SS Freies Indien Legion

Publié le par Roger Cousin

Bose SubhasLa légion SS de l’Inde libre est une unité de volontaires indiens de la Waffen-SS, essentiellement recrutés par Subhash Chandra Bose dans les camps de prisonniers allemands en Afrique du nord pour combattre les Britanniques au nom de la lutte contre le colonialisme. Les « Indiens libres », au nombre d’environ 4 000, ont servi dans la Wehrmacht pendant la Seconde Guerre mondiale. Recrutés exprès pour lutter contre les Britanniques, Subhash Chandra Bose avait obtenu la garantie du pouvoir nazi qu’ils ne seraient pas engagés contre d’autres ennemis de l’Allemagne, et en particulier pas sur le front de l’est. Bose prévoyait de marcher sur l'Inde à travers la Perse depuis le Caucase, où se battait alors l'armée allemande.

Une première unité formée de volontaires indiens vit alors le jour. Il s'agissait du régiment d'infanterie Infanterie Regiment 950, également appelé légion indienne ou encore légion Azad Hind, alors dépendant de la Wehrmacht. Le premier contingent de cette unité, alors composée aussi bien d'anciens prisonniers de guerre que de civils indiens qui vivaient en Allemagne, quitta Berlin le jour de Noël 1941 et fut stationné à Frankenberg, près de Chemnitz. La mission initiale de ce contingent consistait alors à recruter de nouveaux volontaires dans les camps de prisonniers. Des officiers allemands se virent chargés de l'entrainement de cette unité, d'abord à Frankenberg, puis sur un terrain militaire près de Dresde.

Finalement, en décembre 1942, cette unité forte de 3 500 hommes fut divisée en quatre bataillons composés de deux tiers de musulmans et d'un tiers d'hindous et de sikhs. À partir de 1944 cette unité dépendra de la Waffen-SS et des anciens membres de la Légion nord-africaine rejoindront cette unité. Après la dégradation de la situation sur le front de l'est fin 1942, la légion fut d'abord envoyée aux Pays-Bas où elle séjourna durant cinq mois avant d'être transférée en France, à Lacanau en Gironde, où elle fut employée à la surveillance du mur de l'Atlantique. Deux mois après le débarquement allié en Normandie, on transféra la légion indienne en Allemagne, puis à Poitiers, le 15 août 1944. C'est là que la légion eut à déplorer ses premiers blessés suite à des accrochages avec la résistance française. En septembre 1944 elle eut à déplorer son premier mort, le lieutenant Ali Khan, qui succomba durant des combats avec l'armée régulière française. La légion indienne battit ensuite en retraite jusqu'à la fin de l'année 1944 où elle établit ses quartiers à Oberhoffen-sur-Moder près de Haguenau.

On garde leur souvenir à Strasbourg, dans le quartier du Schluthfeld, où un groupe d'entre eux étaient cantonnés dans le bâtiment de l'école élémentaire. Quelques anciens se souviennent de ces Indiens Sikhs, en uniforme de l’Afrika Korps, avec barbe et turban. Sur leur épaule ils arboraient l’emblème d'un tigre bondissant sous-titré « Freies Indien ». Le reste de cette unité fut ensuite cantonné en Allemagne, dans un camp militaire du Jura Souabe, où elle resta jusqu'en mars 1945, date à laquelle ses membres essayèrent de s'enfuir en direction du lac de Constance pour rejoindre la Suisse neutre. Lors de cette tentative, ils furent capturés par des troupes américaines et françaises. Ils furent ensuite remis aux forces britanniques qui les transférèrent en Inde où ils furent maintenus en détention au Fort Rouge à Delhi, en attendant d'être jugés pour haute trahison. Mais tous les membres de la légion indienne furent libérés dès 1946 car, sous la pression de la population, une condamnation par des tribunaux britanniques s'avéra irréalisable.

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