Bernstein Eduard

Publié le par Roger Cousin

Bernstein Eduard Eduard Bernstein est un homme politique et théoricien socialiste allemand, né en 1850 à Schöneberg près de Berlin, mort en 1932, militant de la social-démocratie d'Allemagne (SPD). Eduard Bernstein fut membre du SPD dès 1872. En 1878, il s'expatria à Zurich où il publia jusqu'en 1890 le Sozialdemokrat, organe non officiel du parti. Il partit à Londres en 1888, où il rencontra Friedrich Engels, et y resta jusqu'en 1901. Il fut membre du parlement allemand de 1902 à 1928. Membre du Parti social-démocrate indépendant (USPD) à sa création en 1917, il retourna en 1919 au SPD.

Bernstein est connu pour avoir lancé à la fin des années 1890 un vaste débat sur la révision du marxisme (appelé le Bernsteindebatte) qui intéressa l'Allemagne, mais aussi l'Italie, l'Autriche-Hongrie et, dans une moindre mesure, la France. Ses articles furent ensuite recueillis dans un livre, rapidement traduit en français. Il prônait l'abandon de la théorie marxiste de la catastrophe au vu de l'évolution du capitalisme qui, au lieu de mener à la déroute du système par la chute incessante du taux de profit, accroissait la socialisation des richesses. Il n'y avait donc pas lieu de compter sur une issue révolutionnaire. Il demandait en conséquence à ce que le mouvement socialiste s'engage sur une voie réformiste en comptant sur les progrès graduels que lui auraient apportés l'action parlementaire d'un côté, et l'action syndicale, de l'autre.

Il eut le soutien des syndicats allemands, de quelques théoriciens marxistes (Georges Sorel) et non marxistes (Tomáš Masaryk, Francesco Saverio Merlino, etc.), mais essuya l'opposition orthodoxe des leaders ou théoriciens social-démocrates, en particulier de Karl Kautsky, de Rosa Luxemburg et d'Antonio Labriola. Plus tard, à partir de 1904, le révisionnisme bernsteinien connut une version de gauche, incarnée par le syndicalisme révolutionnaire et ses théoriciens Georges Sorel, Hubert Lagardelle, Arturo Labriola, Enrico Leone, qui continuait de critiquer la théorie marxiste de la catastrophe finale, mais en raison de son caractère fataliste qui aboutissait à la passivité. Elle prônait en réaction l'action révolutionnaire.


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