Desson Guy Félicien
Guy Félicien Desson est né le 7 avril 1909 à Chelles (Seine-et-Marne), d'une famille d'origine ardennaise. Son père était industriel. Après son cursus secondaire, il entre à la Sorbonne pour y
poursuivre des études littéraires, passe avec succès l'agrégation de grammaire et devient professeur de lettres à Vincennes, puis à Paris. Dès 1929 pourtant, il avait adhéré à la SFIO, et menait
conjointement depuis lors une activité journalistique qui va, progressivement, prendre une importance croissante. Officier de réserve en 1939, Guy Desson n'accepte pas la capitulation, et devient
rapidement actif dans la Résistance des Ardennes. Sa conduite lui vaudra de recevoir la Médaille militaire et la Croix de guerre. Puis, à l'issue des hostilités, il se tourne définitivement vers
une carrière dans le journalisme en particulier en tant que secrétaire général du Populaire (1945-1947), le journal de Léon Blum, mais il s'intéresse aussi, dans le même temps, au développement
de l'industrie cinématographique. Il figurera notamment parmi les promoteurs du festival de Cannes.
Guy Desson figure en troisième position sur la liste SFIO conduite par Jacques Bozzi dans les Ardennes aux élections du 21 octobre 1945 pour la première Assemblée nationale Constituante, mais la
liste, avec 36 163 voix sur 119 205 suffrages exprimés, n'a qu'un seul élu. Le rejet du projet de Constitution par le référendum du 5 mai 1946 nécessite cependant la convocation rapide d'une
nouvelle Assemblée Constituante.
Il peut donc à nouveau se présenter devant les électeurs des Ardennes, en seconde position sur la liste SFIO emmenée cette fois par Mme Andrée Viénot, présidente de la Commission départementale
des Ardennes et ancien délégué à l'Assemblée consultative de Paris. Mais, avec 33 161 voix sur 123 255 suffrages exprimés, la liste n'a toujours qu'un seul élu. Lorsque Madame Viénot entre, comme
sous-secrétaire d'Etat à la jeunesse et aux sports auprès de Marcel-Edmond Naegelen, ministre de l'éducation nationale dans le cabinet Georges Bidault (24 juin 1946), elle appelle Guy Desson
comme chef de cabinet.
Après le vote de la Constitution, les élections pour la première législature de la IVème République se déroulent le 10 novembre 1946, et Guy Desson sollicite à nouveau les suffrages des
électeurs, toujours dans les Ardennes, en seconde position sur la liste SFIO que dirige Madame Andrée Viénot, toujours sous-secrétaire d'Etat à la jeunesse et aux sports. La liste socialiste,
avec 28 469 voix sur 118 841 suffrages exprimés, emporte un seul des quatre sièges à pourvoir.
Le 28 novembre 1946, le cabinet Georges Bidault présente sa démission, mais il continue à expédier les affaires courantes jusqu'à la nomination du cabinet Léon Blum, le 16 décembre suivant. Dans
celui-ci, Guy Desson devient chargé de mission auprès de Marcel-Edmond Naegelen, qui conserve le portefeuille de l'éducation nationale. Puis il suit son ministre lorsque celui-ci entre, toujours
avec le même portefeuille, dans le cabinet Paul Ramadier, et devient chargé de mission au cabinet du Président du Conseil (janvier-mai 1947).
A la suite de la démission de Madame Viénot de son mandat législatif, le 13 novembre 1947, Guy Desson est élu en remplacement et son élection est validée le 3 décembre suivant. A l'Assemblée, le
nouveau député des Ardennes entre à la Commission de la presse (1947-1949), dont il est élu secrétaire (1948, 1950), puis vice-président (1949, 1951). Egalement membre de la Commission du
suffrage universel du règlement et des pétitions (1947-1951), il est nommé juré à la Haute cour de justice (1948). Au cours de cette législature, il dépose huit textes, relatifs principalement au
régime de la presse périodique et, le 27 octobre 1950, à la réglementation de l'affichage. Il prend en outre très largement part aux débats, et surtout, à partir du 12 août 1948, aux discussions
sur l'élection des conseillers de la République.
Le 2 mars 1950, Guy Desson dépose une demande d'interpellation sur la réorganisation de la Radiodiffusion française, et intervient à plusieurs reprises dans la discussion budgétaire sur la radio,
notamment comme rapporteur pour avis du budget de ce service pour 1950. Le 4 janvier 1951, il est également rapporteur du projet de loi sur la dévolution des biens des entreprises de presse.
Favorable à la nationalisation des écoles des houillères (14 mai 1948), Guy Desson approuve le plan Marshall (7 juillet), puis la constitution du Conseil de l'Europe (9 juillet 1949) et la
ratification du Pacte de l'Atlantique (26 juillet). Enfin, il est partisan de la réforme électorale instituant le scrutin de liste majoritaire départemental à un tour avec apparentements (7 mai
1951). Guy Desson dirige la liste du parti socialiste SFIO dans les Ardennes lors des élections du 17 juin 1951 pour la seconde législature de la IVème République. La liste SFIO avait conclu des
accords d'apparentement avec les listes radical-socialiste, MRP et UIPRN, de sorte que les quatre sièges à pourvoir dans le département sont enlevés par le groupement des listes apparentées.
Lui-même est élu, avec 29 769 voix sur 123 274 suffrages exprimés, et la SFIO obtient un second siège, le parti communiste n'ayant, quant à lui, plus d'élu dans les Ardennes.
Le député des Ardennes retrouve, à l'Assemblée, la Commission de la presse, dont il devient vice-président (1951 -1954), puis président (1955), mais il siège également à la Commission des
affaires économiques (19511955), laquelle le désigne pour faire partie de la sous-commission chargée de suivre et d'apprécier la mise en œuvre de la convention de coopération économique et du
programme de développement européen (1951).
Très actif, il dépose, au cours de cette législature, quarante et un textes, pour la plupart relatifs au régime de la presse ou de la librairie, de leurs fournitures (en papier notamment), de la
radio et du cinéma. Le 10 avril 1952, il dépose une proposition de loi tendant à créer un fonds de développement de l'industrie cinématographique, et revient sur ce problème dans sa proposition
de résolution du 17 février 1953, qui vise à étudier et à mettre en application des mesures susceptibles d'aider la petite industrie cinématographique. Enfin, il participe activement aux débats
sur ces mêmes problèmes, et, en particulier, sur la situation des biens de presse en Algérie (11 avril 1952). Rapporteur pour avis du budget de la Radiodiffusion télévision française en 1952 et
1953, il est également rapporteur du projet de loi créant le fonds de développement de l'industrie cinématographique (6 février 1953 et jours suivants) : le 24 juillet 1953, il se rallie au texte
amendé par le Conseil de la République.
Opposé au compte spécial scolaire (21 septembre 1951), Guy Desson approuve en revanche le projet de pool charbon-acier (13 décembre), mais refuse sa confiance à Antoine Pinay lors du scrutin
d'investiture du 6 mars 1952. Opposé au cabinet Laniel (26 juin 1953), il se prononce pour le cessez-le-feu en Indochine (9 mars 1954) et refuse sa confiance au Gouvernement après Dien-Bien-Phû
(13 mai). Enfin, il refuse à nouveau la confiance lors de la chute du cabinet (12 juin). Favorable à l'investiture de Pierre Mendès France (17 juin), Guy Desson approuve les accords de Genève qui
mettent fin aux hostilités en Indochine (23 juillet), mais, le 30 août suivant, il appuie la question préalable opposée par Edouard Herriot et le général Aumeran à la ratification du traité sur
la Communauté européenne de défense (CED), dont l'adoption entraînera le rejet du traité. Le 29 décembre 1954, il se prononce contre les accords de Paris, qui autorisent le réarmement de la RFA
et son entrée dans l'OTAN.
A la suite de ces prises de positions, Guy Desson est suspendu de la SFIO par le Comité directeur. Il sera cependant réintégré en juillet 1955. Ayant soutenu le Gouvernement Mendès France lors du
scrutin du 4 février 1955 à la suite duquel celui-ci est renversé, le député des Ardennes refuse, le 23 février, sa confiance à Edgar Faure. Opposé à l'état d'urgence en Algérie (31 mars), il
refuse à nouveau sa confiance au Gouvernement lors du vote du 29 novembre sur le mode de scrutin et la date des élections. Le 2 décembre suivant, l'Assemblée nationale est dissoute.
Guy Desson est élu, en 1950, membre du Conseil municipal, puis maire et conseiller général de Grandpré, petit chef-lieu de canton de l'arrondissement de Vouziers, et il est en outre, d'octobre
1953 à octobre 1956, président du Conseil supérieur de la cinématographie. Les élections anticipées pour la troisième législature se déroulent le 2 janvier 1956, et Guy Desson sollicite le
renouvellement de son mandat, en tête de la liste du Front républicain, présentée par le parti socialiste S.F.I.O. et le parti républicain radical, radical-socialiste dans les Ardennes. Bien
qu'aucun apparentement n'ait été conclu, il réussit à améliorer considérablement son score et est réélu, avec 48 178 voix sur 135 442 suffrages exprimés. La liste socialiste conserve ainsi ses
deux sièges.
Le député des Ardennes retrouve, à l'Assemblée, la Commission de la presse (1956-1958), dont il est élu président (1956-1958) et siège également à la Commission des boissons (1957). Il est
désigné par la première pour faire partie de la sous-commission chargée de suivre et d'apprécier la gestion de entreprises nationalisées et des sociétés d'économie mixte (1957). Au cours de cette
législature, Guy Desson dépose vingt textes dont la plupart se rapportent au régime de la presse écrite, radiodiffusée ou télévisée, et au cinéma. Il intervient en outre largement dans les débats
sur les mêmes sujets.
Favorable à l'investiture du Gouvernement Guy Mollet (31 janvier 1956), il accorde également sa confiance au Gouvernement à propos de la politique générale suivie en Afrique du Nord (5 juin).
Egalement favorable à l'investiture du Gouvernement Bourgès-Maunoury (12 juin 1957), il approuve les traités instituant la CEE et l'Euratom (9 juillet) et le projet de loi-cadre sur l'Algérie (30
septembre, chute du cabinet Bourgès-Maunoury). Guy Desson vote l'investiture à Pierre Pflimlim (13 ma 1958), l'état d'urgence sur le territoire métropolitain (16 mai) et la proposition de
résolution tendant à décider la révision de certains articles de la Constitution (27 mai), mais il refuse la confiance au général de Gaulle (1er juin) tout comme l'octroi des pleins pouvoirs (2
juin). Enfin, il ne prend pas part au vote du même jour sur la révision constitutionnelle.