Schachermeyr Fritz

Publié le par Roger Cousin

Fritz Schachermeyr est un historien de langue allemande. Il est né près de Linz le 10 janvier 1895 et est mort à Eisenstadt le 26 décembre 1987. Il a développé une vision raciste de l'Histoire de l'Europe, reprenant le thème de la lutte des races comme axe privilégié d'études. 

Fritz Schachermeyr

Fritz Schachermeyr

Spécialiste de l'Antiquité Greco-romaine, il analyse les Guerres Médiques et les Guerres Puniques comme un épisode de la lutte des races qui déchire l'humanité depuis ses origines. Ainsi, à ses yeux, comme aux yeux de Fritz Taeger, les populations puniques peuplant l'Afrique du Nord avant la conquête romaine et les Romains sont avant tout des adversaires raciaux : il participe à la rédaction d'ouvrages universitaires qui accréditent cette idée et développe la thèse que les guerres puniques auraient avant tout une dimension raciale.

Nazi, Schachermeyr développe une conception de l'Histoire à la fois fortement influencée par Wagner et intimement liée la Weltanschauung national-socialiste. Il développe ainsi le concept de dénordification pour expliquer la décadence des civilisations antiques. Pour l'auteur de La personnalité du nordique du Führer dans l'Antiquité, la dénordification constitue la fin tragique d'un monde, tel que Wagner l'a mise en scène dans le Crépuscule des Dieux. Pour lui, cette dénordification est entraînée par l'apparition, au sein des populations nordiques, de populations que Schachermeyr estime "non nordiques" : le sang nordique se dissoudrait dans un mélange racial, préjudiciable au maintien de la domination indogermanique dans les grands empires antiques, alexandrin et romain5. Ce concept de dénordification lui permet en outre de justifier le racisme biologique et l'exigence de pureté de la race allemande, comme une mesure de protection de la grandeur du Reich.

Spécialiste de l'Histoire antique, Fritz Schachermeyr s'intéresse plus spécialement à l'Antiquité grecque et hellénistique. À ce titre, la personnalité d'Alexandre le Grand retient son attention4. Il le transforme en héros ambigu de la germanité antique : héros blond aux yeux bleus, indogermanique, conquérant, il serait devenu inaccessible aux Macédoniens nordiques en souhaitant cependant mettre en place un empire mondial en fusionnant des races distinctes, ce qui aurait fait disparaître la race nordique. Selon Schachermeyr, les conquêtes d'Alexandre, et la pérennité des royaumes hellénistiques ont certes permis de donner un vernis de culture nordique aux populations sémitiques dominées dans les royaumes hellénistiques, mais a surtout accéléré le processus de dénordification des populations grecques, même si ce processus doit être nuancé, selon Schachermeyr.

Par contraste, selon Schachermeyr, son père, Philippe de Macédoine, comme Auguste après lui, demeurent des héros germaniques, l'un par son caractère de roi soldat proche de ses troupes et de son royaume, l'autre par sa politique de maintien d'une population nordique à Rome. Ce processus de dénordification aurait également touché l'Empire romain à partir de la dynastie des Antonins et se serait accentué à partir de la chute de la dynastie. Ainsi, pour Schachermeyr, les empereurs sévériens auraient remis en cause, notamment par le culte de Baal, le caractère nordique de l'empire. Il axe son argument sur l'édit de Caracalla, "bête de proie du désert africain", responsable de l'accélération de la dénordification de Rome et de son empire.

Publié dans Historiens

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