Docteur Jerry et Mister Love (The Nutty Professor) est une comédie américaine écrite et réalisée par Jerry Lewis, sortie en 1963. Le professeur Kelp est un professeur de chimie, très maladroit. Ses cours sont plus distrayants qu'instructifs. Secrètement, il prépare un élixir grâce auquel il se transforme en crooner séduisant, sûr de lui, répondant au nom de Buddy Love. Ce double n'a pas la gentillesse, ni les bonnes manières du professeur. Très vite, ce dernier a du mal à le maîtriser.
Docteur Jerry et Mister Love de et avec Jerry Lewis - Del Moore - Kathleen Freeman - Stella Stevens - Howard Morris - Elvia Allman - Milton Frome - Med Flory - Henry Gibson - Norman Alden - Les Brown - William Engesser
Fiche technique
Distribution
Pourquoi ne suis-je pas Dean Martin ? Pourquoi n'ai-je pas son charme, sa voix ? Cette question a sans doute taraudé Jerry Lewis, du temps de son duo très populaire avec le crooner, stoppé dans l'animosité la plus complète. Ils se sont brouillés depuis sept ans et voilà que Lewis prend sa petite revanche en endossant les deux rôles. Devenu cinéaste à part entière, il imagine cette histoire de dédoublement de personnalité, à base de potion magique concoctée par un gringalet timide qui se rêve en séducteur assuré.
D'un côté, donc, la science, la raison, mais aussi l'inhibition, à travers le prof de chimie laid comme un poux, voix de canard, dent de lapins, secrètement attiré par une élève blondissime (la savoureuse Stella Stevens) ; de l'autre, la pulsion, la flamme, à travers le chanteur et pianiste, qui a toutes les filles à ses pieds, mais qui s'avère goujat, macho et arrogant. Le bigleux qui confond des joueurs de bowling rassemblés avec des quilles ; le sportif novice qui fait tomber ses haltères, provoquant un allongement monstrueux de ses bras ; le timide qui, s'appuyant sur une table, plonge son bras dans le saladier à punch. Alliant le minimalisme précis et la caricature délirante du cartoon, Jerry Lewis se montre ici très inspiré, surtout dans le son, divinement exploité, du swing aux couacs. — Jacques Morice