Painlevé Paul

Publié le par Mémoires de Guerre

Paul Painlevé, né le 5 décembre 1863 à Paris 15e et mort le 29 octobre 1933 à Paris, est un mathématicien et homme politique français.

Painlevé Paul
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Painlevé Paul

Spécialiste de l'aéronautique, président de l'Académie des sciences, normalien, professeur à la faculté des sciences de Paris et à l'École polytechnique, élu à l'Académie des sciences en 1900, il entra en politique à l'occasion de l'affaire Dreyfus et deviendra membre de la Ligue des droits de l'homme, créée à cette occasion. Élève de l'École normale supérieure, agrégé en 1886, il alla suivre les cours de Schwarz et de Klein à Göttingen. Il enseigna ensuite à la Faculté des sciences de Lille, puis à Paris. Il fut professeur à la faculté des sciences de l'université de Paris (1892-1896), à l'École polytechnique, au Collège de France (1897-1900) et à l'École normale supérieure. Commençant par sa thèse Sur les lignes singulières des fonctions analytiques soutenue le 10 juin 1887, ses travaux mathématiques les plus réussis portèrent sur les points singuliers des équations différentielles algébriques du premier et du second ordre (singularités) et sur les fonctions abéliennes. Ils lui valurent d'être élu à l'Académie des sciences en 1900. Il en deviendra président en 1918.

En tant que mathématicien, dans le cadre de ses recherches en mécanique des fluides, ses travaux portèrent principalement sur les systèmes d'équations différentielles et leurs singularités, les fonctions elliptiques, l'analyse complexe. Lazarus Fuchs avait établi une typologie des équations différentielles du 1er ordre. Painlevé s'attaqua, avec Charles Émile Picard, à celles du second ordre. Les équations de la forme : y" = f(z,y,y'), où f désigne une fonction rationnelle en y et y', portent son nom et permirent une classification d'où émergea des équations types, comme y" = 6y² + x, possédant des solutions transcendantes appelées fonctions transcendantes de Painlevé. Enfin Paul Painlevé a trouvé en 1921 une forme de métrique inhabituelle, trop méconnue, qui rend compte du champ gravitationnel d'un astre dans l'univers vide de Minkowski.

Entré en politique à la suite de l'affaire Dreyfus, membre de la ligue des droits de l'homme et de l'institut, il se fait élire comme député socialiste indépendant, dans le Ve arrondissement de Paris. Il est à cette date un des seuls spécialistes de l'aviation naissante. Mathématicien et théoricien de l'aviation, (il a été en 1908 le premier passager des frères Wright) il obtient du Parlement, en 1910, le vote des premiers crédits pour l'achat d'avions et est nommé, au tout début du conflit mondial, chef de la Direction des Inventions intéressant la défense nationale. Dans le cadre du gouvernement d'unité nationale, en octobre 1915, alors qu'il vient d'être nommé ministre de l'Instruction Publique dans le gouvernement présidé par Aristide Briand, les fondateurs du comité d'initiative de l'œuvre des Pupilles viennent lui expliquer que les œuvres non-laïques obtiennent tous les fonds des quêtes publiques en faveur des orphelins. Il décide de faire agréer l'œuvre des Pupilles pour qu'elle puisse obtenir des fonds et aider les orphelins des écoles laïques. Sa présidence est marquée notamment par la multiplication des colonies de vacances et d'écoles de plein air, l'attention portée à la santé des pupilles, et la modification des statuts de l'œuvre qui s'occupe désormais non seulement des orphelins mais de tous les enfants en difficulté.

Ministre de la Guerre en mars 1917, il devient président du Conseil en septembre et nomme alors Philippe Pétain commandant en chef et Ferdinand Foch chef d'état-major. Il est remplacé deux mois plus tard par Georges Clemenceau. Il est réélu député en 1919. Il anime la ligue de la République en 1921-22, puis participe au Cartel des Gauches dont il est un des inspirateurs. Après la victoire du Cartel des gauches, il préside la Chambre du 9 juin 1924 au 17 avril 1925, jusqu'au moment de sa candidature à la présidence de la République, après la démission d'Alexandre Millerand. Battu par Gaston Doumergue, il est réélu président de la Chambre puis nommé, le 17 avril 1925, président du Conseil en remplacement d'Edouard Herriot. Renversé le 22 novembre de la même année, il devient ministre de la Guerre de 1925 à 1929 (avec une interruption de trois semaines en juin 1926), sous Aristide Briand, Edouard Herriot et Raymond Poincaré. Il fait voter la loi sur le service militaire obligatoire d'un an (1928) et ordonne les premiers travaux de la ligne Maginot. En décembre 1925, il écrit une lettre au député André Marty, membre du Comité central de la section française de l’internationale communiste (SFIC), dans laquelle il refuse d'accorder la grâce au tirailleur Cheikou Cissé (1890-1933), condamné à la déportation en Nouvelle-Calédonie en 1919. Il meurt en octobre 1933. Après des funérailles nationales, il est inhumé au Panthéon. Son fils Jean Painlevé (1902-1989), documentariste français, a réalisé un grand nombre de films scientifiques.

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