'est en revanche révélée efficace, l'inflation passant de 15 % en 1998 à moins de 8 % en 2001, tandis que la croissance économique flottait aux environs et au-dessus de 4 % du produit intérieur brut (PIB), et que le déficit public passait sous la barre des 4 % du PIB. Il a en outre fait adopter une loi accordant d'importants droits aux minorités magyares (trois millions de personnes) disséminées dans les pays voisins, ce qui a provoqué les critiques des pays concernés. Du fait de ces bons résultats, la Fidesz-Union civique hongroise, coalisée avec le Forum démocrate hongrois (MDF), arrive en tête des législatives d'avril 2002 avec 188 députés, soit dix de plus que le MSzP de Peter Medgyessy. Cependant, ce dernier s'allie avec l'Alliance des démocrates libres (SzDsZ), seul autre parti représenté à l'Assemblée nationale de Hongrie avec 20 élus, et Viktor Orbán se voit obligé de renoncer au pouvoir le 27 mai suivant.

Quatre ans plus tard, il conduit à nouveau sa formation aux élections législatives, cette fois-ci en coalition avec le Parti populaire démocrate-chrétien (KDNP), mais il est devancé par le MSzP du nouveau Premier ministre, en place depuis 2004, Ferenc Gyurcsány. Son avenir à la tête du parti est remis en question, mais le plan de rigueur budgétaire drastique imposé par le gouvernement et la diffusion de propos du chef du gouvernement révélant ses mensonges lors de la campagne de 2006, confirment son statut de chef de l'opposition. À l'occasion des élections européennes de 2009, son parti remporte 56,3 % des voix et 14 des 22 sièges à pourvoir au Parlement européen. Chef de file de la Fidesz-Union civique hongroise, toujours coalisée avec le KNDP, pour la cinquième fois à l'occasion des législatives de 2010, il obtient 52 % des voix et acquiert 263 sièges sur 386, alors que la majorité qualifiée des deux tiers est de 258 élus. Le 29 mai, Viktor Orbán redevient Premier ministre, étant le premier à l'occuper deux fois de façon non-consécutive. Il fait alors adopter un amendement constitutionnel relatif à la double nationalité pour les minorités magyares situées hors du territoire national. À la fin de l'année, il fait adopter une loi sur le contrôle des médias, très critiquée au sein de plusieurs pays de l'Union européenne et même par l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), juste avant que son pays ne prenne, pour six mois, la présidence du Conseil de l'Union européenne. Finalement, il accepte, au début du mois de février et sous pression de la Commission européenne, d'amender la loi afin d'en modifier ou supprimer les éléments les plus controversés, un accord jugé insuffisant par le quotidien de centre-gauche Népszabadság, qui avait saisi la Cour constitutionnelle le 10 janvier pour faire annuler la loi.

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Le 25 avril 2011, l'Assemblée nationale adopte, avec les seules voix de la Fidesz qui détient les deux tiers des sièges, une nouvelle Constitution, la Loi fondamentale de la Hongrie, très conservatrice, rejetée aussi bien par le Parti socialiste hongrois que par le Jobbik, d'extrême-droite, et qui crée la controverse dans d'autres pays d'Europe, notamment à cause des références aux racines chrétiennes, à « l'histoire millénaire » du pays, à l'affirmation du mariage entre un homme et une femme et à la protection de la vie dès son commencement - ce qui pourrait conduire à la remise en cause de l'interruption volontaire de grossesse - ou encore à l'octroi de la nationalité aux Hongrois citoyens des pays voisins. Le taux d'imposition sur les revenus est fixé à 16 % et est également inscrit dans la nouvelle constitution. Au niveau institutionnel, la banque centrale se voit accorder un droit de veto sur le budget de l'État et le président obtient le pouvoir de dissoudre l'Assemblée dans cette hypothèse, tandis que certaines réformes sociales et fiscales ne pourront se faire qu'à la majorité des deux tiers du Parlement et que plusieurs médiateurs sont supprimés. La Constitution rend rétroactivement responsables les actuels dirigeants du Parti socialiste hongrois, issu de l'ancien Parti communiste, des « crimes commis sous le régime communiste jusqu'en 1989 ».

M. Orbán a, d'après le journal de gauche allemand Die Tageszeitung, proposé de faire appel à des policiers à la retraite pour surveiller les allocataires d'aides sociale ou de chômage lorsque ces derniers effectueront les travaux d'intérêt général, que la loi impose dès septembre 2011 pour continuer d'en bénéficier et qui sont qualifiés de « camps de travail » par plusieurs observateurs affirmant aussi que ce sont notamment les Roms qui sont visés. Une autre mesure prise par le gouvernement de Viktor Orbán consiste à imposer aux diabétiques des contrôles de leur régime alimentaire avec refus d'accès aux médicaments les plus efficaces pour ceux ayant commis des dépassements. Viktor Orbán prend également d’autres mesures : « réduction de 5 % du nombre de fonctionnaires, réduction à 8 du nombre de ministères, division par deux du nombre de députés, interdiction faite aux ministres de verser des primes aux hauts fonctionnaires tant que le budget du pays est en déficit, rejet des conditions du FMI et, […] réduction des déficits publics en dessous des fameux 3 % du PIB », et ce, par des taxes sur les grandes entreprises. Un sondage réalisé courant janvier 2013 lui promet 48 % du soutien des votants, contre 18 % aux socialistes, 15 % aux nationalistes du parti Jobbik et 12 % à l'alliance de gauche Ensemble 2014.

Viktor Orban, lors d'une session parlementaire le 11 mars 2013, fait adopter une nouvelle modification de la Constitution. La modification controversée passe sans problème au Parlement, où le parti au pouvoir Fidesz détient une majorité des deux-tiers. La modification constitutionnelle recueille 265 voix pour, 11 contre et 35 abstentions. Les socialistes, le plus grand parti d'opposition, ont boycotté le vote alors que le petit parti vert LMP a demandé aux députés de la Fidesz jusqu'au dernier moment de voter « Non ». Les modifications approuvées par le Parlement hongrois « soulèvent des préoccupations en ce qui concerne le principe de la primauté du droit, le droit de l'UE et les normes du Conseil de l'Europe », ont écrit José Manuel Barroso et Thorbjorn Jagland, respectivement président de la Commission européenne et secrétaire général du Conseil de l'Europe, dans un communiqué diffusé à Bruxelles. L'amendement retire à la Cour constitutionnelle une grande partie de ses pouvoirs : elle l'empêche de statuer sur le fond et de se référer à sa jurisprudence d'avant l'entrée en vigueur de la nouvelle Constitution le 1er janvier 2012. Il réintroduit par ailleurs plusieurs dispositions annulées par la Cour, comme la possibilité d'expulser les SDF des lieux publics, ou une définition restrictive de la famille selon laquelle « le lien familial est basé sur le mariage ou sur la relation parent-enfant ». Il s'agit de la quatrième modification à cette Constitution, entrée en vigueur il y a quatorze mois seulement et dont Viktor Orbán avait alors assuré qu'elle était « gravée dans le granit ».

En novembre 2013, le gouvernement Orban fait passer plusieurs lois au Parlement, instaurant notamment la détention provisoire illimitée (réagissant en cela à un fait divers où un gang soupçonné de meurtres avait été placé en résidence surveillée après que l'instruction avait dépassé la limite légale d'incarcération, puis s'était échappé). Les élections législatives d'avril 2014 se traduisent par une large victoire du Fidesz qui est assuré de conserver sa majorité des deux tiers au Parlement et plébiscitent la politique menée par Viktor Orbán. En juillet 2014, Viktor Orbán déclare à Băile Tușnad (en hongrois Tusnádfürdő) que la Hongrie veut construire « une société basée sur le travail qui assume […] ne pas être de nature libérale », « un État illibéral (en) (illiberális) et non pas un État libéral, sans renier les valeurs fondamentales du libéralisme comme la liberté ». Il justifie cela par le fait que « l'État hongrois libéral n'a pas protégé le pays de l'endettement, n'a pas protégé les familles de l'esclavage de la dette », et que « le thème à succès aujourd'hui dans la réflexion politique est de comprendre les systèmes qui ne sont pas occidentaux, pas libéraux, pas des démocraties libérales, peut-être même pas des démocraties, et qui apportent quand même le succès à leurs nations, […] Singapour, la Chine, l'Inde, la Russie, la Turquie ». Ces déclarations sont considérées comme inquiétantes par la presse internationale. Il est marié avec la juriste Anikó Lévai, avec qui il a eu cinq enfants (Ráhel, Gáspár, Sára, Róza et Flóra), et est de confession calviniste.

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