Institut Kaiser-Wilhelm

Publié le par Mémoires de Guerre

L'Institut Kaiser-Wilhelm d'anthropologie, d'hérédité humaine et d'eugénisme (Kaiser-Wilhelm-Institut für Anthropologie, menschliche Erblehre und Eugenik) est un établissement de recherche scientifique allemand dont la période d'activité s'est étendue sur une période de 18 années, de 1927 à 1945. Durant le régime nazi il abrita les travaux des théoriciens de l'eugénisme et de l'hygiène raciale.

 

Mengele in the front of Kaiser Wilhelm Institute
Mengele in the front of Kaiser Wilhelm Institute
Mengele in the front of Kaiser Wilhelm Institute

Mengele in the front of Kaiser Wilhelm Institute

Dès 1922 d’éminents généticiens avaient réclamé la création d'un « établissement impérial pour l’étude de l’hérédité et des populations humaines ». L'Institut fut fondé par la Société Kaiser-Wilhelm en 1926 dans le quartier de Dahlem à Berlin et fut inauguré en 1927. Il avait initialement l’intention de prendre ses distances « avec les fanatiques et les dilettantes des mouvements politiques racistes et hygiénistes ». Il était divisé en trois sections, celle d’anthropologie dirigée par Eugen Fischer, celle d’hérédité humaine dirigée par Otmar von Verschuer et celle d'eugénisme dirigée par Muckermann Hermann. Durant l'ère nazie il fut étroitement associé aux théories nazies d'eugénisme et d'hygiène raciale prônées par leurs principaux théoriciens, Fritz Lenz, Otmar von Verschuer et Eugen Fischer.

C'est sous la direction de ce dernier que fut entreprise la stérilisation des « bâtards de Rhénanie » issus de l'union de soldats français noirs et de civiles allemandes à la suite de l'occupation de la région par les troupes françaises en application du traité de Versailles. L'épisode avait donné lieu a une intense campagne de propagande raciste connue sous le nom de « honte noire ». Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'institut reçut régulièrement du Dr Josef Mengele à Auschwitz des fragments de corps humains, notamment des yeux et des crânes destinés à être utilisés pour démontrer les théories raciales nazies et servir de justification aux politiques sociales fondées sur l'appartenance raciale. 

Après la capitulation allemande en mai 1945, des milliers de dossiers et d'échantillons de laboratoire de l'Institut furent transférés dans un endroit inconnu ou détruits et ne purent jamais être récupérés par les Alliés pour servir de preuve dans les procès de crimes de guerre à l'appui de l'idéologie raciale nazie qui avait motivé le génocide de masse en Europe. Certains membres du personnel de l'Institut réussirent à échapper aux procès.

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