Camp de Jasenovac

Publié le par Mémoires de GUerre

Le camp de concentration de Jasenovac aussi connu sous le nom d’« Auschwitz serbe », était un camp de concentration et un camp d'extermination créé par le régime des Oustachis dans l'État indépendant de Croatie (NDH) pendant la Seconde Guerre mondiale

Camp de Jasenovac
Camp de Jasenovac

Historique

Il fut le seul camp d'extermination de la seconde guerre mondiale non géré par les nazis de sa construction jusqu'à sa destruction. Jasenovac fut le plus grand camp de Croatie et le troisième camp de la mort le plus « productif » après ceux d'Auschwitz et de Treblinka. Le premier pays à mettre en place la Solution finale dans un camp fut l'État indépendant de Croatie. En effet, les Juifs de l'État indépendant Croatie (y compris la Bosnie-Herzégovine qui était sous contrôle oustachi) furent parmi les premières victimes de la « solution finale » dans un camp. Des exterminations de Juifs avaient débuté dans la même période, à savoir pendant l'été, automne de 1941, en Union soviétique, mais elles n'avaient pas encore eu lieu dans des camps. Jasenovac fût le premier camps d'extermination en activité.

Le camp de Jasenovac était constitué de cinq sites de détention créés entre août 1941 et février 1942 par les autorités de l'État indépendant de Croatie, au confluent des rivières Una et Sava. Il fut le plus grand en Croatie et le troisième camp de la mort le plus « productif » après ceux d'Auschwitz et de Treblinka. Dans ce camp furent déportés des Juifs et des Tziganes ainsi que des résistants aux nazis et aux Oustachis (des Serbes en particulier). Le camp no 1 est créé pour les Juifs et les Tziganes. Le camp no 2 est créé ensuite, pour les autres déportés. En novembre 1941, ces camps sont inondés par la Sava. Trois autres camps sont alors créés.

Jasenovac ne possédait pas de chambres à gaz ; les prisonniers y étaient tués par épuisement au travail, en les affamant, avec des armes à feu et des armes blanches ; les maladies qui y sévissaient ont également tué de nombreux prisonniers. Une partie des victimes fut enterrée alors qu'une autre fut brûlée dans des fours crématoires, aménagés dans une ancienne briqueterie. Certains d'entre eux étaient encore vivants quand les gardiens les y ont jetés, selon Edmond Paris. Le camp était dirigé par le général oustachi Vjekoslav Luburić. Le garde Petar Brzica s'y illustra en coupant, en une nuit, la gorge de 1 360 Serbes et Juifs avec un couteau de boucher ce qui lui valut le titre de « Roi des coupe-gorges ».

Victimes

Les Oustachis ont tenté de convertir au catholicisme les Serbes; ceux qui restaient chrétiens orthodoxes étaient exterminés avec les Juifs et les Tsiganes, comme tous ceux qui s'opposaient a eux, notamment les partisans communistes Croates. Ils créèrent plusieurs camps de concentration, dont notamment celui de Jasenovac. Le ministre oustachi de la culture, Mile Budak, affirma lors d'un discours qu'un tiers des Serbes devaient être convertis, un tiers exterminés et un tiers chassés de l'État indépendant croate.

Le nombre exact de victimes, spécialement de victime serbe n'est pas connu, seules des estimations existent, mais il est certain que plusieurs centaines de milliers de personnes furent tuées dans les camps de concentration et en dehors. Les livres d'histoires de la République fédérale socialiste de Yougoslavie parlaient de 1 700 000 victimes pour l'ensemble de la Yougoslavie, chiffre calculé en 1946 sur la base de la perte démographique de population (la différence entre le nombre actuel de personnes après la guerre et la population qu'aurait compté le territoire si la croissance démographique d'avant guerre s'était poursuivie). C'est le nombre qui fut utilisé par Edvard Kardelj et Moše Pijade pour la demande de réparation de guerre faite à l'Allemagne. Une étude de la fin des années 1980 du Croate Vladimir Žerjavić et du Serbe Bogoljub Kočović, Gubici stanovnistva Jugoslavije u drugom svjetskom ratu, estime à 550 000 Serbes, 20 000 Croates, 90 000 Bosniaques, 60 000 Juifs, 50 000 Monténégrins et 30 000 Slovènes le nombre de victimes du régime oustachi.

Serbes

Selon le dossier du président Roosvelt, en vu de la conférence de Téhéran 1943, 744 000 Serbes furent exterminés dont 600 000 exclusivement par les oustachis, le rapport précise qu'il ne tient pas compte des pertes militaires des résistants ni des pertes civiles dû au bombardement. Les sources serbes officielles quant à elles estiment à 700 000 le nombre de Serbes exécutés par les oustachis,

Juifs

Sur les 35 000 Juifs vivants sur le territoire, seuls 20 % (environ 6 000) survécurent à la guerre. Selon le démographe croate Vladimir Zerdajic, 19 800 Juifs ont été tués dans les camps croates, dont treize mille dans celui de Jasenovac. Des milliers d'autres Juifs furent déportés vers les camps d'extermination nazis à partir de 1942, avec l'approbation du gouvernement croate, qui laisse également les dizaines de Croates juifs vivant en Allemagne être déportés. Les victimes juives seraient, selon le dossier du président Roosvelt cité plus haut, de 63 200 victimes dont 24 000 hors de Yougoslavie dans les camps et de 39 000 en Yougoslavie.

Tsiganes

De même, on dénombra 40 000 Tsiganes de moins après la fin du conflit. Selon l'étude du Croate Vladimir Zerjavic, dont les résultats concordent avec ceux du Serbe Bogoljub Kocovic le nombre réel de victimes à Jasenovac est de 85 000, dont 50 000 Serbes, 13 000 Juifs, 12 000 Croates et 10 000 Tsiganes. Le 20 avril 1998 lors du procès, en Croatie, du criminel de guerre Dinko Šakić, responsable du camp en 1944, l'acte d'accusation a retenu le chiffre de 50 000 victimes. Selon le United States Holocaust Memorial Museum : « Due to differing views and lack of documentation, estimates for the number of Serbian victims in Croatia range widely, from 25,000 to more than one million. The estimated number of Serbs killed in Jasenovac ranges from 25,000 to 700,000. The most reliable figures place the number of Serbs killed by the Ustaša between 330,000 and 390,000, with 45,000 to 52,000 Serbs murdered in Jasenovac. » « À cause des différences de point de vue et du manque de sources, les estimations du nombre de victimes serbes en Croatie varient largement, de 25 000 à plus d'un million. Les estimations de Serbes tués à Jasenovac varient de 25 000 à 700 000. Les sources les plus fiables estiment que le nombre de Serbes tués par les Oustachis varie entre 330 000 et 390 000, dont 45 000 à 52 000 Serbes assassinés à Jasenovac ».

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L
DSL pour les fautes de frappe notamment sur Ante Pavelic. Il y a un excellent site Flameonline sur ce sujet et les livres de Vladimir Dedije (1992), Marco Aurélio Rivelli (1998)et Hervé Laurière (1951 ). sans parler du croate Viktor Novak excommunié à la suite de son livre mis à l'index Magnum crimen, jamais traduit en français, et pas encore disponible en anglais...
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L
Fiche bienvenue sur les "résultats" du régime oustachi d'Ante Pavolvic, l'Etat indépendant de Croatie qui, vous ne le mentionnez pas, était soutenu par l'Eglise catholique croate, l'archevèque de Zagreb Stepanovic en particulier, qui était membre du parlement oustachi. L'objectif affiché d'éradiquer les Serbes (1/3 tué, 1/3 chassé, 1/3 converti au catholicisme) était de facto soutenu par l'Eglise croate qui a procédé à ces conversions massives forcées en présence de la milice oustachie, et a couvert toutes les atrocités de ce régime: de nombreux prêtres et moines appelleront au meurtre et certains, membres des Oustachis, participeront aux tueries, comme les frères franciscains, Peru Brizca et Miroslav Filipovic, des gardiens chefs du camp de Janesovac. Une conspiration du silence a entouré cette affaire (Tito et l'Eglise ont enterré ce dossier "redécouvert" dans les années 90, mais restant toujours dans l'ombre (peu d'études consacrées à ce chapitre douloureux). Un gros travail reste à faire, bousculant l'omerta sur la complicité de l'Eglise catholique croate et du Vatican (Pie XII a reçu Ante Pavlovic le 18 mai 1941 et par la suite d'autres délégations d'Oustachis) qui couvrit les "exactions "contre l'Eglise orthodoxe: 299 églises incendiées, 300 prêtres et cinq évèques assassinés, dont celui de Banja Luka, Msgr Platon (81 ans), ferré comme un cheval, forcé à marché ainsi en public, torturé (barbe et cheveux brûlés, yeux arrachés). Msgr Stepinac ne protesta jamais, même lors du massacre à l'arme blanche dans l'église de Glina (800 mort environ). Il couvrit en 1945 l'ex filtration de Pavlovic et de nombreux dignitaires oustachis, et cacha leurs archives et leur trésor de guerre. Il fut inquiété, emprisonné et mis en résidence surveillée par Tito mais fut nommé cardinal par Rome, présenté comme un martyr du communisme de Tito et béatifié par Jena Paul II en 1998...
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