Phyllis O'Haver (connue comme Phyllis Haver) est une actrice américaine, née le 6 janvier 1899 à Douglass (Kansas), morte le 19 novembre 1960 à Sharon (Connecticut).
La délicieuse Phyllis Haver naît à Douglass au Kansas, le 6 Janvier 1899. Elle est alors Phyllis O’Haver et grandit Californie où ses parents s’installent bientôt. Douée d’un esprit brillant, la jeune Phyllis devient polytechnicienne. Mais ayant financé une part de ses études en jouant du piano dans les cinémas pour accompagner les films muets, il lui prend l’idée saugrenue d’envoyer sa photo à Mack Sennett, ce qui est bien suffisant à l’époque pour obtenir une audition. L’avisé Sennett a déjà découvert Marie Prevost de la même manière, il enrôle Phyllis Haver dans son bataillon de «Bathing Beauties» à la fin des années dix. La gloire de ces dames étant à l’époque aussi universelle que gigantesque, Phyllis devient une véritable star des écrans, rivale des plus belles, partenaire des plus grands. Dès 1915, elle apparait dans une série de courts-métrages comiques aux côtés de, entre autres, Charles Murray, Chester Conklin, Ben Turpin ou Harry Gribbon. En 1922, la compagnie de Sennett prête sa vedette à la Goldwyn pour «Calvaire d’apôtre» auprès de Richard Dix et Mae Bush, que réalise Maurice Tourneur.
Elle tourne pour John Ford dans «Les trois sublimes canailles» (1926), Howard Hawks dans «Sa majesté la femme» (1926), Victor Fleming dans «Quand la chair succombe» (1927) ou Raoul Walsh dans «Le prix de la gloire» (1926). Elle précède Ginger Rogers et Renée Zellweger dans le rôle de Roxie pour la première version filmée de «Chicago» (1927) adaptation de la célèbre pièce de Maurine Dallas Watkins par Frank Urson. Tout semble merveilleux vu de l’extérieur, mais on peut se demander comment se sent cette polytechnicienne mélomane dans le Hollywood des années vingt fort peu réputé pour son intellectualisme. La belle ne doit pas se poser de questions existentielles trop longtemps, le cinéma parlant va avoir immédiatement raison de sa carrière, Phyllis Haver passe à la trappe du micro avec Norma Talmadge, John Gilbert et quelques autres des plus brillantes divinités de l’écran silencieux. Notre blonde bien tournée et à l’esprit bien fait ne s’en soucie que fort peu, elle vient précisément d’épouser un des plus rutilants milliardaires américains William Seeman. Le mariage se fait à New-York, métropole correspondant mieux aux aspirations intellectuelles de la jeune mariée et où elle se fixe définitivement pour y mener grand train loin de la vulgarité tapageuse et maintenant si bruyante d’Hollywood! En 1945, le couple Seeman divorce, Phyllis Haver s’installe alors à Falls Village dans le Connecticut pour une retraite dorée.
Le temps passant la solitude se fait plus pesante, la retraitée devint recluse jusqu’à ce qu’un soir de novembre elle mette fin à ses jours devenus sombres d’une surdose de barbituriques. Elle avait soixante-et-un ans. Phyllis Haver est retrouvée sans vie à son domicile de Falls Village le 19 Novembre 1960. Elle ne laisse ni lettre ni message ce qui laisse espérer que peut-être son acte fut accidentel. Elle avait souhaité être incinérée et ses cendres furent dispersées au dessus de sa chère New-York. Au moment de sa fin, Hollywood eut une pensée aussi fugace qu’émue pour ses grandes divas silencieuses qui croupissaient dans l’oubli et la solitude, on pensa à Mae Murray dont la raison chancelait dans la solitude, à Clara Bow aujourd’hui en maison de santé, la raison troublée elle aussi, à Louise Brooks dont on était alors sans nouvelles puis on se console bien vite en allant admirer les jambes de Marlene Dietrich à Las Vegas!

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