Converse Connie
Connie Converse, née Elizabeth Eaton Converse le 3 août 1924 à Laconia (New Hampshire) et disparue en août 1974, est une auteure-compositrice-interprète américaine de musique folk. Elle était active à New York City pendant les années 1950. Elle est considérée comme l'une des premières autrice-compositrice-interprète moderne et comme une référence dans le domaine de la musique folk. Converse a quitté la maison de sa famille en 1974 pour changer de vie et a disparu sans laisser de traces. Sa musique était inconnue de la plupart jusqu’à ce qu'elle soit diffusée dans une émission de radio en 2004. En Mars 2009, une compilation de ses œuvres, How Sad, How Lovely, a été publiée. Elle est comparée à Vashti Bunyan — dont l'histoire personnelle est quelque peu semblable — ou encore à Molly Drake.
Jeunesse et études
Née à Laconia (New Hampshire) en août 1924, Connie Converse vient d'une famille baptiste. À l'adolescence, elle est la Valedictorian (meilleure élève) de sa classe au lycée et obtient une bourse d'études pour le Mount Holyoke College. Elle passe deux ans à l'université avant de tout laisser tomber pour partir pour New York. Elle achète sa première guitare en 1949 et change son nom d'Elizabeth en Connie. Au bout de quelques années, elle est publiée pour la première fois en tant qu'autrice, avec un article sur les relations américaines dans le Pacifique pour The Far Eastern Survey. Autodidacte, elle écrit aussi ses premières chansons qu'elle enregistre sur une Crestwood 404 dans son appartement de Greenwich Village.
En 1954, elle devient l'hôte du salon musical de Gene Deitch à Hastings-on-Hudson (État de New York) qui enregistre certaines de ses interprétations live. Peu après, elle est invitée dans le Morning Show de Walter Cronkite pour y jouer ses chansons puis enregistre son premier disque intitulé Musicks (Volumes I and II). Malgré ça, elle ne se produit jamais dans des clubs ou des salles de concert. En janvier 1961, ne trouvant pas son public, Connie Converse quitte New York pour Ann Arbor (Michigan) où son frère Philip est professeur à l'Université du Michigan. Là, elle obtient un poste de secrétaire et devient la directrice de publication du Journal for Conflict Resolution mais le journal déménage à l'Université Yale en 1972.
En 1973, alors qu'elle est dépressive et alcoolique, ses amis se cotisent pour lui payer un voyage de six mois en Angleterre. Un an plus tard, en août 1974, une semaine après son cinquantième anniversaire, elle envoie une série de lettres à ses proches pour leur annoncer qu'elle souhaite changer de vie avant de mettre ses affaires dans sa Volkswagen Coccinelle et de disparaître. Sa famille pense qu'elle s'est peut-être suicidée en jetant sa voiture dans un lac. Son mot d'adieu contenait ces deux phrases : « Let me be if I can. Let me not be if I can’t. ». Toutes ses possessions sont conservées par son frère, dont des pistes inédites.
Œuvre musicale
Très douée avec la guitare acoustique, Connie Converse développe une compréhension aiguë de l'accord complexe entre la voix et l'harmonie vocalique. Ses enregistrement sont étrangement réservés et brutalement intimes. Ses chansons évoquent la solitude, la promiscuité ou encore les querelles amoureuses, des textes considérés comme modernes pour l'époque. Pour Gene Deitch, ses chansons « étaient à propos d'elle-même. […] qu'importe ce qu'elle chantait, tout avait à voir avec la frustration sexuelle et la solitude. ». Pour Grace Yannotta, ses textes sur ce qu'est et ce que devrait être la féminité restent encore d'actualité.
En 2004, invité à une émission de radio à New York, Deitch y présente une chanson de Connie Converse, One by One. Deux auditeurs de l'émission, Dan Dzuda et David Herman, entreprennent alors de faire publier ces enregistrements. How Sad, How Lovely, une compilation de dix-sept de ses œuvres enregistrées dans les années 1950-1960 sort en 2009 sous le label Squirrel Thing Records. Avant cette publication, aucun enregistrement commercial n'avait été fait de ses chansons. L'album est réédité sous forme de vinyle de dix-huit chansons en 2015.
En 2017, un album de reprises de ses chansons sort sous le label Tzadik Records, reprises interprète pr des artistes tels que Karen O, Mike Patton, Big Thief, Jeff Tweedy, Sam Amidon ou encore Laurie Anderson et Martha Wainwright. Un EP, The Sad Lady, contenant des chansons inédites enregistrées entre 1954 et 1956 est publié en juin 2020. En un temps où chanson politique et chanson traditionnelle étaient les genres dominants, Connie Converse fait figure de pionnière en écrivant et interprétant des chansons à caractère intimiste.
Disparition
En 1973, Converse était épuisée et déprimée. Les bureaux du Journal of Conflict Resolution, auxquels elle tenait tant, avaient été transférés à Yale fin 1972 après avoir été vendus aux enchères à son insu. Ses collègues et amis se cotisèrent pour lui offrir un séjour de six mois en Angleterre dans l'espoir de lui remonter le moral, en vain. Sa mère lui proposa de l'accompagner en Alaska, ce qu'elle accepta à contrecœur. Son mécontentement face à ce voyage semble avoir contribué à sa décision de disparaître. À peu près à la même époque, les médecins lui annoncèrent qu'elle devait subir une hystérectomie, une nouvelle qui la bouleversa. En août 1974, quelques jours après son cinquantième anniversaire, Converse écrivit une série de lettres à sa famille et à ses amis, leur faisant part de son intention de refaire sa vie à New York. Tous ces messages étaient manuscrits, d'après l'auteur Howard Fishman, qui a écrit sa biographie (intitulée d'après une lettre qu'elle avait tapée et laissée dans son classeur) :
À QUICONQUE ME LE DEMANDERA : (Si l'on ne me donne plus de nouvelles)
Voici la fine couche de dureté qui se cache sous tous les messages d'adieu que j'ai probablement envoyés : laissez-moi partir, laissez-moi tranquille si je le peux, ne me laissez pas tranquille si je ne le peux pas. Depuis plusieurs années, je suis l'objet de l'affection de mes proches et de nombreux amis à Ann Arbor ; j'ai reçu d'eux un soutien non seulement financier, mais aussi spirituel ; j'ai fait de nombreux efforts, dans cette situation clémente, pour reprendre pied dans le monde. En vain.
…Dans les mois qui ont suivi mon retour de ma fuite désespérée vers l'Angleterre, j'ai commencé à réaliser que mes nouvelles faiblesses persistaient obstinément. J'ai lutté ; Mais ils ont tenu bon.
…Pour survivre à tout cela, je suppose que je dois redescendre à travers l’autre moitié du 20e siècle, que je connais déjà assez bien, jusqu’au 100e siècle, dont je n’ai entendu parler que de nom. Je pourrais y survivre quelques années – qui sait ? Mais vous comprenez que je dois le faire sans aucune protection. La société humaine me fascine, m’impressionne et me remplit de chagrin et de joie ; je n’arrive tout simplement pas à y trouver ma place.
Alors laissez-moi partir, je vous en prie ; et veuillez accepter mes remerciements pour ces moments heureux… Je vous suis redevable à tous.
Dans une autre lettre à Philip, Converse a joint un chèque et une demande pour qu’il s’assure que son assurance maladie soit payée et en règle pendant un certain temps après son départ, mais qu’il cesse de payer la police à une certaine date. Converse devait participer au voyage annuel de sa famille au bord d'un lac, mais lorsque les lettres sont arrivées, elle avait déjà fait ses valises, chargé ses affaires dans sa Volkswagen Beetle et était partie, sans laisser de traces.
On ignore ce qu'elle est devenue après sa disparition. Plusieurs années après son départ, quelqu'un a dit à son frère avoir vu une entrée dans l'annuaire téléphonique au nom d'« Elizabeth Converse », soit au Kansas, soit en Oklahoma, mais il n'a pas donné suite à cette piste. Une dizaine d'années après sa disparition, sa famille a engagé un détective privé dans l'espoir de la retrouver. Ce dernier leur a expliqué que même s'il la retrouvait, elle avait le droit de disparaître et qu'il ne pouvait pas la ramener. Dès lors, sa famille a respecté sa décision et a cessé de la rechercher.
Discographie
- How Sad, How Lovely (2009 ; réédition 2015)
- Sad Lady (2020)
- Musicks (2023)
- Connie's Piano Songs (2014) (écrit par Converse ; interprété par d'autres artistes)
- Vanity of Vanities: A Tribute to Connie Converse (2017) (écrit par Converse)
Article Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Connie_Converse
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