Pilgrim Janet

Publié le par Mémoires de Guerre

Janet Pilgrim (de son vrai nom Charlaine Edith Karalus), née le 13 juin 1934 à Wheaton (Illinois) et morte le 1er mai 20171) est une des premières Playmates de Playboy, alors engagée depuis peu comme collaboratrice de l'éditeur.

Pilgrim Janet
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Pilgrim Janet

Elle est une des deux seules femmes de toute l'histoire du magazine à avoir été choisie trois fois, posant successivement comme Miss juillet 1955, Miss décembre 1955 et Miss octobre 1956. L'autre a été publiée sous deux noms différents : Margaret Scott (Miss février 1954) et Marilyn Waltz (Miss avril 1954 et Miss avril 1955). Janet marqua une évolution considérable dans l'histoire des pin-ups américaines, première jeune fille « convenable » à se déshabiller devant un objectif ; or, à l'époque, poser nue était considéré comme honteux et scandaleux. Charlaine Karalus était née dans un foyer désuni qu'elle avait quitté à l'âge de dix-huit ans pour un mariage malheureux et de courte durée. Elle fut embauchée au Service Abonnements de Playboy alors qu'elle avait 20 ans. En 1955 Playboy était dans sa deuxième année d'existence ; les playmates présentées jusqu'alors par le magazine avaient souvent été des pin-ups professionnelles photographiées pour des calendrier.

Elle fut remarquée par Hefner, à la fois pour son travail et sa plastique ; ils sortirent et couchèrent ensemble pendant quelque temps. Il lui proposa de poser en tant que playmate, et elle accepta contre la promesse de l'achat d'un adressographe pour faciliter le travail de son service. Le pseudonyme Pilgrim (pèlerin) fut choisi de façon humoristique en allusion au puritanisme ambiant de l'époque, supposé importé aux États-Unis par les Pilgrim fathers au XVIIe siècle. Les photos prises par Arthur-James, considérées comme très osées à l'époque (Janet porte un déshabillé grand ouvert dégageant ses épaules et laissant les pointes des seins presque visibles) étaient accompagnés d'un texte qui expliquait : « Nous pensons qu'il est normal de croire que les ravissantes Playmates existent dans un monde à part. En fait, les Playmates en puissance sont tout autour de vous : la nouvelle secrétaire à votre bureau, la beauté aux yeux de biche qui était en face de vous hier pendant le déjeuner, la fille qui vous vend chemises et cravates dans votre magasin préféré. Nous avons découvert notre Miss Juillet au sein de notre service des abonnements, traitant les souscriptions initiales, les renouvellements et les commandes d'anciens numéros. Elle s'appelle Janet Pilgrim et elle est aussi efficace dans son travail qu'agréable à regarder. Janet n'a jamais posé auparavant mais nous pensons qu'elle est vraiment au niveau des plus jolies Playmates jusqu'alors. »

En arrière-plan, et floue, apparaît la silhouette d'un homme en smoking qui serait Hefner lui-même. Une photo de Janet illustrait la couverture de ce numéro. Le directeur artistique de Playboy, Arthur Paul, pensa tout d'abord que faire poser une collaboratrice n'était pas une très bonne idée ; il estimait que cela allait trop loin, qu'elle serait reconnue et qu'elle en serait gênée. Mais, personnifiant de façon idéale et inédite « la fille d'à côté » (The Girl next door) que Hefner souhaitait comme playmate, Janet Pilgrim parut plus réelle aux lecteurs. Le magazine reçut des centaines de lettres d'approbation, ce qui incita Hefner à lui proposer de poser une seconde fois. Pour ce numéro, elle avait hésité, par suite de la gêne de ses proches, et quelque peu désorientée par la tournure trop personnelle de certaines lettres d'admirateurs. Hefner parvint cependant à la convaincre, et elle posa cette fois au pied d'un arbre de Noël, nue sous une étole de vison blanc dissimulant à peine sa généreuse poitrine et parée de bijoux somptueux. Une veste noire jetée sur une chaise en arrière-plan suggérait la présence d'un homme. D'autres photos en noir et blanc la montraient en train de se détendre dans son appartement ; le texte précisait qu'elle aimait porter des pyjamas d'homme, mais seulement la veste. Elle était également le sujet de la couverture du magazine.

Elle reçut des offres d'engagement de toutes sortes, mais préféra rester chez Playboy dont les ventes grimpèrent en 1957, de 600.000 à 900.000 exemplaires mensuels. Elle appela personnellement tous les lecteurs qui souscrivaient, pour 150 $, un abonnement à vie. Elle participa à toutes sortes de manifestations promotionnelles (dans des congrès professionnels, des foires, courses automobiles, fêtes estudiantines, et passa même un week-end au célèbre Darmouth College, invitée par des étudiants et dédicaçant ses photos. Elle subit aussi le harcèlement de ses admirateurs, rendant sa vie personnelle difficile. Par ailleurs, elle fut déçue par le caractère volage de Hefner, qui n'avait pas complètement quitté sa femme et courait aussi après d'autres filles ; elle tenta par deux fois de quitter le magazine mais il parvint à la retenir et même à obtenir qu'elle pose une troisième fois. Pour cette dernière apparition, Janet apparut moins souriante, songeuse, attablée dans un bar devant un cocktail, et montrant un décolleté un peu moins plongeant. La présence d'autres personnes n'était suggérée que par quelques verres vides.

Peu de temps après, elle quitta Playboy de façon définitive, mais apparut encore en janvier 1957 sur la couverture de la revue, avec les autres playmates de l'année passée. Elle rencontra par la suite un jeune et brillant homme d'affaires, ils se marièrent, s'installèrent dans une banlieue chic de New-York et eurent deux enfants (un garçon et une fille). N'ayant fait que peu d'études, elle reprit des cours d'infirmière à l'âge de 46 ans au Norwalk Community College dont elle fut diplômée en 1984. Elle travailla ensuite en gériatrie jusqu'à sa retraite. Elle garda cependant des contacts avec le monde de Playboy et participa notamment à la réunion organisée à l'automne 1979 par Hefner et qui rassembla 136 playmates au Manoir Playboy de Los Angeles.

Publié dans Acteurs et Actrices, Mode

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