Gestapo française de l'avenue Foch

Publié le par Roger Cousin

La Gestapo française de l'avenue Foch fut dirigée par René Launay, alias « Lauris », alias « René le dingue », qui s'était présenté au commandant Kieffer à l'été 1943. Launay était un ancien militant d'extrême-droite. Membre du service de renseignements du Rassemblement National Populaire (RNP) de Marcel Déat, un parti de l'ultra collaboration, il fut envoyé aux allemands par les dirigeants du parti.

84 avenue foch

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Launay choisit les hommes avec lesquels il voulait travailler et réorganisa le groupe des auxiliaires français de la Gestapo. Il reprit des « anciens » du service IV E qui travaillaient pour le docteur Goetz, tels Maurice Sion (jugé et fusillé le 5 mai 1950), Roger Dupré, René Lefèvre, Jacques D'Archanches, Henri Brisson, Marcel Lebreton, Laboudie dit « Bouboule » (fusillé à la Libération), et les frères Jean et Michel Bouillon ( tous deux condamnés à mort et fusillés en avril 1945), les frères Georges et Claude Ledanseurs (qui venait de la résistance et subirent le même sort que les précédents), Louis Blanchard...

Placé sous les ordres de Josef Placke, Launay enrôla une nouvelle équipe d'une dizaine d'hommes en qui il avait toute confiance, sorte de corps d'élite voué à la lutte contre la Résistance. Il recruta ainsi Maurice Bay, Henri Nicolas, Henri De Corval, Robert Godinger dit « Darsac », Henri Seelen (ancien légionnaire d'origine néerlandaise), Pierre Loutrel (universellement connu après la guerre sous son surnom de « Pierrot le Fou »), remplacé ensuite par Roland Sicard (commissaire de la Sécurité du territoire, résistant, infiltré sur ordre en mars 1944), Maurice Segaud (alias Vuillemain).

Les séides de l'avenue Foch, pour leur peine, touchaient 10 000 francs par mois (une jolie somme de l'époque) Sans compter les frais annexes grassement remboursés, les primes, et le butin prélevé sur les personnes arrêtées et à leur domicile, les perquisitions étant l'occasion de pillages en règle.

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