Bayrou Maurice Albert Henry

Publié le par Roger Cousin

Bayrou Maurice Albert HenryNé le 2 mars 1905 à Lanta en Haute-Garonne, Maurice Bayrou est issu d'une famille originaire d'un département voisin, le Tarn-et-Garonne. Après des études à l'école nationale d'agronomie de Montpellier, il devient ingénieur agronome et, parallèlement, docteur vétérinaire. Jusqu'en juin 1939, il assure l'intérim de l'inspection générale de l'élevage de l'AEF à Brazzaville. Surpris par la guerre au cours d'un congé en métropole, il est renvoyé en AEF, placé en affectation spéciale, et reprend la direction du service de l'élevage de l'Oubangui.

En 1940, Maurice Bayrou participe au ralliement de l'Oubangui-Chari à la France Libre, s'engage en décembre de la même année au deuxième Bataillon de marche de l'AEF et participe aux combats menés au Moyen-Orient, en Libye et en Cyrénaïque. Il s'illustre à Bir-Hakeim. Capitaine, il assure le commandement de la défense anti-chars du point d'appui nord de la position, où il est grièvement blessé. Il participe ensuite à la campagne de France, et en 1945, il est nommé chef de bataillon. Chevalier de la Légion d'honneur, Compagnon de la Libération, il est, en outre, titulaire de la croix de guerre 1939-1945 avec trois palmes, de la Rosette de la Résistance et de la Médaille coloniale. Démobilisé en 1946, avec le grade de lieutenant-colonel de réserve de l'armée coloniale, il est alors nommé inspecteur général du service de l'élevage et des industries animales de l'AEF.

Le 10 novembre 1946, Maurice Bayrou est élu par le collège des citoyens de statut français député du Gabon-Moyen Congo à l'Assemblée nationale par 1 195 voix (60 % des suffrages exprimés) contre 846. Il bat le député sortant, le socialiste Henri Seignon, avec l'appui du MRP, du PRL et des indépendants. L'article 45 de la loi du 5 octobre 1946 qui oblige les candidats qui exercent certaines fonctions publiques dans la circonscription à s'en défaire six mois avant la date de l'élection n'étant pas encore applicable, son élection est validée le 25 février 1947.

Il s'inscrit au groupe UDSR. Désigné comme secrétaire de l'Assemblée nationale en 1946 - il le reste jusqu'en 1953, - il participe aux travaux de la Commission des affaires économiques (1948), de la Commission des pensions (1949) et de la défense nationale (1949 à 1951). Il est désigné comme juge de la Haute Cour de justice (1946). Il intervient dans les débats sur l'Union française et le statut des anciens combattants, des victimes de guerre et des militaires d'active ou de réserve. Il se consacre, en outre, à la défense des fonctionnaires et des producteurs d'outremer. Le 22 février et le 19 mars 1951, il rapporte au nom de la Commission de la défense nationale une proposition de loi tendant à reconnaître la qualité de combattant volontaire à certains militaires et marins du service auxiliaire. Il combat par ailleurs toutes les tentatives de rapprochement avec Ho-Chi-Minh.

Membre du RPF depuis sa création, il quitte en 1949 le groupe UDSR pour le groupe d'Action démocratique et sociale (ADS). Le 17 juin 1951, Maurice Bayrou est réélu député sous l'étiquette RPF avec 3 698 voix sur 5 266 suffrages exprimés. Dans sa profession de foi, il dénonce la faiblesse des institutions, les partis qui en sont responsables, les menaces qui pèsent sur l'Union française et insiste sur le con-texte de guerre froide. Appelant de ses vœux l'édification d'un Etat fort, il propose "l'apaisement social" par l'association des partenaires dans l'entreprise, l'apaisement de la querelle scolaire et une "large amnistie" pour réduire les fractures nées de la défaite de 1940.

Comme secrétaire du groupe RPF, il joue alors un rôle important pendant toute la législature. Nommé membre de la Commission de la défense nationale (1951-1954), de la Commission des territoires d'outremer (1954-1955), de la Commission de la famille, de la population et de la santé publique (1955), il fait également partie en 1958 de la commission de coordination chargée de l'examen des problèmes intéressant les Etats associés d'Indochine. Ses interventions sont fréquentes et concernent notamment les projets de loi sur la défense nationale et la France d'outremer. C'est ainsi qu'en 1954, en qualité de rapporteur pour avis du projet de loi relatif aux dépenses du ministère de la défense nationale et des forces armées, il dénonce l'insuffisance des crédits destinés à la sécurité de l'Union française.

Par crainte de voir renaître l'hégémonie politique, économique et militaire de l'Allemagne et de voir la métropole coupée de l'outremer, il s'oppose aux modalités choisies pour la construction européenne et contribue au rejet de la CED le 30 août 1954. Le 1er mars 1955, après avoir refusé une première fois, il accepte de participer au cabinet Edgar Faure en qualité de secrétaire d'Etat à la France d'outremer. Durant les sept mois pendant lesquels il exerce ses fonctions, il lance l'étude d'un plan de décentralisation et de déconcentration de l'outremer. Il réorganise parallèlement les Forces armées pour l'outremer, qui bénéficieront d'un budget en augmentation pour les exercices 1955 et 1956.

Il démissionne du gouvernement le 6 octobre 1955 pour protester contre la politique marocaine du président du Conseil, favorable au retour au pouvoir de Mohammed V. Dans ses Mémoires, Edgar Faure rapporte qu'ayant appris que le groupe URAS avait, dans une lettre au président de la République, réclamé la constitution d'un gouvernement de salut public, donc son départ, il l'avait contraint, avec deux de ses collègues, à donner leur démission.

Le 2 janvier 1956, Maurice Bayrou est réélu avec 2 939 voix sur 6 053 suffrages exprimés. Toujours membre du groupe des Républicains sociaux, il fait partie de la Commission de la défense nationale et de la Commission des boissons, et il est désigné par la Commission de la défense nationale pour faire partie de la sous-commission chargée de suivre et de contrôler d'une façon permanente l'emploi des crédits affectés à la défense nationale. En 1956, dans le cadre de la discussion sur l'Euratom, il envisage favorablement la possibilité pour la France de se doter "de l'arme nucléaire". En 1956 et 1957, il est rapporteur pour avis des crédits militaires pour la partie relative à l'outremer. En 1958, il soutient le retour au pouvoir du général de Gaulle.

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