Rainier III de Monaco

Publié le par Roger Cousin

Rainier III de Monaco (Rainier Louis Henri Maxence Bertrand Grimaldi), né le 31 mai 1923 à Monaco et mort le 6 avril 2005 à Monaco, est prince souverain de Monaco de 1949 à 2005, un long règne de 56 ans ayant vu Monaco se transformer (extension phénoménale de l'immobilier, conquête de nouveaux territoires sur la mer) qui lui vaut d'être surnommé le « prince bâtisseur ».

Rainier III de MonacoRainier III de Monaco

Il est fils de la princesse Charlotte de Monaco et du prince Pierre de Monaco, né Pierre de Polignac (arrière-petit-neveu de Jules de Polignac, dernier président du Conseil des ministres de Charles X). Il a une sœur, la princesse Antoinette de Monaco, son aînée de deux ans. Son grand-père Louis II de Monaco fut officier dans une unité combattante de l’armée française et décoré pour actes de bravoure durant la Première Guerre mondiale. Louis II venait d'être nommé général de l’armée française, quand il fut appelé à venir régner à Monaco. Il étudie à St Leonards-on-Sea en Angleterre puis à Stowe, une école privée d'Angleterre. Il poursuit ses études à l'Institut Le Rosey de Rolle en Suisse avant de rejoindre l'École libre des sciences politiques (Sciences Po) dont il n'obtiendra pas le diplôme.

Le 28 septembre 1944, pour compenser la politique de son grand-père pendant l'occupation, inspirée de celle de son ancien chef, le maréchal Pétain, Rainier s’engage dans l’armée française comme volontaire au titre d’étranger ; il est affecté à l’état-major du 2e corps d’armée commandé par le général Joseph de Goislard de Monsabert. Il devient soldat de deuxième classe au 7e régiment de tirailleurs algériens des troupes d’Afrique françaises et prend part aux opérations de la campagne d’Alsace ; il reçoit la croix de guerre 1939-1945 et la Bronze Star américaine. En 1947, en raison de ses états de service, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur à titre militaire par Léon Blum. Il sera par la suite élevé à la dignité de grand-croix en tant que prince souverain de Monaco.

Il sera élevé au grade de capitaine dans l’armée française en avril 1949, puis de colonel en décembre 1954. Le prince Rainier de Monaco atteignant sa majorité (21 ans) le 31 mai 1944, sa mère, la princesse héréditaire Charlotte de Monaco, duchesse de Valentinois, renonce à ses droits de succession le 30 mai 1944. En conséquence, le prince souverain Louis II nomme son petit-fils prince héréditaire (c’est-à-dire prince héritier) par ordonnance princière datée du 2 juin 1944. La paix revenue, il s’installe à Saint-Jean-Cap-Ferrat, à distance raisonnable de la fin de règne de Louis II de Monaco, avec lequel les liens se sont tendus. En effet, on raconte que les deux hommes ne s'aimaient guère. C'est ainsi qu'on rapporte souvent que Rainier fut élevé par des nonnes... anecdote amusante car en réalité cela provient d'une méconnaissance de l'italien du consul français. En effet, les documents officiels affirmaient selon ledit consul que Rainier avait été élevé par les sœurs par le fait d'une mésentente avec son grand-père alors qu'en réalité il était écrit que son éducation avait été faite par il nonno c'est-à-dire « le grand-père ».

Le 9 mai 1949, à la mort de son grand-père, Rainier devient à 26 ans prince de Monaco. Aynard Guigues de Moreton de Chabrillan a revendiqué le trône princier de Monaco en 1925 à la suite de l'adoption officielle de Charlotte Grimaldi (devenue princesse Charlotte de Monaco) puis en 1949 au décès du prince souverain Louis II de Monaco. C'est la renonciation de Guillaume II de Wurtemberg-Urach (éphémère Mindaugas II de Lituanie), si tant est qu'elle fût valable pour ses propres descendants, car elle fut juridiquement entachée de nullité, qui aurait fait de lui l'héritier de la principauté par son arrière-grand-mère la princesse Honorine de Monaco (1784-1879), elle-même petite-fille du prince souverain Honoré III de Monaco (1720-1795).

Il faisait valoir qu'une adoption (même doublée d'une filiation naturelle) ne pouvait produire aucun effet en droit successoral dynastique. Cependant, le prince Albert Ier de Monaco, sur le conseil du parlement monégasque, avec l'accord des autorités françaises (dans le cadre du protectorat) et suivant les dispositions du traité franco-monégasque de 1918, était libre de modifier officiellement, et valablement, les règles de succession au trône monégasque (y inscrivant le droit de succession par adoption), comme son arrière-petit-fils Rainier III le fera par la suite lui aussi, et de ce fait, toute revendication, même officielle, d'un membre éloigné de la famille Grimaldi, ne pouvait être valable.

L'annuaire officiel de la principauté de Monaco indique que le chef d'État monégasque porte les titres suivants : Son Altesse Sérénissime le prince souverain de Monaco, duc de Valentinois, marquis des Baux, comte de Carladès, baron de Calvinet et du Buis, seigneur de Saint-Rémy, sire de Matignon, comte de Torigni, baron de Saint-Lô, de la Luthumière et de Hambye, duc de Mazarin, duc de Mayenne, prince de Château-Porcien, baron de Massy, comte de Ferrette, de Belfort, de Thann et de Rosemont, baron d'Altkirch, seigneur d'Issenheim, marquis de Chilly, comte de Longjumeau et marquis de Guiscard. La Société des bains de mer a un actionnaire aussi actif qu'encombrant, l'armateur grec Aristote Onassis. Celui-ci pense que Monaco peut avoir une place plus importante dans le cadre du futur développement du tourisme méditerranéen. Onassis pense au prince au moment où le cinéma devient dans les années 1950 « usine à rêves » grâce au festival de Cannes.

Rainier a eu une idylle avec la comédienne Gisèle Pascal, fille de fleuriste, mais cette relation est terminée depuis 1953. Onassis va chercher à organiser un mariage médiatique avec la valeur sûre du moment : Marilyn Monroe. C'est en fait la vedette du moment d'Alfred Hitchcock, l'actrice américaine Grace Kelly, qui participe au Festival de Cannes 1955 qui épousera le prince. C’est le Niçois Pierre Galante, journaliste à Paris Match et mari de l'actrice Olivia de Havilland, qui suscite la rencontre entre Grace et Rainier. Les fiançailles ne dureront que trois semaines. Le 12 avril 1956, Grace Kelly arrive à Monaco à bord du paquebot Constitution : le canon tire une salve d’honneur. Onassis fera pleuvoir des œillets rouges et blancs depuis son hydravion. Des promenades sur la corniche ont lieu, sous les regards des paparazzi. Le mariage civil a lieu le 18 avril et le mariage religieux le 19 avril 1956 ; Alfred Hitchcock est le témoin de la mariée et le tout Hollywood s’est déplacé. Le garde des sceaux, François Mitterrand, représente la France, qui, aux termes du Traité de Paris, exerce de fait une tutelle sur le trône de Monaco. Le mariage est animé par l’acteur américain Gene Kelly (MGM) et la chanteuse belge Annie Cordy, sous contrat de Pathé Marconi. La princesse Grace meurt des suites d'un accident de voiture sur les hauteurs surplombant Monaco le 13 septembre 1982 ; elle n'a jamais repris connaissance. Son décès n'est connu par le monde entier que le 14 septembre. Ses funérailles ont eu lieu le 18 septembre.

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