Huber Max
Max Huber (né le 28 décembre 1874 à Zurich ; décédé le 1er janvier 1960 à Zurich) était un juriste, homme politique et diplomate suisse qui représenta la Suisse dans de nombreuses conférences et institutions internationales. Il fut également membre et président de la Cour permanente de Justice internationale de La Haye. De 1928 à 1944, il présida le Comité international de la Croix-Rouge.
Présidence du CICR
Il a été président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) de 1928 à 1944. Il s'est illustré dans l'arbitrage rendu au sujet de l'île de Palmas (Affaire de l'île de Palmas), le 4 avril 1928, où il propose deux principes de droit international : celui de la plénitude (l'État peut exercer l'ensemble de ses prérogatives sur son territoire sans limite) et celui de l'exclusivité de la compétence territoriale (l’État est le seul à pouvoir intervenir sur son territoire : principe de non-ingérence) qui découleraient de la souveraineté de l'État sur son territoire, ainsi qu'au sein de la juridiction de la Cour permanente internationale de justice. Ses conclusion sur la question du droit intertemporel ont aussi fait date en droit international.
Il a également été président du conseil d'administration des entreprises Aluminium Industrie Aktien Gesellschaft et Werkzeugen-Maschinenfabrik Oerlikon (pour AIAG : président et administrateur-délégué de 1929 à 1941, puis membre du conseil d'administration de 1941 à 1945), entreprises spécialisées dans la fabrication d'armes appartenant à sa famille. Lorsque la Seconde Guerre mondiale commence en 1939, Max Huber reverse au CICR l’intégralité du salaire versé par la firme, mais ne démissionne pas, bien que l’usine allemande de Singen qui dépend de cette société viole les dispositions des Conventions de Genève en exploitant de force des déportés et des prisonniers de guerre soviétiques capturés après 1941.
Pour continuer à faire prospérer son industrie en Allemagne il se soumettra aux lois antisémites. Selon Arte, Max Huber, alors président du conseil d'administration de l'entreprise d’aluminium AIAG, justifiera ce positionnement dans un document interne de 1942 : « Il va de soi qu'une entreprise qui déploie son activité économique dans un pays dont l'état l'accepte et lui accorde la protection de son droit, doit être absolument loyale vis à vis de lui et s'y insérer sans réticences ». Le 20 juin 1940, lors de l'Exode, Max Huber se trouve devant le consulat du Portugal à Bayonne (France) afin d'obtenir un visa qui lui sera délivré par Aristides de Sousa Mendes.
Publications
La multitude de fonctions et de responsabilités qu'assumait Max Huber parallèlement à sa carrière universitaire explique que, malgré sa renommée, il n'ait pas laissé d'œuvres écrites exhaustives et systématiques. Sa publication la plus importante est considérée comme étant le traité « Les fondements sociologiques du droit international », paru dans l'Annuaire de droit public en 1910 et réédité en 1928. Il y défendait l'idée que les tentatives antérieures de fonder le droit international sur le droit naturel étaient trop générales et indéterminées dans leurs fondements, et qu'une conception positiviste du droit international était trop formaliste.
Il cherchait plutôt à fonder le droit international sur les intérêts communs supposés de la communauté internationale des États et, par conséquent, à envisager le droit international sous l'angle de ses implications pratiques. Cette perspective, aujourd'hui acceptée dans la pratique juridique internationale, était considérée comme un concept totalement novateur à son époque. Dès la première publication de ces idées en 1910, Huber était convaincu que l'Europe connaîtrait des décennies de guerres terribles, suivies d'un nouvel ordre caractérisé par la liberté et la coopération politique.
Publications
- Max Huber : Journal de voyage en Sibérie, au Japon, aux Indes, en Australie, en Chine, en Corée… Zurich, 1906. Éditions Schulthess. Réimpression 2017. Creative Media Partner. ISBN 978-0-341-42392-8
- La protection des intérêts militaires et internationaux dans le Code pénal suisse. Éditions Stämpfli & Cie AG, Berne, 1913
- Les fondements sociologiques du droit international. Éditions Dr. Walther Rothschild, Berlin, 1928
- Fondements du renouveau national. Sur la nature et la signification de l’État suisse. Évangile et mouvement national. Éditions Schulthess, Zurich, 1934
- Le Bon Samaritain. Réflexions sur l’Évangile et l’œuvre de la Croix-Rouge. Victor Gollancz, Londres, 1945
- Écrits divers. Quatre volumes. Atlantis, Zurich, 1947-1957.
- La Croix-Rouge internationale. Idée et réalité. Éditions Max Niehans, Zurich, 1951.
Distinctions
Parmi les prix que Max Huber a reçus pour son travail, on peut citer :
- Doctorat honoris causa de l'Université de Genève (Dr. phil.)
- Doctorats honoris causa des universités d'Édimbourg, d'Uppsala, d'Oxford, de Lausanne, de Paris, d'Amsterdam, de Louvain et de Munich (Dr. jur.)
- Doctorat honoris causa de l'Université de Zurich (Dr. med. et Dr. theol.)
- Membre honoraire de l'American Society for International Law (1927)
- Membre de l'Académie allemande de langue et de littérature (1951)
- Nomination à l'Ordre Pour le Mérite des Sciences et des Arts (1956)
Article Source : https://de.wikipedia.org/wiki/Max_Huber_(Diplomat)
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