Joseph Caillaux, l'homme qui a inventé l'impôt sur le revenu
publié le 23/08/2013 à 09h34 sous la direction de Jules Bonnet
D'une rare compétence financière, il est nommé en 1899, ministre des Finances. Durant son mandat, il lança le concept délirant à l'époque, d'un impôt en fonction des revenus.
Fils d'un homme politique influent, Joseph Caillaux (né au Mans, le 30 mars 1863), devenu inspecteur des
finances, affiche rapidement des idées radicales. Dès 1898, il est élu député de la Sarthe, qu'il représentera à la Chambre jusqu'en 1919, puis au Sénat de 1925 à 1940. D'une rare compétence
financière, il est nommé, en 1899, ministre des Finances dans le cabinet Waldeck-Rousseau. Il lance
l'idée d'un impôt sur le revenu, qu'il présente au Parlement lors de son deuxième passage aux Finances dans le gouvernement Clemenceau (1906). Adopté par la Chambre, le projet est rejeté par le Sénat.
Cet échec n'entrave pas l'ascension de Caillaux, qui devient le chef virtuel du parti radical et assume à
nouveau les Finances dans le cabinet Monis en 1911. Après la chute de ce ministère, il est invité par Fallières à constituer un gouvernement, où il se réserve l'Intérieur. Ce gouvernement (17 juin 1911-11 janvier 1912)
doit faire face à la crise marocaine et au " coup d'Agadir ". En 1913, l'élection de Poincaré à la présidence
de la République constitue une déception pour Caillaux, devenu président du parti radical. Dans le cabinet
Doumergue, il doit se contenter des Finances. C'est alors que le Figaro déclenche une violente campagne contre
la politique de Caillaux, sans épargner sa vie privée. Ces attaques conduisent Mme Caillaux à assassiner le directeur du Figaro, Gaston Calmette. Devant une terrible vague de haine, Caillaux doit démissionner et sa carrière politique semble brisée. En 1917, la hargne de Clemenceau le poursuit. Des contacts imprudents avec des diplomates allemands lui valent d'être arrêté pour
"intelligences avec l'ennemi" (14 janvier 1918) et d'être condamné en février 1920 par la Haute Cour à trois ans d'emprisonnement et à la privation de ses droits politiques.
L'amnistie de 1925 permet à Caillaux de rentrer dans la vie politique comme ministre des Finances dans les
cabinets Painlevé (1925) et Briand (1926). Ce retour à l'orthodoxie lui vaut l'opposition de la gauche radicale et des socialistes. Après un
dernier passage dans le cabinet Bouisson, en 1935, Caillaux vote, en 1940, les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Il meurt, à Mamers, le 21 novembre 1944.