Babilée Jean

Publié le par Roger Cousin

Jean Babilée est un danseur, chorégraphe et acteur français, né le 3 février 1923 dans le 6e arrondissement de Paris et mort le 30 janvier 2014 (à 90 ans).

Babilée Jean

Né Jean-René-Albert-William Gutmann, il est formé à l'École de danse de l'Opéra de Paris de 1936 à 1940. Il débute aux Ballets de Cannes en 1940, travaille à l’Opéra de Paris comme second quadrille tout en prenant des cours particuliers avec Victor Gsovsky. Les lois adoptées par le gouvernement de Vichy sous l'occupation nazie l'incitent à prendre pour pseudonyme le nom de sa mère : Babilée. 

Mais quelqu'un ayant écrit le mot « juif » sur le miroir de sa loge, un policier lui conseille de quitter la capitale3. Il entre alors dans la Résistance et se bat en Touraine. Il intègre à la Libération les Ballets des Champs-Élysées dirigés par Roland Petit et Janine Charrat, où il se révèle rapidement comme l'un des plus grands danseurs de sa génération. Il y crée notamment en 1946 Le Jeune Homme et la Mort, sur une chorégraphie de Roland Petit, aux côtés de la danseuse Nathalie Philippart, avec laquelle il aura une fille, Isabelle.

Il chorégraphie lui-même plusieurs ballets avant de quitter la troupe en 1949. Il fonde en 1956 sa propre compagnie, tout en continuant à se produire sur scène, à l'Opéra de Paris et à la Scala de Milan. Il apparaît régulièrement au théâtre et au cinéma à partir des années 1960, sans pour autant renoncer à la danse. Directeur artistique du Ballet du Rhin le temps d'une saison, en 1972, il danse entre autres pour Maurice Béjart Life de 1979 à 1985 et reprend son ballet-fétiche (interprété plus de 200 fois), Le Jeune Homme et la Mort, en 1983 au théâtre du Châtelet. En 1987, il retrouve sa partenaire des débuts, Janine Charrat, pour un spectacle au Centre Georges-Pompidou : Inventaire d'Alain Germain.

Il se remarie en 2000 avec Zapo, danseuse, chorégraphe et cinéaste, et adopte officiellement le nom de Babilée. Il fait sa dernière apparition sur scène en 2003 dans le spectacle du chorégraphe Josef Nadj, Il n'y a plus de firmament, mettant fin à une carrière d'une exceptionnelle longévité. Un documentaire, Le Mystère Babilée lui a été consacré par Patrick Bensard en 2000.

Danse

  • Le Spectre de la rose, chorégraphie de Michel Fokine
  • 1945 : Jeu de cartes, chorégraphie de Janine Charrat (création)
  • 1946 : Le Jeune Homme et la Mort, chorégraphie de Roland Petit (création), théâtre des Champs-Élysées
  • La Rencontre ou Œdipe et le Sphinx, chorégraphie de David Lichine (création)
  • Le Portrait de Don Quichotte, chorégraphie d'Aurél Milloss (création)
  • Mistère d'Aurél Milloss (création)
  • Giselle, chorégraphie de Jean Coralli et Jules Perrot
  • 1956 : Mario e il mago, mise en scène de Luchino Visconti, chorégraphie de Léonide Massine, Scala
  • 1979-1985 : Life, chorégraphie de Maurice Béjart
  • 1989 : L et eux… la nuit chorégraphie de François Verret
  • En tant que chorégraphe
  • 1948 : L'Amour et son amour, musique de César Franck, avec Jean Babilée et Nathalie Philippart
  • 1948 : Divertimento, musique de Jean-Michel Damase, avec Jean Babilée et Janine Morin
  • 1949 : Till Eulenspiegels, musique de Richard Strauss
  • 1955 : Balance à trois, musique de Jean-Michel Damase, avec Yvette Chauviré, Violette Verdy, Jean Babilée et Alexandre Kalioujny
  • 1955 : Sables, musique de Maurice Le Roux, avec Jean Babilée, Yowanska Bregovich et Claire Sombert
  • 1956 : Le Caméléopard, musique d'Henri Sauguet, avec Jean Babilée et Dick Sanders

Théâtre

  • 1959 : La Descente d'Orphée de Tennessee Williams, mise en scène Raymond Rouleau, théâtre de l'Athénée
  • 1960 : Le Balcon de Jean Genet, mise en scène Peter Brook, théâtre du Gymnase
  • 1963 : La Reine verte de Maurice Béjart, musique Pierre Henri, théâtre Hébertot
  • 1969 : Charlie de Donald Driver, mise en scène Jean Babilée, théâtre des Nouveautés
  • 1971 : Histoire du soldat de Charles-Ferdinand Ramuz, mise en scène Jean-Marie Simon, théâtre de la Tempête
  • 1986 : La Tour de Babel, détails d'après Patricia Buzzi, mise en scène Georges Aperghis, chapelle des Pénitents blancs (Avignon)
  • 1987 : Inventaire d'Alain Germain, Centre Georges-Pompidou
  • 2003 : Il n'y a plus de firmament, mise en scène et chorégraphie Josef Nadj, théâtre de la Ville

Filmographie

  • 1952 : Le Poignard, court-métrage de Jean Benoît-Lévy
  • 1953 : Le Métier de danseur, court-métrage de Jacques Baratier
  • 1958 : Auditorium, court métrage de Michel Drach
  • 1960 : Les Loups dans la bergerie de Hervé Bromberger
  • 1961 : Pleins feux sur l'assassin de Georges Franju
  • 1961 : Amélie ou le Temps d'aimer de Michel Drach
  • 1963 : Dragées au poivre de Jacques Baratier
  • 1967 : Le Fratricide court métrage de Charles Belmont
  • 1976 : Duelle de Jacques Rivette

Télévision

  • 1967 : Le Golem (du roman de Gustav Meyrink), téléfilm de Jean Kerchbron
  • 1973 : La Ligne d'ombre de Georges Franju

Publié dans Danseurs-Danseuses

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