Maréchal-Le Pen Marion

Publié le par Roger Cousin

Marion Maréchal-Le Pen, née le 10 décembre 1989 à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), est une femme politique française.

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Elle adhère en 2008 au Front national, dont le fondateur, Jean-Marie Le Pen, est son grand-père et dont l'actuelle présidente, Marine Le Pen, est sa tante. Elle est élue députée de la troisième circonscription de Vaucluse le 17 juin 2012, devenant à 22 ans la plus jeune députée de l'histoire de la République française. Marion Maréchal-Le Pen est la fille de Samuel Maréchal et de Yann Le Pen, qui ont divorcé en 2007. Elle porte, à titre d'usage, le nom de famille de son père, suivi de celui de sa mère. Samuel Maréchal n'est pas le père biologique de Marion Maréchal-Le Pen, puisqu'il a reconnu cette dernière comme sa fille après avoir rencontré Yann Le Pen. Entre-temps, Marion Maréchal-Le Pen a été élevée par sa mère, aidée par sa tante, Marine Le Pen. L'Express révèle, en 2013, que le journaliste et diplomate Roger Auque est le père biologique de Marion Maréchal-Le Pen ; celle-ci porte plainte contre le magazine pour atteinte à la vie privée. Le 8 septembre 2014, Roger Auque décède à l'âge de 58 ans, des suites d'un cancer. Dans ses mémoires posthumes, Au service secret de la République, il confirme être le père biologique de Marion Maréchal-Le Pen, qui ne l'aurait rencontré qu'en 2002. Depuis cet épisode, Roger Auque écrit n'avoir cessé de voir sa fille et d'avoir joué un rôle de conseiller dans sa vie, comme « un parrain plutôt qu'un père ».

Plus notablement, elle est la petite-fille de l'homme politique français Jean-Marie Le Pen, fondateur et ancien président du Front national, et la nièce de Marine Le Pen, qui a succédé à Jean-Marie Le Pen à la tête du parti. En 1992, à l'âge de deux ans, Marion pose dans les bras de son grand-père sur une affiche officielle de sa campagne régionale en Provence-Alpes-Côte d'Azur. En 2012, elle obtient son master 1 de droit public à l'université Panthéon-Assas. Elle abandonne ensuite ses études pour se consacrer pleinement à sa fonction de députée. Elle se marie, le 29 juillet 2014, à la mairie de Saint-Cloud, avec Matthieu Decosse, âgé de 30 ans, chef d'entreprise dans l'événementiel. Le 3 septembre suivant, elle accouche d'une fille, prénommée Olympe. Elle est catholique pratiquante. Elle est d'abord proche de « certains milieux de jeunes UMP », s'affirmant « séduite par le personnage de Nicolas Sarkozy ». En 2008, après avoir été déçue par celui-ci, elle adhère au Front national. Elle entre en politique lors de l'élection municipale du 9 mars 2008 à Saint-Cloud, en se présentant sur la liste FN, qui obtient 6,3 % des voix.

Lors des élections régionales de 2010, Marion Maréchal-Le Pen figure en deuxième position sur la liste du Front national dans les Yvelines. Elle explique alors y « faire ses classes » et se déclare, à l'époque, proche de sa tante Marine Le Pen, qui n'est pas encore à la tête du Front national. La liste menée en région Île-de-France par Marie-Christine Arnautu obtient 8,83 % des suffrages au premier tour. Lors des élections législatives françaises de 2012, elle se présente dans la troisième circonscription de Vaucluse. Son grand-père, Jean-Marie Le Pen, a vivement souhaité sa candidature car il jugeait que la circonscription était gagnable et qu'il fallait « marquer le coup pour effacer l'affaire Carpentras », dans laquelle le FN avait été indirectement accusé. Celui-ci a d'abord essuyé le refus de sa petite-fille, avant que Samuel Maréchal ne s'entretienne avec lui et qu'elle n'accepte. Le 10 juin 2012, elle arrive en tête du premier tour avec 34,65 % des suffrages exprimés, en ballottage avec le député sortant Jean-Michel Ferrand (30,03 %) et la socialiste Catherine Arkilovitch (21,98 %). Cette dernière se maintient en dépit de la consigne du Parti socialiste. Le 17 juin, au second tour, Marion Maréchal-Le Pen est élue députée de la troisième circonscription de Vaucluse, avec 42,09 % des voix, dans une triangulaire face aux candidats de l'UMP (35,82 %) et du PS (22,08 %). Son suppléant est Hervé de Lépinau, vice-président de la Ligue du Sud. Elle est alors la seule élue à l'Assemblée nationale qui soit membre du Front national.

Son élection et l'abaissement de l'âge requis pour se présenter de 23 à 18 ans en 2011 lui permettent de devenir, à 22 ans, la plus jeune députée de l'histoire de la République française. Le 26 juin 2012, lors de l'élection du président de l'Assemblée nationale, elle est secrétaire de séance en tant que benjamine des députés. À l'Assemblée nationale, elle siège en tant que députée non-inscrite. Elle est membre de la commission des Affaires culturelles et de l'Éducation. Son assistant parlementaire spécialisé dans les médias et la communication est un ancien membre du « directoire » du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (GRECE), ancien journaliste au mensuel Le Choc du mois et ancien militant RPR puis UMP ainsi que dans « des petites chapelles d'extrême droite » d'après Le Monde ; il travaille également auprès d'Aymeric Chauprade. Ses deux autres assistants parlementaires sont Rémy Rayé (Carpentras) ; Victoria Dufour, ancienne trésorière du Groupe union défense à Lyon, a également été son assistante durant la première année de son mandat. Elle a confié sa communication à une entreprise lyonnaise, Janus international, dirigée par des anciens de l'Action française. Par ailleurs, elle est conseillée par sa mère, Yann Le Pen, et par son père, Samuel Maréchal.

Membre du groupe d'amitié France-Russie à l'Assemblée nationale, Marion Maréchal-Le Pen se rend à Moscou le 10 décembre 2012, lors d'un forum organisé par la Douma, la chambre basse du Parlement russe ; selon son entourage, elle est ensuite reçue par le président de la Douma, Sergueï Narychkine. Le 22 janvier 2013, elle effectue une visite au Reichstag, à Berlin, à l'occasion des 50 ans du traité de l'Élysée, pour une rencontre entre les députés français et les députés allemands. En janvier 2013, elle cosigne une proposition de loi sur la reconnaissance du « génocide vendéen » en s'appuyant sur les travaux de l'historien Reynald Secher. Ne souhaitant pas mener une liste aux élections municipales de 2014, elle opte pour une présence sur la liste FN en 10e position à Sorgues ; la liste est battue par le candidat UMP sortant dès le premier tour. En novembre 2014, elle arrive première lors du vote des militants du Front national pour le comité central du parti ; elle devance Louis Aliot, Steeve Briois et Florian Philippot, régulièrement présenté comme son rival. Elle n'intègre pas le bureau exécutif, la plus haute instance du parti, refusant « que Marine Le Pen se fasse reprocher le fameux “Front familial” comme on entend si souvent de façon injuste » — eu égard à la présence de Louis Aliot, compagnon de Marine Le Pen ; elle explique également ce choix par le refus de la présidente du FN de constituer des vice-présidences politiques, qui avaient fait l'objet de son intérêt.

Un temps séduite par Nicolas Sarkozy, Marion Maréchal-Le Pen déclare, en 2012, ne pas être d'extrême droite, et se montre favorable à l'« union des droites ». Qualifiée dans la presse de « libérale-conservatrice » ou de « catholique conservatrice », elle incarne l'aile droite du FN. Elle est par ailleurs une admiratrice de Napoléon Bonaparte à travers notamment la biographie que lui a consacrée Jacques Bainville ; elle indique cependant ne pas être monarchiste. Contrairement à d'autres membres du Front national, elle se prononce contre la peine de mort, mais pour une « perpétuité réelle ». Elle souhaite le déremboursement de l'avortement lorsque cette intervention est répétée, tout en affirmant ne pas vouloir « remettre en cause absolument le droit à l'IVG ». En 2013, elle s'oppose à la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, défilant plusieurs fois dans les rues de Paris, entourée de cadres du parti et de sympathisants, mais sans Marine Le Pen. Sur le plan économique, elle affirme : « L'État a fait la France, l'étatisme l'a tuée. 

Ma génération critique fortement l'assistanat. Il faut remettre le goût du travail, réformer la protection sociale ». Lors d'un bureau politique du FN, elle a notamment contesté la priorité donnée, selon elle, à l'économique et au social plutôt qu'à la sécurité et à l'immigration au sein de son parti : « Sinon on fait du sous-Chevènement ou du sous-Mélenchon ». Elle est à l'origine du cercle frontiste Cardinal, destiné à rassembler des patrons de petites et moyennes entreprises, afin de faire remonter leurs doléances à Marine Le Pen. Pour le politologue Jean-Yves Camus, Marion Maréchal-Le Pen représente un électorat « méridional, héritier du poujadisme : des artisans, commerçants et classes moyennes sensibles à l'idée de libérer les énergies productives ». Pour son confrère Sylvain Crépon, elle développe un discours « sensible à la question identitaire, à l’immigration, ce qui correspond aux attentes de son électorat du sud-est, et pas seulement pied-noir ». Cette ligne politique l'oppose à certains cadres du FN, Florian Philippot en particulier, dont l'ancrage électoral est distinct.

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