Chronique d'une agonie - Journal du ghetto de Varsovie
Lorsqu’on évoque les tentatives que certains
hommes courageux ont faites pour sauvegarder, aux heures sombres de la Shoah, des documents et des témoignages, en particulier au sein du ghetto de Varsovie, c’est, bien sûr, à Emmanuel
Ringelblum qu’on pense immédiatement. Cet historien juif polonais avait réussi, on s’en souvient, à préserver dans des bidons métalliques servant au stockage du lait, les archives clandestines de
la communauté juive.
Dans un autre domaine, on songe au Livre noir sur l’extermination des Juifs en URSS et en Pologne (1941-1945) réalisé sous la direction de deux écrivains russes, Ilya Ehrenbourg et Vassili
Grossman et, pour ce qui est de la Roumanie, au bouleversant travail de l’avocat Matatias Carp, aidé par son épouse, Cartea Neagra, le livre noir de la destruction des Juifs de Roumanie.
Bien que faisant partie des archives cachées à Varsovie, le témoignage du professeur Chaim A. Kaplan est moins connu. C’est pourquoi il faut être infiniment à tous ceux qui ont œuvré pour que sa
« Chronique d’une agonie » paraisse en langue française. D’origine russe, Chaim A.Kaplan est né en 1880 à Horodysche. Après avoir voyagé aux États-Unis en 1921 et tenté une installation en Eretz
Israël en 1936, il décida de s’établir en Pologne. Professeur d’hébreu puis directeur d’école à Varsovie, il choisit, bien qu’il ait eu la possibilité d’obtenir un visa salvateur, de demeurer
dans la capitale polonaise livrée au chaos et à la barbarie nazie. Arrêté avec son épouse le 4 août 1942, il sera assassiné à Treblinka.
Jusqu’à l’extrême limite de ses forces , Chaim A. Kaplan a rédigé sur de petits cahiers son Journal commencé dès 1933, qui a été recueilli par l’équipe de l’Oyneg Shabes, association clandestine
créée, précisément par Ringelblum. C’est après la Guerre, en 1946 et en 1950 que le Journal de Kaplan, dont on pensait une partie perdue, ce qui, fort heureusement, s’est avéré faux, a été
retrouvé. Écrit en hébreu, il fut traduit en américain dans les années soixante et aujourd’hui, en français. La chronique qui nous est proposée commence le 1er septembre 1939 pour s’achever le 4
août 1942. Comme le fait remarquer Abraham I. Katsh dans sa préface, Chaim Kaplan « n’épargne personne. Il s’élève aussi bien contre les cruautés commises par le vainqueur que par ceux qui se
sont mis au service du tyran. Il fustige les collaborateurs juifs, la police juive du ghetto, ceux qui obéissent avec zèle aux ordres de la puissance occupante, les pillards et ceux qui profitent
du malheur des autres ».
Auteur : Kaplan Chalm A.
EAN13 : 9782702140031
Date de parution : 21/10/2009
Editeur : CALMANN-LEVY