Sillé : 4 frères dans la tourmente de la Première Guerre Mondiale

Publié le par Actu

Sillé : 4 frères dans la tourmente de la Première Guerre Mondiale

À Sillé (Sarthe), les Chambrin ont traversé la Grande Guerre d'une façon dramatiquement banal. Il y avait quatre frères. Deux sont morts, les deux autres ont été faits prisonniers.

Yves-Marie Chambrin l’aîné est resté près de cinq ans interné au camp de Friedrichfeld. (Document Jean-Yves Chambrin). (©Document Jean-Yves Chambrin)

Yves-Marie Chambrin l’aîné est resté près de cinq ans interné au camp de Friedrichfeld. (Document Jean-Yves Chambrin). (©Document Jean-Yves Chambrin)

C’est l’histoire d’une famille de Sillé-le-Guillaume (Sarthe) au destin dramatiquement banal durant la Première Guerre Mondiale. Comme tant d’autres en France en ont connu durant cette funeste période de l’Histoire de notre pays. Il s’agit des Chambrin, originaires des Saint-Grandan dans les Côtes-du-Nord. Le père Yves François s’est installé vers 1910 rue de Bretagne à Sillé-le-Guillaume avec ses cinq enfants, quatre garçons et une fille. Ils exercent tous la profession de chiffonniers.

Prisonnier dès septembre 1914

Le 2 août 1914, c’est la mobilisation puis la guerre. Et les quatre hommes n’y échappent évidemment pas. L’aîné Yves-Marie Chambrin, né en 1886, est fait prisonnier dès septembre 1914 avant d’être interné au camp de Friedrichsfeld en Rhénanie du Nord (Allemagne). Il essaie plusieurs fois de s’évader de ce camp où la vie est particulièrement difficile. Sans succès. Il est démobilisé en 1919.

Détenu au camp de Minden

Joseph fut comme Yves Marie son frère interné dans un camp de prisonnier allemand (Document Jean-Yves Chambrin). (Document Jean-Yves Chambrin)

Joseph fut comme Yves Marie son frère interné dans un camp de prisonnier allemand (Document Jean-Yves Chambrin). (Document Jean-Yves Chambrin)

Il entretient une correspondance avec son frère Joseph, né en 1887, qui lui aussi a été capturé par les Allemands avant d’être enfermé au camp de Minden en Basse-Saxe dont les conditions de détention ne sont pas forcément meilleures. Il sera démobilisé en avril 1919.

Mort en Turquie

Jean Chambrin en uniforme devant l’Hôtel du Cheval Blanc à Sillé (Document Jean-Yves Chambrin). (Document Jean-Yves Chambrin)

Jean Chambrin en uniforme devant l’Hôtel du Cheval Blanc à Sillé (Document Jean-Yves Chambrin). (Document Jean-Yves Chambrin)

Le 3e frère, né en 1895, s’appelle Jean. Il est mobilisé le 20 décembre 1914 dans le 58e Régiment d’infanterie coloniale. Il est tué au combat loin du front en France, à Seddul Bahr en Turquie.

Auguste (au centre) en compagnie de sa sœur Marie (à sa droite) et de son père Yves-François (1er assis à droite de la photo). (Document Jean-Yves Chambrin). (Jean Chambrin en uniforme devant l’Hôtel du Cheval Blanc à Sillé (Document Jean-Yves Chambrin). )

Auguste (au centre) en compagnie de sa sœur Marie (à sa droite) et de son père Yves-François (1er assis à droite de la photo). (Document Jean-Yves Chambrin). (Jean Chambrin en uniforme devant l’Hôtel du Cheval Blanc à Sillé (Document Jean-Yves Chambrin). )

Le dernier des quatre Chambrin, Auguste, né en 1897 est incorporé dès janvier 1916 par anticipation – le pays avait tant besoin d’homme eu égard aux pertes ! Dans une lettre à sa sœur Marie, il écrit : « À l’instant je reçois mes photos, je m’empresse de t’en envoyer une. Tu me diras comment tu me trouves. Je ne suis pas bien, j’ai l’air méchant. » La Grande Guerre a tristement endurci les plus tendres…

Le dernier Silléen mort à la Grande Guerre

Auguste décède le 19 octobre 1918 des suites de ses blessures sur le champ de bataille de La Selve dans l’Aisne. Il est inhumé au cimetière de Pontavert, dans l’Aisne. Pour l’anecdote, il est le dernier Silléen mort au combat durant la Première Guerre Mondiale. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la ville comme celui de son frère Jean.

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