Beauregard Alcide

Publié le par Mémoires de Guerre

Alcide Beauregard (25 mars 1917 - 20 août 1944) fut, pendant la Seconde Guerre mondiale, un agent canadien du Special Operations Executive envoyé en France en février 1944. Arrêté par les Allemands le 8 juin, il fut l'une des victimes du massacre du 20 août au fort de la Côte Lorette, à Saint-Genis-Laval.

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Alcide Beauregard était Québecois, originaire de l’Estrie. Il s'était engagé au Régiment de Maisonneuve et était passé, ensuite, dans la Royal Canadian Corps of Signals : c'était donc un radio capable et, à un moment où le manque de radios francophones se faisait particulièrement sentir, au milieu de l'année 1943, le SOE fit appel à ses services et le mit, aussitôt, à l'entraînement. Il se foula une cheville à Ringway (à l'école de parachute ...) et c'est en Lysander qu'il arriva en France, près d’Azay-sur-Cher, dans la nuit du 8 au 9 février 1944, avec l'appareil qui ramena à Londres Henri Déricourt et sa femme. Alcide Beauregard était avec Jules Lesage (Cosmo-LACKEY) qui devait monter un réseau en vallée de Saône en liaison avec, et sous l'autorité de Browne-Bartroli, chef éponyme du réseau Tiburce-DITCHER qui s'étendait du centre de la Saône-et-Loire jusqu'à l’est de l’Ain.

Mais Lesage, qui avait déjà opéré dans la région du temps du réseau Alain-SPRUCE, n'avait pas laissé bon souvenir, ne réussit pas à mettre quoi que ce soit sur pied et se retira, tout simplement dans la campagne... Beauregard se mit donc directement à la disposition de « Tiburce » et eut vite beaucoup de travail qu'il accomplit avec efficacité mais, bizarrement, en émettant toujours du même endroit, une maison du 8e arrondissement de Lyon. Ce qui devait arriver dans de telles conditions arriva : il fut localisé par les services allemands et, le 8 juin 1944, il était arrêté, avec le fils de ses hôtes, le jeune Louis Cézard, avec l'aide duquel il réussit encore à détruire son poste et ses codes. Louis Cézard sera fusillé le 16 juin, à Saint-Didier-de-Formans, dans l’Ain. Emmené dans les bureaux de la Gestapo, brutalement interrogé, Beauregard ne dit rien. Il est enfermé à la prison de Montluc... Il n'en sortira que le matin du 20 août quand Allemands et miliciens en extraient environ 120 détenus, les enfournent dans deux autocars et les amènent au fort de la Côte Lorette, à Saint-Genis-Laval, où ils les entassent dans la maison inoccupée du gardien.

Bientôt la fusillade commence. Elle durera près de trois quarts d'heure... Puis tout saute : les Allemands ont placé des explosifs aux quatre coins de la maison ! Trois hommes bondissent, sortant par l'une des fenêtres ; deux sont abattus, le troisième parvient à s'échapper (il ne sera retrouvé qu'après la libération de Lyon et fera, le 11 septembre, le récit de ce qu'il a vécu). Le maire de Saint-Genis-Laval a tenté d'intervenir, avec le chef de la brigade de gendarmerie. Les Allemands les ont repoussés. Vers 16 heures, tout est fini... Des funérailles solennelles sont organisées le 23 août. Elles ont lieu (les Allemands sont encore là) en présence de toute la population saint-genoise, et sont présidées par le maire, par le cardinal Gerlier et par le préfet du Rhône.

Publié dans Espions

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