Custodio Ana María
Ana María Muñoz Custodio, née le 19 mars 1908 à Écija (en Espagne dans la province de Séville) et morte le 10 avril 1976 à Madrid (Espagne), est une actrice espagnole.
Jeunesse
Fille de militaire, elle s'installe à Madrid à l'âge de sept ans et y fréquente le Colegio de las Damas Negras. Ce n'est pas le seul déménagement de la famille ; elle vit également quelque temps au Maroc, une expérience qui lui permet de perfectionner son français et son anglais — des compétences qui s'avéreront précieuses tout au long de sa carrière.
Actrice
Elle épouse Antonio Monfort Alonso et fait ses débuts au théâtre au sein de la compagnie de Ricardo Baeza, ce qui l'amène à voyager de nouveau, cette fois sous l'impulsion de sa carrière naissante. Au cours de cette première aventure théâtrale, elle se rend en Amérique, où elle quitte sa troupe initiale pour rejoindre celle de Lola Membrives. Elle rentre en Espagne avec cette dernière, marquant ainsi le début de son succès et de son ascension en tant qu'actrice ; la comédie *Doña Hormiga* des frères Álvarez Quintero, dans laquelle elle tient le rôle principal, joue un rôle déterminant dans cette reconnaissance. Alors que sa carrière connaît une ascension fulgurante, sa vie privée s'effondre et elle divorce quelques années seulement après son mariage. Elle se remarie par la suite avec le célèbre compositeur Gustavo Pittaluga González del Campillo.
Par la suite, elle fait partie de la deuxième vague d'acteurs à partir pour Hollywood afin de jouer dans ce que l'on appelait les « versions espagnoles » — des adaptations en langue espagnole, ou plutôt des répliques, de films produits dans la capitale du cinéma. C'est le début de la relation d'Ana María Custodio avec le septième art, un tournant majeur sachant que, quelques mois plus tôt, sa vie professionnelle était encore entièrement ancrée dans le théâtre. Ana María Custodio arriva à Hollywood sous l'égide d'un représentant de la Fox — un certain M. Stone — venu en Espagne à la recherche de nouveaux talents capables de jouer dans des versions espagnoles de films américains. Stone lui fit cette proposition au Teatro Lara ; elle accepta, bien qu'elle n'eût aucune expérience préalable du cinéma, l'idée lui ayant toutefois déjà traversé l'esprit. Le 28 mars 1931, Ana María signa un contrat de six mois avec la Fox, pour un salaire hebdomadaire de 400 dollars. Durant cette période, elle joua dans quatre films — dont trois réalisés par David Howard : *Cuerpo y alma*, *¿Conoces a tu mujer?* et *Eran trece*. Enfin, avant de regagner l'Espagne, elle apparut dans *Mi último amor*, sous la direction de Lewis Seiler.
De retour dans la péninsule Ibérique, elle remonta sur les planches jusqu'en 1935, année où elle renoua avec l'industrie cinématographique. Elle fit ses débuts dans le cinéma espagnol avec le réalisateur Luis Marquina — en collaboration avec Luis Buñuel, qui œuvrait en coulisses sans être crédité au générique — dans le film *Don Quintín el amargao*. Par la suite, Ana María tint les rôles principaux dans *¡Centinela alerta!* (1935), réalisé par Jean Grémillon (toujours avec la participation de Luis Buñuel), et dans *El bailarín y el trabajador* (1936), une comédie de Luis Marquina. Avant que la guerre n'éclate et ne la contraigne à l'exil, Ana María joua dans *Nuestra Natacha* (1936), réalisé par Benito Perojo. En fuyant l'Espagne, elle voyagea avec son frère — le scénariste et metteur en scène de théâtre Álvaro Custodio — et son mari, le compositeur Gustavo Pittaluga González del Campillo (fils du scientifique et médecin Gustavo Pittaluga Fattorini). Ils se rendirent d'abord à Cuba puis à New York, pour finalement s'installer au Mexique en 1944. C'est là qu'elle reprit sa carrière cinématographique la même année avec *Cuando escuches este vals*, une production mexicaine réalisée par José Luis Bueno. Ce film marqua le début d'une nouvelle interruption dans sa carrière, qui ne reprit qu'en 1951 avec *Alba de América*, sous la direction de Juan de Orduña.
Quelques années plus tard sortit la coproduction hispano-mexicaine *La estrella del Rey* (1957), réalisée par Luis María Delgado ; ce film lui ouvrit la voie pour participer à l'un des grands succès du cinéma espagnol de la fin des années 1950, *¿Dónde vas, Alfonso XII?* (1958). Réalisé par Luis César Amadori, le film la mettait en scène dans le rôle de la duchesse de Montpensier, aux côtés d'acteurs tels que Vicente Parra et Paquita Rico. Deux ans plus tard sortit la suite, *¿Dónde vas, triste de ti?* (1960), réalisée cette fois par Alfonso Balcázar. L'année 1960 fut l'une des plus intenses sur le plan professionnel pour Ana María Custodio ; outre *¿Dónde vas, triste de ti?*, elle travailla sur *Trío de damas*, réalisé par Pedro Lazaga et interprété par Paco Rabal, Laura Valenzuela, José Luis López Vázquez et Ismael Merlo. Elle tourna également sous la direction de José Antonio Nieves Conde dans le film *Don Lucio y el hermano Pío*, aux côtés de Tony Leblanc et José Isbert. Cette même année vit la sortie de *Mi calle*, réalisé par Edgar Neville et avec Adolfo Marsillach et Roberto Camardiel à l'affiche.
En 1961, une jeune fille blonde était déjà une star de cinéma : Marisol. Elle a joué dans *Ha llegado un ángel* (1961), réalisé par Luis Lucía, un film qui mettait également en vedette Ana María Custodio, originaire d'Écija, dans son casting. L'année suivante voit la sortie de *Su alteza la niña* de Mariano Ozores, avec José Luis Ozores et Antonio Ozores. La même année, elle apparaît dans *La cara del terror* (réalisé par Isidoro Martínez Ferry et avec Fernando Rey) et *El escándalo* (réalisé par Javier Seto). Un an plus tard, elle travaille sous la direction de Fernando Fernán Gómez dans *El mundo sigue*. Ana María Custodio avait 63 ans lorsqu'elle a participé à une coproduction hispano-italienne, *El proscrito del río Colorado* (1965), réalisée par Maury Dextro et mettant en vedette l'acteur américain George Montgomery. En 1966, Ana María partage à nouveau l'écran avec Vicente Parra dans *Buenos días, condesita*, réalisé par Luis César Amadori ; le casting était complété par Rocío Dúrcal et Gracita Morales.
Sa plus grande reconnaissance internationale survient vers la fin des années 1960. Ana María faisait partie du casting de *Peppermint frappé* (1967), un film qui a remporté l'Ours d'argent au Festival de Berlin. Réalisé par Carlos Saura, le film mettait également en vedette Geraldine Chaplin, José Luis López Vázquez et Alfredo Mayo. La même année, elle apparaît dans *Los que tocan el piano*, réalisé par Javier Aguirre. Ana María Custodio a conclu sa carrière cinématographique avec *Sei simpatiche carogne* (1968) de Robert Fiz ; *El Ángel* (1969), réalisé par Vicente Escriva et mettant en vedette le chanteur Raphaël ; et enfin *Nada menos que todo un hombre*, avec Paco Rabal.
Décès
Cinq ans après son dernier rôle au cinéma, en 1976, elle décède à Madrid à l'âge de soixante-quatorze ans.
Filmographie
- Cuerpo y alma: David Howard (1931)
- ¿Conoces a tu mujer?: David Howard (1931)
- Eran trece: David Howard (1931)
- Mi último amor: Lewis Seiler (1931)
- Centinela alerta!: Jean Gremillon (1935)
- Don Quintín el amargao: Luis Marquina (1935)
- El bailarín y el trabajador: Luis Marquina (1936)
- Nuestra Natacha: Benito Perojo (1936)
- Cuando escuches este Vals: José Luis Bueno (1944)
- Alba de América: Juan de Orduña (1951)
- La estrella del Rey: Luis María Delgado (1957)
- ¿Dónde vas, Alfonso XII?: Luis César Amadori (1958)
- ¿Dónde vas, triste de ti?: Alfonso Balcázar (1960)
- Mi calle: Edgar Neville (1960)
- Don Lucio y el hermano Pío: José Antonio Nieves Conde (1960)
- Trío de damas: Pedro Lazaga (1960)
- Il Magistrato: Luigi Zampa (1960)
- Ha llegado un ángel: Luis Lucía (1961)
- Pecado de amor: Luis César Amadori (1961)
- El escándalo: Javier Setó (1962)
- Su alteza la niña: Mariano Ozores (1962)
- La casa del terror: Isidoro Martínez Ferry (1962)
- Der Teppich des Grauens: Harald Reinl (1962)
- El mundo sigue: Fernando Fernán Gómez (1963)
- Las hijas de Helena: Mariano Ozores (1963)
- Una chica casi formal: Ladislao Vajda (1963)
- Gunfighters of Casa Grande: Roy Rowland (1964)
- El proscrito del río Colorado: Maury Dextro (1965)
- El Diablo también llora: José Antonio Nieves (1965)
- Buenos días, condesita: Luis César Amadori (1966)
- Viaggio di nozze all´italiana: Mario Amendola (1966)
- Peppermint frappé.: Carlos Saura (1967)
- Los que tocan el piano: Javier Aguirre (1967)
- Sei simpatiche corogne: Robert Fiz (1968)
- El Ángel: Vicente Escrivá (1969)
- Un atraco de ida y vuelta: Robert Fiz (1969)
- Nada menos que un hombre: Rafael Gil (1971)
Article Source : https://es.wikipedia.org/wiki/Ana_Mar%C3%ADa_Custodio
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