La prison Montluc sous l'occupation

Publié le par Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation

Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportationpublié le 26/10/2012 à 14h20


Réquisitionnée par les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale, des milliers de détenus dont Jean Moulin, y ont transité entre 1943 et 1944 avant d'être déportés vers l'Allemagne.

La prison MontlucEdifiée en 1921, la prison Montluc, déclarée insalubre en 1932, retrouve son statut de prison militaire au début de la guerre, tant est crucial le besoin de Vichy en infrastructures pénitentiaires pour interner les proscrits du régime.

Après l'invasion de la Zone Sud en novembre 1942, l'établissement est réquisitionné par les Allemands et placé sous le contrôle de la Wehrmacht. Cette nouvelle affectation remonterait au mois de janvier 1943, pour s'achever le 24 août 1944, date de sa libération.

Les prisonniers sont ballotés, au gré des humeurs de leurs tortionnaires, entre divers lieux dans l'enceinte de la prison : cellules, réfectoire des hommes ou des femmes, atelier, magasin, parloir, baraque, cave.

Les aller-retour en fourgon cellulaire leur sont coutumiers, dans un premier temps de la prison à l'Hôtel Terminus, non loin de la gare de Perrache, puis un peu plus tard, de la prison à l'Ecole du Service de santé militaire, 14 avenue Berthelot, pour y subir les interrogatoires des agents de la Sipo-SD.

Ce service exécutif de la Gestapo, dévolu à la répression des crimes et des délits politiques, est dirigé par Klaus Barbie. Surnommé « le boucher de Lyon », il est dépeint comme une brute toujours prête à « cogner », pour soutirer les aveux des résistants et des Juifs passés entre ses mains. Au terme d'un procès retentissant, tenu à Lyon en 1987, il est condamné à perpétuité pour crime contre l'humanité.

On estime à quelque 7731 le nombre de détenus passés par Montluc, dans des conditions de détention effroyables. La déportation est l'issue la plus commune. D'autres sont sauvagement assassinés, victimes à partir de l'été 1943 de la sentence expéditive d'un tribunal militaire qui les envoie au peloton d'exécution, sur le stand de tir du terrain militaire de la Doua, à Villeurbanne. Ou encore massacrés à titre de représailles pour servir d'exemple, durant l'été 1944, à l'heure où l'occupant est aux abois. Nombreux sont les mémoriaux à célébrer leur martyre, aux alentours de Lyon.

L'association des rescapés de Montluc s'est attachée depuis sa création, en 1945, à perpétuer le souvenir de ces milliers de victimes. On lui doit la sauvegarde de l'aile historique de la prison, au titre de lieu de mémoire, inauguré par le secrétaire d'état aux anciens combattants, M. Hubert Falco, le 14 septembre 2010.

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