Desouches Edmond Maurice
A 11 ans Edmond Desouches quitte, muni du certificat d'études, l'école communale de son village natal de Berchères-les-Pierres en Eure-et-Loir. Après avoir travaillé dans l'agriculture, il
participe, à partir de 1923, à l'électrification du pays chartrain. Monteur-électricien puis chef d'exploitation de la régie du syndicat électrique, il connaît à fond les 73 communes qui y
adhèrent. Directeur finalement de la Régie d'électricité, il entretient d'excellents contacts avec les maires ruraux et les responsables de la modernisation agricole.
En 1930 il adhère à la Fédération radicale-socialiste d'Eure-et-Loir dont il devient, en 1938, secrétaire général. Maurice Viollette exerce alors une forte influence sur le département. Depuis
quelques années Edmond Desouches a accepté des responsabilités dans la commune où il réside : conseiller municipal de Lucé en 1935, il fonde l'Amicale des élèves et des amis des écoles laïques de
Lucé et manifeste un intérêt pour les jeunes qui 1'inspirera toute sa vie. Il suscite la création, sous la IVème République, de l'école municipale de musique, d'une harmonie municipale et du
vélo-club lycéen et anime des coopératives scolaires. Les palmes académiques reconnaissent le dévouement du président de la Fédération d'Eure-et-Loir des parents d'élèves. En 1947 il devient
maire de Lucé et il entre en 1953 au Conseil général d'Eure-et-Loir pour représenter le canton de Chartres-Nord.
La question du logement lui tient autant à cœur que celle de la jeunesse. Administrateur de l'Office départemental des HLM qu'il présidera plus tard, il est aussi membre du Conseil fédéral des
HLM. C'est à lui qu'échoit la succession de Maurice Viollette aux élections de 1956 où il conduit la liste radicale-socialiste qui s'apparente avec la liste SFIO. Affirmant leur attachement au
scrutin d'arrondissement, les candidats de cette liste qui ont presque tous un rôle dans l'électrification du département, se présentent avant tout comme des élus communaux compétents, au service
des jeunes, des pauvres et des ruraux. Ils proposent un développement économique qui respecterait les libertés des agriculteurs et des artisans. La répartition des sièges se fait à la
proportionnelle. La liste des communistes et celle des indépendants ont chacune un député. Edmond Desouches remporte un solide succès en maintenant les suffrages radicaux de 1951 (29 512 voix) et
en conservant deux élus à son parti.
Le nouveau député d'Eure-et-Loir est nommé membre de la Commission de la reconstruction, des dommages de guerre et du logement, dont il est élu vice-président. Il appartient également à la
Commission de l'éducation nationale et, à ce titre, à la Commission chargée de la surveillance et du contrôle des publications destinées à l'enfance. Edmond Desouches ne disperse pas ses efforts.
S'il est l'auteur d'une proposition de résolution tendant à inviter le Gouvernement à recréer à la direction des sports du ministère de l'éducation nationale le service de la jeunesse supprimé en
1948, et s'il dépose un rapport favorable à la commémoration du bi-millénaire de Lyon, il consacre ses nombreux amendements et ses interventions au logement populaire. Rapporteur pour avis du
budget de la reconstruction et du logement, il analyse avec minutie les effets des restrictions de crédits qu'impose la situation militaire. II présente des amendements destinés à préserver une
politique d'intervention étatique. Elle est toujours indispensable en raison, désormais, de la situation démographique et des exigences d'une politique d'aménagement du territoire. Il s'alarme de
la crise de la main-d'œuvre dans le bâtiment qu'engendre la guerre d'Algérie. II demande de maintenir les moyens en personnel du ministère de la reconstruction et défend la mission des offices de
HLM, héritiers des promoteurs du logement populaire que furent Sellier, Loucheur et Ribot. Selon lui il faudrait construire 350 000 logements par an - et non 250 000 afin d'abriter les mal-logés
et les jeunes ménages : " Il vaut mieux, déclare-t-il, construire des logements sains que des sanatoriums luxueux ".
Le député d'Eure-et-Loir vote le traité instituant la CEE et apporte son appui à la loi-cadre sur l'Algérie. Il vote la confiance à Pierre Pflimlin le 13 mai 1958 et la proposition de résolution
tendant à réviser la constitution le 27 mai 1958. Les ler, et 2 juin 1958, il soutient de son vote le retour du général de Gaulle.