Brunschvicg Cécile

Publié le par Roger Cousin

Brunschvicg Cécile Cécile Brunschvicg, née Cécile Kahn le 19 juillet 1877 à Enghien-les-Bains (Seine-et-Oise), et décédée le 5 octobre 1946 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) est une femme politique et féministe française. Cécile Kahn naît le 19 juillet 1877 à Enghien-les-Bains (Seine-et-Oise). Elle grandit dans une famille bourgeoise républicaine de confession juive. Son père est un industriel alsacien, chevalier de la Légion d’honneur. Son milieu familial n'est pas enclin à laisser les femmes étudier, toutefois elle réussit à obtenir à l'âge de dix-sept ans son brevet supérieur, qu'elle prépare en secret.

C'est sa rencontre et son mariage avec Léon Brunschvicg, un philosophe féministe membre de la Ligue des Droits de l’Homme, puis vice-président de la Ligue des électeurs pour le suffrage des femmes, qui l'amena à militer pour le féminisme. Ils se marient en 1899 et ont, de 1901 à 1919, quatre enfants. Elle devient une membre influente de l'Union française pour le suffrage des femmes (UFSF), après y avoir adhéré en 1907, de même qu'au Conseil national des femmes française et au très fermé « Soroptimist club », en 1920. Elle est en effet secrétaire générale puis présidente de l'UFSF, de 1924 à 1946. Elle est une féministe plus « réformiste » que « révolutionnaire », défendant notamment l'école mixte.

Elle participe aux relogements de réfugiés de la Première Guerre mondiale et devient présidente de la « section Travail » du Conseil National des Femmes Françaises (CNFF). Elle aide à la création de centres sociaux et en 1917 à l'École des surintendantes d'usine (les ancêtres des actuelles assistante sociale). Elle est directrice de l'hebdomadaire La Française, en 1926, succédant ainsi à Jane Misme, et y publie de nombreux articles, notamment dans le cadre de son dialogue avec des militants antiféministes comme Marthe Borély.

Cécile Brunschvicg adhère en 1924 au Parti républicain, radical et radical-socialiste (ou PRS). Elle est nommée sous-secrétaire d'État à l'Éducation Nationale dans le premier gouvernement de Léon Blum, en 1936. Son ministre de tutelle est Jean Zay. Elle est avec Suzanne Lacore et Irène Joliot-Curie la première femme membre d'un gouvernement français, alors que celles-ci n'ont pas le droit de vote (ce n'est qu'en 1944 qu'elles l'obtiendront).

Elle participe à la création des cantines scolaires, au développement de la surveillance de la délinquance et des risques sanitaires ainsi qu'à la promotion de l'éducation des filles. En 1937, elle publie le rapport ministériel : La Question de l'alimentation au ministère de l'Éducation nationale : les cantines scolaires. Les femmes peuvent dorénavant être candidates au poste de « rédactrice territoriale ». Le gouvernement Blum tombe à cause de l'opposition du Sénat, et son successeur, Camille Chautemps, ne la reconduit pas dans ses fonctions.

Elle se cache pendant la Seconde Guerre mondiale dans le Midi de la France, en raison de ses origines juives et de sa participation au gouvernement du Front populaire. Elle change de nom et ne peut être aux côtés de son époux, qui décède à Aix-les-Bains, en janvier 1944. Elle est professeure dans un pensionnat de jeunes filles, à Valence. Après la guerre, elle reconstitue l'UFSF. Elle est « Présidente d'honneur du Conseil National des femmes radicales socialistes ». Cécile Brunschvicg décède le 5 octobre 1946 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine).

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