Vseukrainske ob'iednannia (Svoboda)

Publié le par Mémoires de Guerre

Svoboda, officiellement dénommé Union panukrainienne « Liberté » (Всеукраїнське об’єднання «Свобода», Vseukrainske ob'iednannia « Svoboda ») est un parti ukrainien nationaliste, classé à droite, voire à l'extrême droite, fondé en 1991 sous le nom de Parti social-national d'Ukraine (Соціал-Національна партія України - СНПУ). Le changement de nom s'est fait en 2004 avec l'arrivée d'Oleh Tyahnybok à la tête du parti. Ce dernier, dans une volonté de dédiabolisation, a également changé le symbole du parti, abandonnant ainsi le Wolfsangel. Malgré cela, des membres du parti continuent d'arborer ce symbole lors de manifestations. Oleh Tyahnybok a eu des remarques russophobes, polonophobes, racistes, antisémites et homophobes par le passé. Depuis qu'il joue un rôle important dans la vie politique ukrainienne et fait partie de la coalition responsable de la destitution du président Viktor Ianoukovytch, le parti supprime des passages antisémites de son programme et s'applique à éviter des déclarations trop extrêmes afin d'améliorer son image auprès d'un plus large public. 

Vseukrainske ob'iednannia (Svoboda)

Historique

L'origine de ce parti remonte à la création à Lviv, le 13 octobre 1991, du Parti social-national d'Ukraine (ukrainien : Соціал-національна партія України), cofondé par Oleh Tyahnybok et Andriy Paroubiy. Le parti s'enregistre officiellement le 16 octobre 1995. Le 12 décembre 1999, lors du premier congrès de l'organisation paramilitaire Patriotes d'Ukraine, le parti intègre cette dernière en son sein en tant qu' « association de support » de l'armée ukrainienne. Dissoute en 2004, elle est recréée en 2005. Le parti est renommé « Union panukrainienne « Liberté » » avec l'arrivée à sa tête d'Oleh Tyahnybok, en février 2004. Dans une optique de respectabilité, ce dernier décide également d'abandonner le Wolfsangel au profit d'un symbole évoquant le trident ukrainien. De même c'est à cette époque qu'il annonce « dissoudre » l'organisation Patriotes d'Ukraine. Il se distingue néanmoins par ses appels à la lutte armée « contre les Moskali [Moscovites] et les youpins ». Il fait également partie des meneurs de la révolution orange.

Svoboda a officiellement rompu son association avec les Patriotes d'Ukraine en 2007 en annonçant que si Oleh Tyahnybok et le parti social national étaient liés à l’organisation, leurs buts étaient désormais différents, ceux-ci restent informellement liés. Pour autant, le parti continue de se réclamer de l'Organisation des nationalistes ukrainiens, dont la branche armée, l'armée insurrectionnelle ukrainienne, collabora activement avec les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale et massacra les juifs de Galicie. En 2009, le parti a signé un accord de coopération avec le Front national. Le parti a été membre du Front national européen et observateur au sein de l'Alliance européenne des mouvements nationaux entre 2009 et 2014. De même, l’organisation a souvent été pointée du doigt pour la glorification du passé collaborationniste d'une partie du peuple ukrainien avec l'Allemagne nazie et pour avoir organisé la célébration en 2013 du 70e anniversaire de la création de la division SS Halychyna, qui a combattu dans les rangs des Allemands lors de la bataille de Brody en 1944.

Le 12 mai 2011, le conseil de l'oblast de Louhansk demande au président ukrainien, Viktor Ianoukovytch, de bannir ce parti, en tant qu'organisation extrémiste, et notamment en raison de l'organisation d'émeutes le 9 mail à Lviv lors de la célébration du 66e anniversaire de la victoire sur l'Allemagne nazie, montrant, enregistrement à l'appui, les agissements de ses membres. Alors que le parti n'avait recueilli que 1,43 % des voix aux élections présidentielles de 2010, il obtient plus de 10 % des suffrages lors des élections législatives de 2012, remportant 37 sièges. En automne 2011, le parti avait organisé un défilé contre l'arrivée massive de juifs hassidiques, qui effectuent chaque année en Ukraine un pèlerinage sur la tombe d'un célèbre rabbin; et par la suite il s'est opposé à l'organisation d'une Gay Pride à Kiev. L'ambassadeur d’Israël en Ukraine, Reuven Din El, s'est notamment inquiété des propos antisémites tenus par Oleh Tyahnybok, dirigeant de Svoboda. En 2012, Svoboda proteste contre la sélection de Gaitana, une chanteuse de mère ukrainienne et de père congolais comme représentante de l'Ukraine pour le concours de chansons de l'Eurovision28. Le porte-parole du parti, Yuri Syrotiuk déclare dans le Kyiv Post du 21 février 2012 « L’Ukraine sera représentée par une personne qui n’est pas de notre race (…) Elle n'est pas une représentante organique de notre culture. Les téléspectateurs vont finir par croire que notre pays se trouve sur un autre continent, quelque part en Afrique ».

Le 14 décembre 2013, lors de sa visite de soutien aux manifestants de la place de l'Indépendance, John McCain, sénateur américain du parti Républicain, rencontre le chef de ce parti Oleh Tyahnybok en même temps que d'autres opposants au gouvernement ukrainien comme Vitali Klitschko et Arseni Iatseniouk. Le parti participe à l'Euromaïdan, mouvement qui aboutit à la destitution de Viktor Yanoukovitch. Durant ces évènements, le journal Haaretz rapporte que Secteur droit et Svoboda auraient distribué des traductions récentes de Mein Kampf et des Protocoles des Sages de Sion sur la place Maïdan et fait état de sa préoccupation quant à la présence importante de membres de ces deux mouvements ultra-nationalistes parmi les manifestants. Un journaliste raconte que « sur la place de l’Indépendance, ils ont réussi à tenir face aux forces de l’ordre et à en tuer une dizaine. Et entre 200 et 300 d’entre eux ont réussi à prendre d’assaut le Parlement et le siège du Parti des régions pendant quelques instants ». Le gouvernement Iatseniouk nommé le 26 février 2014 est composé de plusieurs personnalités du parti à l'image d'Oleksandr Sytch, Vice-Premier ministre, d'Andri Mokhnyk, ministre de l'Écologie et des Ressources naturelles, d'Ihor Chvaïka, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, et d'Oleh Makhnitsky, procureur général. Ihor Tenioukh en faisait également partie en tant que ministre de la Défense avant d'être remplacé par Mykhaïlo Koval.

Néanmoins, à l'élection présidentielle ukrainienne de 2014, Oleh Tyahnybok, candidat investi par le parti, n'obtient que 1,16 % des suffrages, score encore plus faible qu'en 2010. Lors des élections législatives suivantes de 2014, le parti n'atteint pas le seuil de 5 % (4,7 %) mais obtient néanmoins l'élection de six députés dans les circonscriptions. Le 31 août 2015, devant la Rada, alors que les députés planchent sur une réforme constitutionnelle visant à donner plus d’autonomie aux territoires séparatistes prorusses, des centaines de manifestants d’extrême droite, notamment du parti Svoboda, affrontent la police pendant plusieurs heures. Trois policiers sont tués dont un par le jet d'une grenade et une centaine d’autres policiers et plusieurs journalistes sont blessés. Arseni Iatseniouk a déclaré que les agissement de l’extrême-droite, « sous couvert de patriotisme », étaient « pires » que ceux des séparatistes. Quant au ministre de l'Intérieur Arsen Avakov, il qualifie le parti « Svoboda » de « parti du terrorisme ». Pour Amnesty International, les actions de Svoboda « sont le résultat de l’impunité qui règne en Ukraine. Ni les tueries de Maïdan, ni les crimes de guerre, ni les attaques contre la communauté LGBT n’ont été punis par les autorités. Le signal envoyé est que la violence est tolérée ». En vue de l'élection présidentielle de 2019, le président du parti, Oleh Tyahnybok, renonce à se présenter une nouvelle fois et annonce que Svoboda présente la candidature de son vice-président, Rouslan Kochoulynsky. Celui-ci reçoit le soutien de l’Organisation des nationalistes ukrainiens, de Secteur droit, du Congrès des nationalistes ukrainiens et du C14, mais doit faire face à la concurrence d’Andri Biletsky (Corps national). 

Membres importants

  • Oleh Tyahnybok - Président, cofondateur du parti et membre du conseil régional de Lviv.
  • Andry Parouby - Cofondateur du Parti social-national d'Ukraine à l'origine de Svoboda, membre du conseil régional de Lviv, ancien secrétaire de Conseil de sécurité nationale et de la défense d'Ukraine et membre du bureau militaire du Front populaire.
  • Ihor Tenioukh - Ministre de la Défense du gouvernement Iatseniouk I du 27 février 2014 au 25 mars 2014.
  • Ihor Chvaïka - Ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation du gouvernement Iatseniouk I jusqu'au 12 novembre 2014.
  • Andri Mokhnyk - Ministre de l'Écologie et des Ressources naturelles du gouvernement Iatseniouk I jusqu'au 2 décembre 2014.
  • Oleksandr Sytch - Vice-Premier ministre du gouvernement Iatseniouk I jusqu'au 2 décembre 2014.
  • Rouslan Kochoulynsky - Vice-président de la Rada (2012-2014), membre du conseil régional de Lviv, vice-président du parti, candidat à l'élection présidentielle de 2019. 
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