Bonet dit Lacotte
Bonet dit Lacotte est né à Valence (Espagne) le 28 mars 1896. Dès février 1941, il fait partie d'un groupe de patriotes qui, individuellement, mènent la lutte contre les Allemands par tous les
moyens, confectionnant et distribuant des tracts, sabotant la production et le matériel de l'armée allemande. En janvier 1942, en contact avec les éléments Francs-tireurs et partisans (FTP) Paris
Ouest, il participe au travail d'organisation, de sabotage (notamment à Achères), de collectage d'armes et d'explosifs, de confection et diffusion de littérature antiallemande, de coups de
main.
En septembre 1942, il est chargé par le Dr Dervaux, dit Laurent, de l'organisation locale de Carrières-sur-Seine et ses environs, et attaché à la direction régionale Paris Ouest. Au début de 1943
où prend corps l'organisation Île-de-France, le Dr Dervaux lui donne la responsabilité du 3ème secteur de la 8ème région F.N-F.T.P (canton d'Argenteuil) : recrutement et organisation des groupes
de combat, organisation de manifestations (marchés d'Argenteuil et de Bezons) avec protection de forces armées, expédition armée chez Bégani au Vésinet pour récupération de documentation V1... En
octobre 1943, avec la participation de son fils (agent de liaison), de sa femme, des F.T.P de la région, le tout sous le direction de Dervaux, il mène une expédition armée pour sauver un aviateur
américain tombé dans "les Blanches" à Houilles et traqué par les Allemands.
Fin 1943, traqués de près par la Gestapo, Dervaux est pris et fusillé au champ de tir du Ministère de l'Air ainsi que plusieurs autres F.T.P. La région est alors réorganisée : Marcel Legoubin
(dit Denis) et le Dr Gérardi (dit Paul Mallet) sont nommés responsables de l'interrégion 6-7-8. L'organisation de la 6ème région, qui est confiée à Bonet-Lacotte, comprend les cantons de
Marly-le-Roi, Saint-Germain-en-Laye, Maisons-Laffitte, Poissy, Meulan.
Dès le début de 1944, Lacotte commence le travail d'organisation militaire et d'administration pour après la Libération. Le 14 juillet 1944, en exécution des ordres qu'il avait donnés dans toute
la région, eurent lieu des manifestations et des accrochages avec l'ennemi. Le 19 juillet 1944, les responsables militaires des différents groupes de résistance furent réunis à Chatou et
reconnurent l'autorité de la direction de la 6ème région FN Ile de France. En lui confiant le commandement, ses chefs confirmèrent cette responsabilité. Dès le 17 août, soit personnellement ou
par le service de liaison, il donne l'ordre de passer à la lutte ouverte contre l'ennemi (en tenant compte des possibilités locales). L'exécution fut immédiate. A tout moment, les contacts et le
contrôle général des opérations furent gardés.
Le 20 août, se rendant en voiture avec son lieutenant Friboulet, de Croissy à Conflans, tous deux furent surpris par une patrouille de S.S qui, ayant fouillé la voiture et trouvé des
proclamations et les ordres de mission, les emmenait à Saint-Germain-en-Laye. Mais ils furent délivrés, chemin faisant, par le corps franc de Montesson qui avait à sa tête le lieutenant Adolphe
Béhuret. Le même jour (20 août à 22h), revenant de la réunion du Conseil militaire régional à Chatou, leur voiture fut attaquée par les Allemands à coups de mitrailleuses et de mitraillettes. En
se retirant, l'ennemi laissa un mort. Effectifs militaires sous contrôle de la 6ème région Ile de France à la libération :3500 hommes.